vendredi 23 février 2018

Audubon à la Rochelle


Il est encore temps de s'y rendre !



on peut lire en ligne les "birds of America"
avec Lafayette, Audubon est une gloire aux USA
ses dessins sont en effet extraordinaires


vous avez remarqué en bas à droite le Vulcain qui fait face à la huppe ?
il ne va pas tarder à être ... huppé ?

j'adore les troglodytes, sur leur branche de lichens

Mario fecit


les pies d'Audubon

malgré mon Lumix grossissement 30x, j'ai du mal à imiter le dessin de Jean-Jacques


la vallée en bas de notre butte est inondée : les pies sont en expansion, maintenant que l'autour

ne les menace plus

du coup les passereaux n'ont qu'à faire gaffe à leurs fesses

entre pies et geais, prédateurs sans pitié...

...heureusement que je les nourris !

jeudi 22 février 2018

Les horreurs de la guerre (Rubens)


Une fois de plus, la guerre fait ses ravages en Syrie... quel privilège de vivre en paix, quand on sait les populations civiles un peu partout jetées sur les routes, ou les SDF, les nôtres cette fois-ci, vivre dehors à Paris sous le froid annoncé !

Je re-découvre grâce à Arte le tableau de Rubens « les horreurs de la guerre », qui est accroché dans le salon de Mars de la galerie Palatine (du palais Pitti à Florence). Une belle occasion d’y faire un tour !

Pierre Paul Rubens né le 28 juin 1577 à Siegen et mort  le 30 mai 1640 à Anvers, peint en 1637 cette oeuvre énorme : 206 x 345 cm. Je la trouve très actuelle, et nous sommes pourtant 380 ans plus tard !



Ce tableau est une allégorie de la guerre de Trente ans qui a détruit notamment la Flandre. Les trente ans c’est 1618-1648. Une guerre civile européenne presque mondiale, marquée par l’affrontement entre catholiques et protestants. Terminée par la paix de Westphalie, et la mise en place du «  jus publicum europæum » (le «droit public européen») : un système nouveau et stable de relations internationales, fondé sur un équilibre entre des États chacun titulaire de la souveraineté. Les guerres sont désormais conçues comme des conflits sécularisés d’État souverain à État souverain.

Sacré progrès....bref !



Rubens connaissait sa mythologie sur le bout des doigts, et tout procède par allusions :

Tout le monde sait que Vénus est l’amour. On sait moins qu’elle était la maîtresse de Mars, son époux Vulcain qu’elle trompe donc effrontément avec le Dieu de la guerre (étant retenu par ses activités de forgeron dans sa forge alimentée par un volcan).

paradoxalement, ceci est une copie taille moitié de Bianchini, mais elle est plus détaillée que le vrai ci-dessous

Point de fadaises amoureuses cette fois-ci, Vénus cherche à retenir Mars en le serrant (amoureusement) de son bras gauche. Mars en armure, lui jette un regard désolé, la bouscule et fonce dans le tas. Son épée dégouline de sang, et (ce que l’on voit mal à l’écran malheureusement) il foule aux pieds l'esquisse des trois Grâces pourtant peintes par le dit Rubens. Et piétine des livres, préfigurant les holocaustes ultérieurs de la seconde guerre mondiale. Mars furieux a perdu le sens commun : il ne raisonne plus, il casse tout.


Astuce : derrière à gauche le temple de Janus (en italien, Tempio di Giano) est un temple romain de l'Antiquité autrefois situé à Rome, au pied de l'Argiletum, près du Forum Romain. Il s'agit du plus ancien temple dédié au dieu Janus qui régnait selon la tradition romaine avec Saturne sur le Latium.

même observation, c'est pour vous montrer le compas de l'architecte à droite

Le temple était composé en son centre d'une statue représentant Janus, le dieu aux deux visages donc «bifrons». Soit il regarde devant et derrière à la fois. Soit il sait l'avenir et le passé. Mieux, il connait la face extérieure des choses et autant la face cachée intérieure ! C'était un sanctuaire important dans la vie religieuse quotidienne à Rome : d'abord en bois, il fut remplacé sous l'empereur Auguste par du bronze. On connait également sa description telle qu'elle était émise dans l'Antiquité, notamment sa forme rectangulaire, grâce au sesterce frappé sous le règne de Néron qui le représentait sur une des faces.

