mercredi 28 juin 2017

Cher Augustus (2)

Tout le monde n'est pas rompu aux subtilités de l'histoire de l'art américain, encore moins à l'histoire du Comminges, de ses Illustres, et de leur participation aux Beaux-Arts. Je vais vous donner les indications minimales pour vous y retrouver, et briller en Société dans les dîners savants, qui réunissent les personnalités locales le samedi soir :


De gauche à droite vous avez :

Davida Clarcks, model & mistress, dont une partie du corps a servi de modèle, elle n'était pas la seule à faire le job !
William Evarts
David Amstrong
Standford White
Louis Saint-Gaudens, le frère
Augusta Saint-Gaudens, Madame Saint-Gaudens en titre
Homer Saint-Gaudens, le fils (légitime)

Voilà pour les 7 Américains. Le chiffre 7 est magique, et a donc été retenu pour ce motif.


Naturellement, nous sommes davantage impliqués dans les Commingeois. Les Commingeois habitent le Comminges, c'est ici. Une zone des Pyrénées centrales dont nous sommes la Capitale. Ce sont les diocèses autrefois qui traçaient ces limites, diocèses marqués par les Abbayes, Saint-Gaudens naturellement ; Saint-Bertrand itou, et l'abbaye aux trois cents colonnes de la bonne-fontaine Bonnefont dont je vous ai déjà parlé.

Je reprends dans l'ordre : toujours de gauche à droite :

Patou est le chien des Pyrénées, le pendant de Saint-Bernard (avec le cognac), nous c'est l'Armagnac.
Il y aurait beaucoup à dire sur Patou, son nom familier est Cagir sans e final, c'est la montagne du coin. C'est le chien fidèle qui se prend pour un mouton, et poursuit férocement les prédateurs quand ces derniers attaquent ses frangins-moutons, car son ADN est celui d'un gros-chien, qui hait les loups, voilà pourquoi les éleveurs des Alpes l'importent à grands frais car le Saint-Bernard (qui ne se prend pas pour un mouton) ne court pas derrière les loups.

Ensuite après le landau qu'il pousse avec sa compagne, c'est le Grand-Homme du coin organisateur de l'inauguration de septembre 1932, Hipolyte Ducos, Secrétaire d'Etat à l'Instruction Publique. Avec sa compagne (personne ne sait si elle a été ou non son attachée parlementaire) ils poussent donc un landau dont le contenu est inconnu, pour laisser planer un peu de mystère quand-même. Derrière, il me semble que le renvoi d'ascenseur légitime le Maire actuel, JY Duclos, vous voyez qu'il n'y a qu'une lettre de différence : à mi-mandat, son équipe et lui redressent la Ville, de manière spectaculaire sur le plan financier en poursuivant des économies drastiques, et aussi sur le plan architectural, la preuve avec ce monument !

Mais on va voir que ne disposant que de 7 personnages (plus le chien et le landau), il se peut que la même figurine fasse allusion à un autre nom célèbre, c'est au conteur de s'adapter : en pratique mon copain René me fait observer que la mécanique ondulatoire pourrait expliquer que ce personnage soit double et ambigu, grâce à la superposition quantique et à l'intrication quantique : si on ne l'observe pas il peut être l'un ET l'autre, et si on l'observe, il peut être l'un OU l'autre. On ne le sait pas d'avance. C'est le monde merveilleux de la physique probabiliste...!

je sais, c'est un peu compliqué, 
mais la vie est compliquée !

Donc il faut d'expliquer que conformément à la théorie des quantas d'énergie de Niel BOHR : c'est le point de vue, ou carrément la non observation du personnage qui est déterminante 

Je fais une incise : le 5è personnage est une femme. Elle était présente à l'inauguration de 1932, c'est Mademoiselle Blerville (de l'Odéon), venue exprès à Saint-Gaudens pour marquer la présence des Arts et des variétés, et chanter naturellement des partitions choisies...Or elle n'était pas seule ! L'accompagnait Romuald Joubé, célèbre membre de la Comédie Française, mort en 1949. Il donnait beaucoup de pièces de Théâtre à l'Odéon ! Je n'en dis pas davantage, mais Mademoiselle Blerville-Silvain et lui ...? ? Tous deux par exemple ont lu le poème "le Retour" ! Le retour d'Augustus. Nous allons honorer le 16 septembre 2017 le retour-2 ! On me dit que Joubé allait à Saint-Gaudens visiter sa grand-mère, famille Payrau !

