dimanche 6 septembre 2026

Le canon de Polyclete recréé grâce à Pompéi

 

Ce n'est pas du tout un canon, même s'il se nomme César !

les spécialistes disent à ce propos : "French Cesar"

mais il s'agit bien d'un canon, canone en Italien ! 

Polyclète avait entrepris en son temps de démontrer, par une « statue dont toutes les parties seraient entre elles dans une proportion parfaite », quels sont les rapports de grandeur dans lesquels la nature a placé la perfection des formes humaines. Il atteignit si bien son but que la statue qu'il donna comme exemple et comme modèle fut considérée comme un chef-d'œuvre incontestable. La tête entre au total sept fois dans le corps: trois fois dans le buste et trois fois entre le bassin et les pieds.

https://babone5go2.blogspot.com/2026/02/lhomme-et-la-femme-de-vitruve-devoiles.html

Comme j'ai de la suite dans les idées, je vous ai expliqué ci-dessus que Vitruve avait aussi traité le sujet des proportions, avant notre Maitre Léonard da Vinci, dessinant l'homme de Vitruve, et j'avais aussitôt ajouté la femme de Vitruve pour faire égalité, considérant désormais que quand on évoque l'homme on doit aussi vite parler de la femme, en ajoutant qu'elle est supérieure à l'homme pour s'attirer les grâces des Amazones que forment désormais les rangs de LFI, des écologistes, sans oublier les célèbres drag queens à la Française lors des Jeux Olympiques de Paris.

Selon Cicéron, comme on demandait à Lysippe comment il avait appris son art, il répondit « En étudiant le Doryphore de Polyclète ». Cette statue, qui semble vouloir résumer et formuler l'art de la vieille école d'Argos a fourni le sujet de maintes dissertations esthétiques. Elles ont toutes le point de départ dans le type d'adolescent viril qu'a voulu réaliser Polyclète, et dans la discussion de l'idée du « canon » en sculpture. Pline l'Ancien (Histoire naturelle, XXXIV, 55) explique ainsi :

« Il réalisa aussi un enfant sous forme d'homme, le Doryphore, que les artistes appellent Canon, parce qu'ils y cherchent, comme dans une loi, les principes de leur art, et que seul parmi les hommes, il est considéré comme ayant réalisé l'art lui-même dans une œuvre d'art. »

Pour nos frères et soeurs écologistes, (car ce sont bien pour moi des frères et soeurs notamment Marine Tondelier toute en vert et cela même s'ils n'y connaissent rien en écologie), le Doryphore (Leptinotarsa decemlineata), ou Doryphore de la pomme de terre, est une espèce d'insectes de l'ordre des coléoptères et de la famille des chrysomélidés aux élytres jaunes rayés de noir. Cet herbivore, spécialisé dans les plantes de la famille des Solanaceae, est un ravageur important. L'expression « doryphore » désigne de façon péjorative un touriste ou un citadin qui envahit les campagnes pendant les vacances, ou plus historiquement un soldat allemand durant l'Occupation de la Seconde Guerre mondiale

Ainsi, le Doryphore, l'humain "porteur de lance",  incarne le mieux les théories du traité de Polyclète. La copie la mieux conservée de son œuvre est la copie romaine du musée archéologique national de Naples. Comme vous le voyez, il n'y a aucun rapport avec le doryphore qui mange vos plans de pomme de terre ! ! Le doryphore grec était un soldat chargé de transporter le butin au moyen de bois de lance. Le mot français « doryphore » signifie mot à mot « porte-lance » puisqu'il dérive de deux mots du grec ancien : δόρυ (bois de lance) et φόρος (celui qui porte)

La figure est animée par un contrapposto (l'inclinaison des hanches répondant inversement à l'inclinaison des épaules). Cette position a des répercussions sur toute la composition du corps de l'homme au repos. La jambe libre est dégagée d'un côté, la tête est tournée de l'autre. Une jambe est portante, et de l'autre côté, la main portait la lance. Cependant, la statue reste bidimensionnelle et frontale. De plus, le niveau d'idéalisation est très poussé, et l'équilibre de l'attitude n'a rien de naturel. Si la musculature et le réseau de veines sont entièrement maîtrisés, l'anatomie entre dans un schéma idéal. La ligne des pectoraux répond à celle des hanches, l'arc  thoracique répond à celui du bas-ventre, la hauteur de la tête équivaut à celle du pied. Le visage lui-même est particulièrement serein et régulier dans ses traits. L'ovale du visage est parfait, les mèches de la chevelure rayonnent de manière régulière, les arcades sourcilières sont nettes.