Les portes du temple de Janus avaient la particularité d'être fermées en temps de paix, et ouvertes en temps de guerre, à la différence du reste des autres temples religieux. Cette procédure avait pour fonction religieuse de libérer les pouvoirs de la divinité dès le début de la guerre pour porter chance aux combattants romains, et d'abriter le dieu en temps de paix pour qu'il veille sur Rome et repousse les étrangers indésirables. Tant que Janus était hors du lieu de culte, on y organisait des sacrifices et des oracles.

Voilà pourquoi Rubens a ouvert les portes !


On découvre derrière Mars Alecto, qui brandissant sa torche, (elle met le feu) le tire en avant pour l’exciter davantage (s’il en était besoin). On a oublié Alecto. C’est une Erynie, ce qui ne correspond plus à grand-chose je vous l’accorde. Allez, ce sont des divinités persécutrices grecques. Vous allez vous souvenir quand je vous dirai que c’est la même chose que les Furies romaines. Elles sont trois, Tisiphone (oubliée) et Mégère (voilà d’où vient le mot !). On devrait réhabiliter les Furies : on a l'impression qu'elles sont souvent à l'oeuvre ... en Syrie, et en tellement d'endroits de la planète !

En haut à droite, la peste et la famine sont personnifiées par des monstres. En bas, la femme au luth brisé signifie l’impossibilité de toute harmonie. J'imagine que ce n'est pas n'importe quelle femme, mais l'une des Muses. Celle qui joue du luth est Melpomène. Réputée pour la douceur de sa voix. Complètement à droite, en bas, un architecte est renversé, son compas à la main. C'est grave si l'on a perdu la géométrie ! Mars piétine les livres. Il détruit les monuments édifiés par les hommes, et ne laisse que ruines derrière lui.

Rien ne va plus !

La femme en deuil, à gauche est Europe déchirée par la guerre. Encore une astuce ! Son attribut, le globe transparent surmonté d’une croix, symbole de la chrétienté, est porté par un enfant derrière elle. Je vous ai dit que c'est la bagarre entre catholiques et protestants. Là où notre Rubens est génial, est qu’il ne pouvait pas imaginer le transfert de cet affrontement de nos jours entre toutes les religions et nos "amis islamistes-radicaux" (il est prudent d’affirmer que ce sont nos amis sinon on passe pour sectaire).

voilà l'enlèvement d'Europe par Rubens, les Cupidon volent en groupe, alors que dans le tableau
les horreurs de la guerre, l'arc et les flèches sont au sol, comme l'un des deux angelots.

Que dire encore, s’agissant par exemple des putti, ces anges rondouillards qui d’habitude mettent de l’huile dans les rouages s’agissant des relations entre les personnages ? Celui du haut, qui vole grâce à ses ailes et est d'habitude Cupidon, veille sur Vénus, (sa mère) s’inquiétant que dans l’agitation, elle prenne un mauvais coup, voyez le bazar si Mars donnait une beigne (bien involontaire) à Vénus ? Les deux d’en bas font la même chose, sauf que l'un d'eux est privé de moyens aériens. Tout nus : ils risquent soit de prendre froid, soit eux aussi de prendre un mauvais coup (colatéral) : la guerre fait toujours des dégâts terribles dans les populations civiles, qui pourtant n’ont rien fait.

d'habitude, 

Amor vincit omnia 

Le message de Rubens est que, même l’amour ne peut prévenir la brutalité de la guerre, et retenir l’Europe de plonger dans le deuil et détruire sa prospérité.


On a pris l’habitude de considérer Rubens comme un génie. Quand on décortique son œuvre, on est frappé par son talent de peintre magistral. Mais le scénario (si je puis dire) est d’une richesse inouïe, et il faut plusieurs consultations de wikipédia pour en venir à bout !

Pour la route, j'ai glané deux nouvelles "morts de Cléopâtre"

Il eût été surprenant qu'il ait omis de peindre ce moment





















j'aurais aimé vous montrer davantage du plafond du salon de Mars
mais vous avez déjà une idée
sauf de passer vos prochaines vacances à Florence

il y a pire !



mercredi 21 février 2018

Mariposa del ano 2018

Ca y est : l'Association Zerynthia a tranché :
Pyrgus cinarae est élu

"mariposa del ano 2018" !