Louis Payrau est le Maire de Saint-Gaudens à l'époque, organisateur de toutes les manifestations. Je vous ai déjà rappelé qu'il était grand chasseur et collectionneur de papillons, et que sa collection est sauvegardée au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, sous la garde vigilante du docteur Rodolphe Rougerie. J'aurais aimé la présence physique de Louis Payrau sur les marches de droite, pas possible ! Pas assez de place : nous avons trop de Grands Hommes ! 

choisir c'est renoncer !

Je reprends donc où j'ai incisé :

Le troisième personnage est donc : 
JYD ET Romuald Joubé, si on l'ignore
JYD OU Romuald Joubé, si on veut le savoir en l'examinant

Le 4ème est LE Commingeois tel que le voient nos amis Américains : béret sur la tête et baguette à la main. En réalité, c'est un Chanteur du Comminges, tels qu'ils chantaient devant le monument à l'époque. Ils pratiquent la langue d'oc si belle. Ils participent aux Jeux Floraux de Toulouse où ils sont décorés de la violette d'or. Ils tissent des liens avec la Provence de Mistral, et représentent la tradition classique des troubadours. Ils nous représentent tous, et je crois réussir à ce qu'ils nous donnent l'aubade ce prochain 14 juillet sous l'ombre apaisante du cloitre de la Collégiale.

Le 5è est donc Mademoiselle (elle n'était pas mariée) Blerville. Elle tient la main d'une petite fille, dont on ignore la généalogie... On ne peut tout savoir ! Il existe des zones d'ombre !  Elle est le pendant d'Homer de l'autre côté, et le drame, c'est qu'elle ne le rencontrera vraisemblablement jamais. (on en est certain aujourd'hui). Il y a un fossé en effet entre la gauche et la droite (du monument). L'espace est énorme, il représente la largeur de l'Atlantique, oversea, qui nous sépare du Nouveau Monde. C'est à propos de Mademoiselle Blerville que j'introduis Romuald Joubé, dont on vient de déterrer le banc proche de la chapelle de la Caoue, sur lequel il venait méditer pour écrire de nouveaux poèmes.


Le 6è est Eugène Azemar, l'apôtre du Comminges. Apôtre-laïc il se doit. Le créateur du circuit automobile, très à la mode aujourd'hui surtout depuis l'ouverture du Musée, support de plein d'animations mécaniques en cette période estivale.

The last but not the least, est le Député Bepmale, Jean de son prénom. Ami de Louis Payrau avec qui ils parcouraient la montagne, le filet (donné par Payrau) à la main. Et dans le filet, le scarabée portant son nom, Trechus bemalei.

Je vous ai parlé du fossé entre les deux escaliers, l'Atlantique, franchi par Augustus quand il est retourné à Aspet-France sur les traces de son père cordonnier. 

Nous avons décidé que le titre serait la signature autographe du Sculpteur....


... et que faute de pouvoir déplacer le monument actuel, vestige de l'original, nous placerions le nouveau buste devant, sur un piédestal en acier corten.

Vous savez (presque) tout !

comme tous les secrets de famille
nous en cachons encore quelques-uns pour notre usage particulier !

place aux artistes maintenant
des photos du bronze patiné
et de belles soudures en acier
ASAP !
as soon as possible

mardi 27 juin 2017

Mon copain Augustus

Dommage que nous ayons une telle différence d'âge : Augustus est né à Dublin le 1er mars 1848, où son père Bernard-Paul-Ernest avait émigré, et épousé Mary Mc Guiness. Ca fait donc un décalage de 94 ans, dommage, j'aurais aimé le connaitre, et prendre des leçons de sculpture (en présence de ses modèles bien entendu) dans son atelier américain : je m'efforce de percer sa personnalité, en m'immergeant dans le monument qui prend forme, depuis que le buste est validé, et que les dessins avancent vraiment, en attendant d'être vectorisés.

