vendredi 7 août 2020

Les plages de Boudin à la mode

Avec le départ des estivants vers les plages de Normandie, Boudin redevient à la mode : ont appelle cela un "marronnier". Depuis que le premier Ministre est rentré au Havre, les côtes normandes et leurs falaises de craie redeviennent aussi à la mode, d'autant qu'avec le réchauffement climatique, mieux vaut résider dans une villa normande que sur la côte d'azur ! Je vous avais montré quelques toiles il y a deux ans à Madrid, https://babone5go2.blogspot.com/2018/07/monet-boudin-madrid.html, c'est le moment de vous en montrer d'autres.

Eugène Boudin est né au sein d’une famille modeste, venue d’Honfleur au Havre en 1835 ; le père est marin, la mère femme de chambre dans une compagnie maritime. À douze ans, il devient commis chez un imprimeur puis chez un papetier et à vingt ans, il fonde sa propre papeterie. C’est alors que semble se préciser sa vocation artistique. Certains de ses clients sont des peintres de passage, comme Thomas Couture, Constant Troyon ou Jean-François Millet, à qui il montre ses premiers essais. Bien avant le milieu du siècle, la Basse Normandie, et le Pays d’Auge en particulier, sont devenus une destination touristique. La vogue des bains de mer y attire une clientèle aristocratique. Nombre d’artistes et d’écrivains séjournent dans la région.

marée haute

marée basse : les blanchisseuses lavaient-elles le linge à l'eau de mer ?
je vous rappelle qu'à Fécamp, ces bateaux sont des caïques

En 1851, grâce au soutien du journaliste Alphonse Karr ainsi que de Constantin Troyon, de Thomas Couture et du conservateur du musée du Havre Adolphe-Hippolyte Couveley, il reçoit du conseil municipal du Havre une bourse d'étude de 1.200 francs par an, afin d'aller étudier la peinture à Paris pendant trois ans. La Société des Amis des Arts du Havre dit alors de lui : "Il prit le crayon, il prit le pinceau et sans autres leçons qu'un sens merveilleux, une volonté opiniâtre, il est devenu peintre, mais peintre créateur, peintre avec son individualité, son originalité personnelle." C'est ainsi que, le 30 juin 1851, il rejoint la capitale et étudie la peinture au sein de l'atelier d'Eugène Isabey ainsi qu'au Louvre où il s'inscrit comme élève copiste. Eugène Boudin y réalise des copies de peintures de maîtres (notamment hollandais et flamands) pour quelques amateurs, ce qui lui permet d'approfondir son apprentissage. Il produit également de nombreuses natures mortes entre 1853 et 1865, genre fort apprécié des bourgeois de l'époque.

Dès 1855, il adopte un rythme de vie particulier passant ses hivers à Paris et ses étés en Normandie à Honfleur, tout en séjournant régulièrement en Bretagne à Douarnenez, Tréboul et ses environs. À Portrieux, il peint les terre-neuvas et un an avant sa mort, il fait un long voyage entre Le Croisic et la pointe du Raz en passant par Pont-Aven .


coucher de soleil à Trouville : personne en bikini ! 

pendant la journée non plus
Au cours de l'année 1859, le peintre – alors âgé de 35 ans – expose sa première toile au Salon à Paris : un pardon à Saint-Anne-la-Palud. Il se fait remarquer pour ses atmosphères et ses pastels originaux, et reçoit conseils et hommages du poète Charles Baudelaire rencontré la même année alors qu'il est en villégiature chez sa mère. Il se lie également d'amitié avec Gustave Courbet qui, ayant remarqué une peinture de Boudin chez un commerçant parisien, cherche à rencontrer son auteur. Il rencontre aussi le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind et surtout Claude Monet qu'Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air, notamment lors des séjours à la ferme Saint-Siméon à Honfleur où se retrouvent régulièrement de nombreux peintres parisiens et normands. Monet dira de lui "Si je suis devenu peintre, c'est à Boudin que je le dois" car son maître et ami lui apprend "à voir et à comprendre". 

Voilà qui nous ramène à Madrid il y a deux ans.

La véritable quête d'Eugène reste la recherche de la lumière. Boudin aspire avant tout à "chercher son rayonnement, la fulguration, la condenser, la poursuivre dans sa chaleur". En témoigne la composition des tableaux où le ciel, et les nuages normands, occupent toujours une très large bande supérieure.

Ah comme parfois on aimerait ...

... revoir ma Normandie ?




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