Pour tout vous dire, je trouve bizarres les hanches, et le pli que forme le bas-ventre qu'on dirait comme une cuirasse rapportée, sous forme de grande vasque symétrique, au-dessus du petit pénis replié habituel (et si mignon ainsi en position recroquevillée, surmonté d'une barbe tondue en triangle inversé). 

Le corps humain est observé à partir de la nature, mais cette observation est idéalisée pour proposer une formule plus idéale et équilibrée.

Claude Rolley précise que « tout est calculé pour la vue de face » ; et ailleurs: « le Doryphore ne marche pas ; il exprime la disponibilité pour tout mouvement, sans être en mouvement ».

Si l'original en bronze de Polyclète a disparu, environ 70 copies sont conservées aujourd'hui. La plus belle est celle qui est conservée au musée archéologique de Naples. Notre musée du Louvre conserve un moulage en plâtre du Doryphore, issu d'un atelier italien, réalisé sur l'original conservé à Naples au musée national archéologique (N° inv. 6011). Ses dimensions sont 213 cm de hauteur sur 70 cm de largeur et 75 cm de profondeur. Il n'est pas exposé au public, étant ainsi protégé des vols, mais il ne sert à rien puisqu'on ne le voit pas. Pourtant, son organe reproducteur caché par une feuille de vigne, il n'offenserait ni une femme adulte ni une petite fille, puisqu'au demeurant il est en plâtre comme vous le voyez. Même bizarre repli du bas-ventre.

musée d'Athènes à gauche ; Farnèse à droite, le Louvre ci-dessous


le Louvre en a un autre, on pourrait faire un bronze avec, 
mais on a une urgence avec la sécurité, enfin prioritaire !




Je vous ai parlé du Doryphore, mais toujours pas du canon de Polyclete !

Le Parc archéologique de Pompéi présente une nouvelle reconstitution scientifique en bronze du célèbre « Canon » de Polyclète, l’un des chefs-d’œuvre les plus emblématiques de la sculpture grecque antique, réalisée à partir des matrices historiques de l’ancienne fonderie Chiurazzi. Ce projet allie recherche archéologique, préservation et mise en valeur, en remettant au centre de l’attention l’un des symboles majeurs de l’art classique.


La reconstitution a été présentée au Parc archéologique de Pompéi en présence du ministre de la Culture, Alessandro Giuli, et du directeur du Parc, Gabriel Zuchtriegel. Le procureur de la République près le tribunal de Torre Annunziata, Nunzio Fragliasso, a également pris part à la rencontre et est intervenu sur le thème de la protection et de la mise en valeur du patrimoine culturel. Cette initiative marque le coup d’envoi d’un projet plus vaste consacré à la mise en valeur des matrices historiques de l’ancienne fonderie Chiurazzi, témoignage majeur de la tradition artistique et manufacturière italienne. Acquises par le Parc archéologique afin d’éviter leur dispersion à l’étranger, ces matrices redeviennent ainsi des outils de recherche et de production culturelle, restituant au public un patrimoine qui, depuis plus d’un siècle, a contribué à la connaissance et à la diffusion de l’art antique dans le monde.







Réalisé en Grèce vers 440 av. J.-C., le Canon de Polyclète est considéré comme l’une des œuvres les plus emblématiques de l’art classique. L’original grec ne nous est toutefois pas parvenu, comme ce fut le cas pour de nombreux chefs-d’œuvre de la sculpture des Ve et IVe siècles av. J.-C. Les œuvres des grands maîtres de l’Antiquité, parmi lesquels Polyclète et Phidias, sont en effet principalement connues grâce aux nombreuses copies réalisées à l’époque romaine. Bon nombre de ces copies romaines proviennent justement d’Italie, et plus particulièrement des régions du Latium et de la Campanie. C’est à partir de l’étude comparative de ces copies antiques qu’est née la « critique des copies », discipline fondamentale pour tenter de reconstituer l’aspect des originaux grecs perdus.

Une étape décisive remonte à 1863, lorsque le chercheur Karl Friedrichs identifia l’œuvre la plus célèbre de Polyclète dans une copie romaine découverte dans la Palestra Sannitica de Pompéi. Sur cette base, entre 1910 et 1912, la première reconstitution philologique en bronze de l’original grec a été réalisée en Allemagne, en assemblant des éléments provenant de différentes copies antiques et en utilisant la technique de la cire perdue employée par les sculpteurs grecs il y a plus de deux mille cinq cents ans.