Tiens voici les personnages américains qui vont descendre le grand escalier, à gauche :

on sait maintenant qu'ils mesurent 1,75m, donc grandeur nature
ils sont en acier corten 4mm d'épaisseur
tenus à 20mm du parement de marbre pour que les leds derrière créent de belles ombres chinoises
à droite, voici les Commingeois
Bepmale a été retouché pour retrouver sa silhouette trapue caractéristique
vous avez vu le filet à papillons ?

ça c'est du coléoptère !

Pour les inscriptions, MLP a voulu que nous mettions la signature autographe, que je vous ai déjà montrée :


WM a retouché sa photo-montage, et ça donne ça !


cher Augustus !



on va te remettre en place !


PS : message à FG : ceci est le CR de la réunion d'hier :

il faut nettoyer les traces noires du parement
surtout les escaliers de ciment du bas
reposer quelques plaques de marbre cassées
ôter les 2 candélabres extérieurs inutiles
coiffer les candélabres Art-Déco sur le cercle de nouvelles coupelles éclairantes
poser 2 projecteurs sur 2 fûts pour éclairer la signature, et,
créer un revêtement au sol propre, de l'asphalte rouge serait génial !

par contre on garde le monument central :

ouf ! plus besoin d'engin pour le déplacer !

PB reposera le buste dûment boulonné
sur un pilier d'acier corten à hauteur d'homme, pile devant !

une nouvelle plaque explicative à terre expliquera toute cette longue histoire

on se retrouve ASAP sur place fin juillet
pour mettre tout en place !



PS : ça a bien changé depuis la dernière fois :

lundi 26 juin 2017

300.000

Je me suis levé exprès à 4 heures du mat' !....pour lire le compteur ! 

300.010 !

Ce ne sont que les contacts, pas le nombre de lecteurs : vous êtes, lecteurs une poignée de fidèles, sans doute existe-t-il quelques "adeptes", je n'ose dire "disciples", encore moins "accros", qui revenez périodiquement, de rares amis commencent leur journée en cliquant sur Babone : quelle responsabilité !

Bernard m'a donné le coup de main
décisif !

en pratique, avec le premier blog ouvert le vendredi 31 décembre 2010, (sept ans que l'aventure continue), cela fait 69.686 contacts supplémentaires, le total des totaux fait : 369.696, 

presque 370.000 !

le premier blog, ouvert en décembre 2010,
il était plein, j'ai du en ouvrir un second

le second blog, ouvert en 2012
les serveurs de Google ont donné aux auteurs une place plus grande

Ce qui est très amusant, c'est d'accéder aux statistiques que Google (dans sa générosité) dresse pour les auteurs : c'est comme cela que je sais que le billet le plus lu a été celui consacré à la jubilation des jubilados, le 18 janvier 2011 ! J'ai touché les majores !


Quant à mes amis papillons, ils poursuivent leur petit bonhomme de chemin :

voilà ce qui oriente aujourd'hui mes causeries
minute papillon

avec Antoine Miasme
sur youtube

https://www.youtube.com/watch?v=qC9cK_elPLs&feature=youtu.be

puisse le bouquin atteindre de telles fréquentations !

la suite ?

un encouragement à poursuivre !

10.000 contacts par mois !

des photos ; des exclus ; des humeurs !