Je vous ai traduit l'article :

Un papillon de la Sierra de Ávila, papillon de l'année

15 février 2018 

"L'association entomologique Zerynthia attribue annuellement une distinction à un papillon en raison de sa particularité et du risque de survie auquel il est soumis. C'est ce qui a été estimé pour  « Checkered Barbell » (les Espagnols se mettent eux aussi à l'Anglais), originaire de la Sierra de Ávila. En effet, les projets miniers mettent en danger son existence, car c'est une espèce qui tolère peu de changements dans son habitat. La Sierra de Ávila est l'un des deux endroits d'Espagne où il y a des populations de ces papillons".


Les défenseurs du  « Non à la mine dans la Sierra de Ávila » considèrent cette reconnaissance comme un argument de plus à ajouter à la protection de leur région, indépendamment du prix Fuentes Claras dans la ville de Cillán, prix reconnaissant le développement durable dans les petites municipalités, accordé par la Junta de Castilla y León elle-même, la Région locale.


on s'est pourtant moqué des moulins à vent de Don Quichotte !


La découverte récente de Ajedrezada haltera remonte à moins de dix ans (Hernandez-Roldan et Vicente, 2010) . Dans cette région dépeuplée, où l'activité traditionnelle est l'élevage, une mine de feldspath à ciel ouvert, (une trentaine est programmée), est naturellement une aubaine pour les industriels. N'a pas de gaz de schiste qui veut...!

Un petit papillon peut-il s'y opposer ?


Nous Français la nommons l'Hespérie castillane. La chenille vit sur les potentilles. Il existe plein d'autres Pyrgus assez semblables comme armoricanus qui vivent un peu partout en Europe notamment en Grèce.










Voilà, il n'y a plus qu'à aller l'admirer

sur place...

...tant qu'il en est encore temps !


PS : que vient faire dans cette affaire cinarae ? le génitif de l'artichaut ? Alors que la plante nourricière est la potentille avec ses différentes variétés, recta et hirta ? Sans omettre justement en Castille Filipendula vulgaris ! Notre Castillane mangerait-elle de l'artichaut ? Je jette cette question à l'immensité des connaissances des entomologistes distingués ! Help !

mardi 20 février 2018

Apparition

Nous sortons du Régent salle 7, voir l’Apparition de Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon. Ah Lindon !



Difficile de rester indifférent, et pourtant on est plongé dans le noir plus de deux heures !

Nous qui sommes proches de Lourdes nous sentons concernés : Lindon est grand reporter, et voit son meilleur ami mourir en Syrie. Il est rapatrié en France, escorte militaire des Nations Unies ; avion cargo transport du cercueil, l’ambiance est donnée dès le début : on est dans la vraie vie, la mort rode, Lindon a les tympans cassés par le bruit des obus, il doit se cacher dans l’obscurité pour se protéger du stress....et du bruit (un peu dérisoire) des autres ...

...voilà qu’on l’appelle au téléphone ... du Vatican. On aimerait que cela nous arrive. –« Rassurez-vous, tous vos frais seront payés » (par l’Eglise). Arrivée à Rome. La ville éternelle. On en salive, d’autant qu’on entre dans les appartements du Pape, photos de François au mur, reçus par un Evêque français un peu rond, très jovial : -«on apprécie vos articles. Acceptez-vous de participer à une mission canonique chargée d’expertiser les apparitions de Cabarel dans le sud de la France » ? Je dis Cabarel, je ne me souviens plus précisément. Pas d’importance puisqu’il s’agit d’une fiction.

On devine que Lindon accepte quand on le voit rejoindre ses collègues sur place, au milieu de la foule des pélerins en tenue de pélerins, un peu débraillés ; des sacs au dos, levant les bras au ciel et se signant ostensiblement (pour certains c'est carrément ostentatoire). Comme c’est un pro de l’investigation, il trouve les faits que les autres n’ont pas su voir, et tirant les ficelles, visitant les uns et les autres, reconstitue l’histoire d’Anna la voyante. C'est assez tragique, comme la vie quoi.



La "voyante" est Galatea Bellugi, nouvelle jeune actrice, et il démêlera vite que derrière son visage angélique (forcément) elle est animée par des raisons profondes et complexes, qu’il ne démêlera vraiment qu’à la fin, dans le plus grand camp de réfugiés du Moyen-Orient, à la frontière syrienne. Il retrouve l’église chrétienne dévastée par les islamistes où son copain a été tué, et dépose devant la porte une icône de la Vierge qui en provenait. L'icone a les deux yeux brûlés. Signe de satan. Retour à la case départ.