Plus de cent ans après la première reconstitution, Pompéi propose aujourd’hui une nouvelle reconstitution du Canon, fruit d’un long parcours d’études et d’une collaboration internationale à laquelle ont participé des institutions et des spécialistes italiens, grecs et allemands. Cette nouvelle reconstitution apporte plusieurs éléments novateurs importants. La première concerne la polychromie : les sculptures de l’Antiquité n’étaient en effet pas conçues comme des œuvres exclusivement blanches, mais pouvaient présenter des couleurs destinées à rendre plus réalistes les cheveux, les lèvres et le teint. Un deuxième aspect concerne quant à lui l’objet que tient la figure. Les recherches archéologiques et l’étude des reproductions antiques suggèrent que le personnage pouvait tenir un javelot, l’akontion grec, et non une lance, le dory. Cette interprétation remet en question l’identification traditionnelle du Canon au Doriphoros, le célèbre « porteur de lance » de Polyclète.

Les sources antiques et les témoignages iconographiques sembleraient en effet indiquer l’existence de deux œuvres distinctes, plutôt que d’une seule sculpture identifiée tour à tour sous ces deux noms. Il s’agit d’une question qui reste au cœur du débat scientifique et qui contribue à remettre en question certaines des interprétations les plus établies concernant l’œuvre de Polyclète.

Deux moulages différents ont été utilisés pour réaliser cette nouvelle reconstitution. Pour le corps, on s’est référé à la statue de marbre découverte en 1793 dans la Palestre samnite de Pompéi, considérée comme la plus complète parmi les plus de cinquante copies romaines du Canon actuellement connues, tandis que pour la tête, on a utilisé un buste en bronze provenant de la Villa des Papyrus d’Herculanum, jugé d’une qualité particulièrement élevée et plus proche de l’original grec. Le javelot a été réalisé en combinant bois, cuir et métal.




Ce projet est directement lié à l’histoire de l’ancienne Fonderia Chiurazzi, fonderie napolitaine historique spécialisée dans la reproduction d’œuvres de l’Antiquité. L’acquisition de sa collection, réalisée grâce à l’exercice du droit de préemption, a permis au Parc archéologique de soustraire à tout risque de dispersion un patrimoine d’une valeur extraordinaire. La mise en valeur des matrices constitue désormais la première étape vers un projet plus vaste, qui vise également la réactivation éventuelle des activités de fonderie et de commercialisation des objets.


Fonderie Chiurazzi, Naples Début et milieu du XXe siècle
Rares sont les formes sculpturales qui transmettent une énergie concentrée avec une telle immédiateté extraordinaire.
Connue sous le nom de L'Atleta, ou le  Coureur d'Herculanum, cette statuette en bronze d'une grande finesse a été coulée par la célèbre Fonderia Chiurazzi d'après l'athlète antique exhumée de la Villa dei Papiri à Herculanum et aujourd'hui conservée au Musée archéologique national de Naples.
Le jeune coureur se penche résolument en avant, son corps suspendu entre l'immobilité et le mouvement. Ses lèvres légèrement entrouvertes, son regard intensément concentré et sa musculature subtilement dessinée créent une impression d'anticipation palpable, comme si sa silhouette était figée dans l'instant précédant un mouvement explosif.
Fondée à Naples à la fin du XIXe siècle, la fonderie Chiurazzi acquit une renommée internationale pour la production de moulages d'une fidélité exceptionnelle, dignes des plus grands musées, d'après les antiquités du Musée de Naples. Travaillant à partir de moules autorisés, réalisés directement d'après les originaux antiques, la fonderie atteignit un degré de fidélité qui rendit ses bronzes très recherchés par les musées, les familles aristocratiques, les érudits et les voyageurs exigeants du Grand Tour à travers l'Europe et l'Amérique.
Ce magnifique exemplaire de 53 cm conserve son socle à gradins d'origine, portant le sceau de la fonderie Chiurazzi en creux – un indice important de son origine. Sa surface finement ciselée et sa riche patine brun-noir rehaussent la sensualité du modelé, le mouvement rythmé et la remarquable précision des détails anatomiques.


L’objectif est double : élargir les activités culturelles et productives du Parc et, dans le même temps, soutenir une tradition artisanale qui conserve encore aujourd’hui un lien direct avec les techniques anciennes de travail du bronze. À Naples, il existe en effet des fonderies qui utilisent encore la fonte à la cire perdue, la même technique employée par les sculpteurs grecs au Ve siècle av. J.-C.

La nouvelle reconstitution du Canone devient ainsi le point de rencontre entre l’archéologie, la recherche scientifique, l’artisanat et la mise en valeur du patrimoine, démontrant ainsi comment l’étude de l’Antiquité peut se traduire par une pratique concrète et contemporaine.