ça fait à Noël  2017, 

50.000 de plus ?

je me recouche, il est 5 heures, Paris s'éveille !


surtout revenez tous les jours !

dimanche 25 juin 2017

Il est Saint, Bernard ?

pas facile à Toulouse de résider dans un cadre pareil, alors qu'ici...!
Pourquoi vivre ici ? Le secret du bonheur, est de s'entourer de personnes d'exception. Et de produits d'exception, pareil ! Les deux ensemble. Nous sommes partis de Toulouse pour le Comminges pour cela : retrouver les deux assemblés : gens-biens (j'ai failli dire :gens-bons), produits exceptionnels. Voici l'assemblage (unique) des deux :

Depuis que notre dentiste préféré de Toulouse est parti à la retraite, il nous fallait retrouver le même, voire mieux si cela était possible. Désemparés (un dentiste consulté depuis des années est devenu un puits de confiance, on n'a presque plus peur de le fréquenter, car on le connait depuis toujours, et s'il fait mal on lui pardonne pensant qu'un autre aurait fait pire), nous questionnons E, qui lui a son dentiste, forcément. Nous nous y rendons, la scène se passe à Gourdan-Polignan, commune connue pour ses grottes préhistoriques, vous devinez l'appréhension (injustifiée), mais passer de Toulouse à Gourdan, représente un saut psychologique énorme : vivant à Toulouse, vous êtes dans l'international, le rugby, l'airbus, forcément vous marchez avec Macron, vous n'avez peur de rien. Ailleurs c'est forcément le désert-rural, alors Gourdan...!

préjugés !

car...

Non seulement le dentiste est meilleur (la première visite, il vous fait une radio périphérique en cinémascope et vous dit tout ce que votre dentiste précédent-chic-et-toulousain avait oublié entre deux mondanités), mais il vous prescrit un traitement lourd nécessitant des soins hebdomadaires, d'autant plus faciles à pratiquer que nous sommes à dix minutes sans bouchons. On dit oui !

notre dentiste est exceptionnel !

Donc nous voilà enchantés, (nous sommes à mi-chantier). Je fais le taxi, et décide de me balader pendant les soins de la patiente. (si j'étais perso concerné, je ne ferais pas tant le fanfaron). Et E qui sait-tout, me dit : -"va chez Bernard, goûter son museau" !

je vous ai dit : bons produits, personnes d'exception






Il faut voir Bernard. Bernard réside quasiment en face du dentiste. Je lui rends donc visite. Déjà Bernard est un prénom empathique : on le donne aux Saints. On le donne à ces gros-bons chiens sympathiques qui offrent le cognac aux skieurs congelés dans les glaciers alpins. Par essence même Bernard est ce qu'on appelle : une personne-ressource sur qui l'on peut compter. Ici, on le consulte, on demande ses conseils. Des recettes. Des idées de menu. Il vous livre des plats-préparés. Avec son épouse Christine, il transforme le cochon, et en fait des merveilles.




D'où le museau, qui n'est pas le sien bien entendu mais celui du porc d'ici, forcément gascon. Je vous le conseille, il est naturellement entouré d'oignon doux. Sauce légère, goût moelleux, avec ces chaleurs en ce moment, on s'en est tapé une énorme barquette fraîche à midi avec V qui bien que breton ne crache pas dessus. Bernard me découpe trois tranches de jambon de "coche", (vous dites : truie) d'au moins deux ans d'âge, un animal rarissime inconnu du modèle breton, qui produit le jambon entouré du gras de mon enfance (ça date des années 50), que mangeait mon grand-père-sans-dents : quel souvenir !

Je suis revenu avec une figatelle de Gourdan, et plein d'autres produits d'exception, endroit béni, personnes rares.



mais que voudriez-vous que j'aille faire à Toulouse...

...quand mon dentiste est à Gourdan ?

....quant à Bernard...!

...le museau de Bernard...

allez-y de ma part !


Bernard a tendance à prêcher un peu, on l'excuse : il est quasi Saint ...
et c'est un Sage !

téléphonez-lui, et commandez un jambonneau...


...ou encore un foie :




-"le bonheur se construit chaque jour : c'est un métier" !


on plaisante avec Janine

samedi 24 juin 2017

Cipriani : est-ce Phryné ?