Je ne puis vous dévoiler la chute finale, 

...il y a bien eu apparition ...

...mais !

la Vierge est-elle apparue à Medjugorje en Bosnie ?

Comme le dit le cinéaste, -"Ce drame historique interroge ce que nous sommes, nos valeurs, notre histoire, et donc ce que nous sommes prêts à faire pour tendre la main à notre prochain. Quand Anna (Galatea Bellugi) regarde le ciel et se perd, Mériem (Alicia Hava)(Meriem c'est Marie vous avez saisi ?) regarde la terre et se trouve. Elle aussi croit au don de soi à ceux qui souffrent, mais désormais loin de l’Eglise et du dogme.

La vie est sacrée et doit être respectée…

…au-delà de toute problématique religieuse", précise Xavier Giannoli


vaste programme !


lundi 19 février 2018

Un camp à Garaison en 14-18

C'est la seconde conférence du mercredi de la Société d'Etude du Comminges. Une fois de plus, un conférencier étonnant, qui nous dévoile un oubli collectif de notre mémoire, concernant nos voisins des Hautes-Pyrénées : oui, il y a eu un "camp de concentration" à Garaison. Pendant la guerre de 14 jusqu'en 1919. Il y est passé cinq mille Allemands et Autrichiens. Internés en famille. Même le Docteur Schweizer et son épouse Hélène y ont séjourné un an, avant de rejoindre l'hôpital où a été soigné Van Gogh à Saint-Rémy de Provence !

Quand on dit "camp de concentration", c'est plutôt un camp d'internement, pas le même sens que les camps nazis de la seconde guerre mondiale. L'objectif : mettre de côté les adultes en âge de prendre les armes, et séjournant en France. Dans un autre genre, il existait des camps pour les Alsaciens-Lorrains, de culture française, mais qui étaient devenus juridiquement Allemands après la guerre de 1870 : étaient-ils francophiles ou phobes ? Par précaution, on les internait ! Même question pour les femmes françaises mariées à un Allemand et devenues du coup Allemandes par le mariage ? Internées !

On devine nos coins perdus autour de Lannemezan, envahis par ces populations immigrées passant pour des "boches", souvent aisées, qui logeaient pour les plus aisées à l'hôtel, et mangeaient au restaurant. Les autres moins fortunés s'employant aux travaux des champs, salariés chez les paysans du coin, privés de bras partis au front.

que dites-vous de ces noms ? Cardeilhac ; Charlas ; Saman ; Saint-Marcet...




Voici la carte aveugle de notre limite avec les Hautes-Pyrénées, je devine que vous ne trouvez aucun point de repère, sachant qu'entre notre Sud de la Haute-Garonne et nos voisins de l'Ouest, il n'y a rien que des forêts, des coins propices à l'élevage des dinothériums au miocène comme le fameux site du barrage jamais construit de Charlas... Ce sont des zones dites "défavorisées" dans le vocabulaire européen distribuant les primes aux éleveurs et remises en cause aujourd'hui. Pourtant, Notre Dame de Garaison est un site superbe, vidé de son école libre en 1914, et réquisitionné pour ce motif.






Le Libéria déclare alors la guerre à l'Allemagne, pour s'approprier les biens des Allemands sur place. Du coup, les Allemands en âge de prendre les armes deviennent indésirables, on les envoie en France...à Garaison. Que faire également d'Albert et Hélène Schweitzer ? Pareil, à Garaison. Super, voilà les libériens internés à Garaison victimes de maladies tropicales, des patients rêvés pour Albert, qui refuse de quitter le camp de peur de délaisser ses sujets d'étude !



Le secrétaire général de la SEC brandit un des livres de José Cubéro




chaleur torride en cet été 1914,  bain des internés dans la Baïse
(les femmes et les enfants sont hébergés à part naturellement)


étonnant de retrouver ici le Docteur Schweitzer non ?



l'Histoire de notre région est émaillée d'histoires étonnantes :




voilà pourquoi nous adhérons à la Société d'Etudes du Comminges

le programme des commémorations de 1918 est maintenant au point :


bientôt le second semestre, terminé par le 11 novembre, et la sonnerie de l'armistice


suivez les conférences mensuelles de la SEC !