Le projet scientifique a été coordonné par Maria Rispoli, Alessandro Russo, Maria Chiara Scappaticcio, Giuseppe Scarpati et Gabriel Zuchtriegel. Le projet d’exposition est l’œuvre de Silvia Bertesago et Tiziana Rocco, tandis qu’Anna Onesti, Andrea Foti et Stefania Giudice ont travaillé à l’acquisition, à la protection et à la mise en valeur de l’ancienne fonderie Chiurazzi. La réalisation en bronze a été confiée à la fonderie Ruocco, avec Giuseppe Ruocco, Maurizio Pinto et Maria Rosaria Ruocco. Le javelot a été réalisé par Anna Civale, Ettore Pizzuti et Angelo De Marzo. La reconstitution numérique de l’Éphèbe Westmacott en tant que « Dorifore » a été réalisée par Francesco Colace, Angelo Lorusso et Michele Pellegrino de l’Université de Salerne. Le projet a également bénéficié de la collaboration de chercheurs et d’institutions internationales, parmi lesquels Olimpia Vikatou (directrice générale des Antiquités et du Patrimoine culturel, Grèce), Demetrios Athansoulis (Éphorie des Cyclades), Eleni Kalavria (Musée archéologique national d’Athènes), Carmela Capaldi (Université de Naples « Federico II »), Angelo Meriani (Université de Salerne), Martin Maischberger et Agnes Schwarzmaier (Musées de Berlin).

« J’ai demandé si une reprise de la production, dans une mesure limitée et contrôlée bien sûr, pourrait endommager les moulages en plâtre, étant donné qu’ils constituent un bien culturel protégé », raconte le directeur du Parc, Gabriel Zuchtriegel, « mais c’est tout le contraire : c’est en ne les utilisant pas qu’on les abîme, car le plâtre se pulvérise. Je trouve là une très belle métaphore de notre patrimoine classique, qui se détruit si nous ne l’utilisons pas, dans les écoles, dans les musées et dans notre vie culturelle. Certains considèrent le monde classique comme un héritage obsolète dont on peut sans autre se débarrasser. Nous, en revanche, sommes convaincus que le classique est vivant et qu’il peut être source de croissance, non seulement culturelle, mais aussi économique et sociale ».

« La raison pour laquelle nous avons choisi de commencer la mise en valeur de la Chiurazzi avec cette statue est simple », a expliqué Zuchtriegel. « Nous voulions démontrer que la connaissance de l’art grec de la période classique ne peut faire abstraction de l’archéologie romaine, ni de l’étude de contextes tels que ceux du Vésuve, qui ont livré plusieurs exemplaires du Canon, dont un découvert dans les années 1970 à Castellammare di Stabia et aujourd’hui conservé au musée de Minneapolis. Au-delà de toute considération juridique, qui relève de la compétence du procureur Fragliasso qui a repris le dossier du soi-disant Doryphore de Stabia, il s’agit d’un fait scientifique : sans les contextes, c’est-à-dire les maisons et les espaces publics qui abritaient les statues, nous ne comprenons pas le phénomène des copies ».

« Nous sommes face à la reconstitution scientifique de l’une des œuvres d’art les plus célèbres de tous les temps, dont la signification dépasse la dimension esthétique et recèle une valeur philologique, artistique et culturelle. L’art de Polyclète repose sur le langage universel de l’harmonie. Tel est l’enseignement que nous ont légué nos ancêtres, l’école pythagoricienne et Polyclète, dont le Canon est aujourd’hui rendu au public », a déclaré le ministre de la Culture, Alessandro Giuli, qui a ajouté : « En soutenant des projets comme celui-ci, le ministère de la Culture continuera à remplir sa mission. La culture, c’est la diplomatie, la recherche, la formation, l’identité plurielle, le dialogue et la force créatrice d’harmonies, exactement comme le Canon de Polyclète ».

À Pompéi, le « Canon » de Polyclète renaît : une nouvelle reconstitution scientifique en bronze a été réalisée


au moment où la rumeur laissant penser que le Président Macron voudrait rester Président
en déclarant la guerre à Poutine,
le canon, vu par Polyclete,
devient une ode à la Paix.
Nous disposons au Louvre du plâtre préalable à une fonte française : 
ça coûterait moins cher d'en mouler un canon, que lancer un second porte-avion ...
...dont on manque du premier "rond" ! 


que voulez-vous, je ne puis plus me passer ...de ces deux mecs !