Vous connaissez l'histoire de Phryné, ingénue soupçonnée indûment, à l'époque où n'existait pas la présomption d'innocence, et acquittée par ses Juges, après que son avocat (avisé) eût ôté (prestement) le noeud derrière le cou tenant sa tunique, exhibant sa silhouette (nue) aux membres du Tribunal (médusés) ?


C'est un thème précieux pour les artistes, trouvant prétexte à cette histoire pour dénuder leurs modèles, afin de vérifier si l'argument est suffisant pour retourner une Cour d'Appel. Manette m'en parlait souvent en citant le personnage de Nitouche, qualifiée de Sainte on ignore pourquoi, et dont les fesses dénudées méritaient (il s'agit d'une petite statue) d'être reflétées dans la glace de la cheminée, de manière à ce que l'on voie le devant, et le derrière, d'un seul regard !

Ugo Cipriani est né à Florence le 13 août 1897. Fils de sculpteur, il fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts. Vers 1935 il émigre en France pour échapper à Mussolini et au fascisme. Il vit à Paris comme réfugié politique et crée des statues, dont en terre cuite, en quantité. Il est mort en juin 1960 à Paris.

Peut-on imaginer que Cipriani ait représenté Phryné ?

Yes apparemment, voici en effet la statue, avec une pose très suggestive style Art-Déco

on pense à Maillol évidemment












là où l'affaire devient intéressante, c'est quand JLF me dit :

-"je vais en créer une, 

grandeur nature...

...j'imagine que cela vous intéresse ?"

il me connait depuis au moins vingt ans !


Je vous ai raconté précédemment comment le Maitre s'imprègne de son sujet, attrape les détails, les enfourne en tête, et se prépare à créer des doubles, avant d'oublier et de passer à autre chose. Il est plus facile pour lui d'en faire deux de suite plutôt que tout reprendre après, en intercalant d'autres projets qui n'ont rien à voir.

-"bien sûr que j'en veux une...

...Phryné grandeur nature !"

les juges à l'époque 

auraient voulu aussi !

vendredi 23 juin 2017

Augustus : bon à tirer !

une œuvre de composition !

Voici en exclusivité l’interview de notre correspondant de la Gazette des Arts, rencontrant dans son atelier le sculpteur-modeleur JLF, attendant le bon à tirer pour son buste d’Augustus. Augustus Saint-Gaudens, le sculpteur américain, déjà cité dans ces mêmes chroniques (1) :

laGazettedesArts : Comment JLF, avez-vous procédé pour créer ce buste, votre dernière œuvre ?

JLF : Comme c’est le cas pour un comédien, mon travail de sculpteur-modeleur consiste à m’imprégner de la personnalité de la personne à représenter : c’est un rôle de composition. Je lis, m’informe, dois me mettre (et j’y suis parvenu) dans la peau d’Augustus, en compulsant toutes sortes de notes, archives et photographies. Je souhaitais réaliser une œuvre de facture classique, mais débarrassée de la présentation traditionnelle de l’artiste endimanché, posant devant le photographe, comme le montrent les documents disons officiels, avec chemise, et cravate Lavalière.

Moi, il m’importait de mettre en avant le sculpteur : dans mon cas personnel, je mets une blouse, pour me protéger des taches, et des morceaux de terre (que je perds partout), mais qui signent mon travail d’artisan. J’ai représenté Augustus en blouse de travail, chez nous on dit « bleu  de travail », en train de modeler la terre, en pleine action, dans son atelier, loin des mondanités ultérieures.

Miracle, poursuit-il, F.S (qui sait tout sur l’artiste) a débarqué un jour chez moi, et m’a offert trois livres que voici, dont deux en Anglais. Ils sont bardés de photos d’Augustus en noir et blanc . Il est toujours sérieux, réfléchi, attentif, concentré. C’est comme cela que  je l’ai représenté.


Au-delà des photos, ces livres contiennent aussi des portraits, peintures et bustes. Ces œuvres sont l’interprétation par mes anciens homologues d’Augustus tel qu’ils le percevaient eux-mêmes. J’ai été influencé par ces interprétations, toutes ces "imprégnations" aboutissant à ma propre compréhension de ce que je voulais donner à voir.(pour être compris du plus grand nombre, JLF s'exprime comme le font les communicants dans les galeries d'Art)

la fameuse blouse de travail














on retrouvera la signature autographe plus tard












laGazettedesArts :  Combien de temps avez-vous mis pour arriver au résultat final ?

JLF : Des collègues vous répondraient en vous disant : deux jours. Moi j’ai du mettre… une semaine ? (il ne se rappelle plus). Mais j’ai ma façon de travailler : je passe à autre chose, je reviens sur ma table de travail, je change un détail. J’ai modifié le regard. Un pincement de la lèvre supérieure. L'arête du nez, vous voyez, là ? (il montre, et pince le nez). Je reviens de temps en temps, le temps que mûrisse la réflexion. En ce moment, j'ai le cerveau plein du sujet, je voudrais en profiter pour modeler un autre buste !

laGazettedesArts : que voulez-vous dire ?

JLF : eh bien, si je passe à autre chose, je vais oublier toutes les caractéristiques emmagasinées dans ma tête, tous ces repentirs, ces retours en arrière et ces perfectionnements continus. J’ai envie de recommencer une autre interprétation, (même si on ne m’a rien demandé), seulement pour profiter de ma tête pleine pour créer une variante, en changeant telle ou telle expression !

laGazettedesArts : voulez-vous dire que... vous pourriez faire ....rigoler Augustus ?

JLF : comme si, à la fin d’un banquet, un copain le faisait marrer en racontant une histoire drôle ?

laGazettedesArts : oui justement, on voudrait qu’il soit content (Augustus) de revenir à Saint-Gaudens !

JLF : quelle bonne idée, revenir à Saint-Gaudens (la commune), quand on porte ce même nom (Gaudens, et Saint de surcroit) ! Vous m’avez convaincu : je vais faire un Augustus rigolard, rien que pour voir ce que ça donne ! promis, juré, il sera content, (le vrai Augustus, depuis là-haut d'où il nous regarde) !

Epilogue

C’est bien ces conversations entre artistes-intellectuels, mais il faut avancer, se « mettre en marche » comme le disent les « marcheurs ». « Marchons, marchons », dit l’hymne national (vous aviez remarqué ?)

Demain, JLF donne l’ordre au fondeur de mouler le moule de cire, qui sera fondu par la fonte brûlante des fondeurs du Lauraguais, j'en profite pour lui demander une patine rouille, assortie à l’acier corten des personnages descendant les escaliers. Après-demain, il lui faut un socle, on calcule combien, pour le mettre en représentation à sa future place. Je fais le croquis.

Après-après-demain, on va peut-être avoir des Augustus-marrants, ce qui ne manquera pas de donner lieu à de nouvelles surprises, non ?

la participation active à une œuvre d’art

est une œuvre d’art elle-même, non ?


laGazettedesArts va suivre tout ça pour vous avec une attention

méticuleuse !


.....ah...! vous vous demandez qui est JLF ?

à un certain niveau de célébrité, un artiste comme JLF trouve forcément
un élève-adepte (à moins que ce soit une...) pour modeler son buste :
voici ce que cela donne !


je vous en ai déjà parlé et vais recommencer demain :

lisez d’abord ces  vieux billets :

http://babone5go2.blogspot.fr/2016/10/et-voila-maginot.html




(2) cette histoire étant absolument véridique (dans les moindres détails), la GazettedesArts a du protéger ses sources en masquant les noms propres appartenant à des Personnalités de premier plan, pour se contenter des initiales. Les initiés comprendront qui est qui, (ce qui est l'essentiel) !

je vous fais lambiner :

voilà JLF
le bute de JLF tenu par JLF

et Augustus par JLF






la prochaine fois Phryné 

de  Cipriani

taille XL !