mardi 26 octobre 2021

Bonhams disperse Napoléon à Londres demain !


Une fois encore, notre Patrimoine est dispersé dans une vente publique... sauf ... qu'il s'agit de Napoléon, l'empereur mal aimé, dont je vous ai montré la statue de Rouen démontée...et sauf que de nouveaux souvenirs et autres reliques sont dispersés... à Londres ! A force de ne pas s'aimer, nos compatriotes donnent raison aux Brexiteurs, vainqueurs de notre Napoléon à Waterloo, et continuent de disperser notre patrimoine, pour le proposer ...  à nous anciens-ennemis !

pleins d'humour (anglais) Bonhams appelle cette vente la British sale !

Je cherche si je trouve des choses intéressantes, en dehors des sentiers battus, chemise portée avant sa mort à St-Hélène, ou bicorne authentique, ou encore sabre de Joseph Roi de Naples estimé une fortune



l'humour débute dès les premiers lots puisque nous est proposée une typique guillotine française à étage, et donc à rez-de-chaussée

là encore, le maquettiste apprécie l'estimation, et les détails, sachant qu'elle est

"working bone model" ! 

un joli récipient reçoit la head du guillotiné, le corps séparé de l'autre côté de l'instrument

nous, Français, sommes loin d'avoir été absents 

dans l'emploi efficace des châtiments consistant à trancher le chef !

le corps décapité est soigneusement mis en bière

vous imaginez le plaisir d'un Anglais aisé d'investir €10.000 dans ce french gadget !

et je trouve cette lantern of Demosthènes 

in the Park of Saint-Cloud



c'est une French School pas signée, donc pas chère : disons €500 ?

je me permets de la signaler à nos amis de Saint Cloud, là où se trouvait cette lanterne



nos amis de Saint Cloud possèdent d'ailleurs fort à propos ce tableau, qui est lui signé

s'ils enchérissaient, ils pourraient rapatrier la lanterne de Démosthène (anglaise) à Saint-Cloud ?


il y a des merveilles dans le Parc de Saint-Cloud, dont la France

oui vous avez bien lu, la France

couronne les Arts et l'Industrie

sympa non ?




oui, la carte postale dit que c'est la République qui décore

subtilité des formules !

l'Empereur couronne, la République décore !

on devine le groupe monumental (6m de haut) surplombant à l’origine le fronton du Palais de l’Industrie. La France, debout, dans le plus pur style néo-grec, tenait deux couronnes de laurier, aujourd’hui disparues, au-dessus des allégories de l’Art et de l’Industrie, assises de part et d’autre. Ci-dessus l’ancien Palais de l’Industrie, aux Champs Elysées :



Le fronton monumental restera en place jusqu’en 1899, date à laquelle le palais de l’Industrie sur les Champs-Elysées fut détruit pour laisser place au Petit et au Grand Palais, édifiés pour l’exposition universelle de 1900. Par arrêté en date du 25 novembre 1899, les sculptures furent transférées à Saint-Cloud.



le monument a donc cent vingt ans ce qui explique les salissures

merci Francine A pour vos photos, in Paris autrement

lundi 25 octobre 2021

Vulcain parade dans le soleil d'automne



il faut le trouver, hein ?


Rigoureux comme des horloges, en ce beau dimanche ensoleillé du 24 octobre, ils sont là ! Le parcours de santé est de nouveau autorisé, du moins, il n'est plus interdit de le parcourir, les humains sont sans masque car dehors, l'ambiance serait plutôt aux prochaines grippes saisonnières, et ma pharmacienne (préférée) a bien voulu me vacciner avant-hier, le premier jour autorisé, et bien que ce soit trop tôt ! Les familles sont présentes, heureuses de s'oxygéner, d'être oxygénées plutôt par l'oxygène évacué par les tilleuls, pourtant en train de se colorer de jaune. Les tilleuls comme tous les arbres absorbent en effet le vilain gaz carbonique dont sont envahies les villes, et rejettent du bon oxygène ce qui nous raffermit les poumons, nous les gens de la campagne. La santé que procure le parcours du même nom, consiste à se dégourdir les jambes ; à faire fonctionner son coeur en respirant régulièrement, et à respirer de l'oxygène-bio produit par les tilleuls rejetant de surcroit des parfums de tilleul, toutes huiles essentielles naturelles... propres à faciliter le sommeil ultérieur (une fois couchés). Je dis tout cela pour embêter mes amis urbains, qui trouvent que c'est ringard de vivre à la campagne, surtout que ça ne permet pas de faire une plus-value immobilière à bon compte, quitte à souffrir d'asthme chronique mais la plus-value vaut bien quelques sacrifices de santé, non ?







Quand je parcours le parcours, en réalité, je m'évade du tracé officiel de sable-argileux tassé : la chance, c'est que si d'un côté il y a la route, de l'autre il y a un pré soigneusement entretenu par le gros tracteur municipal. Les tilleuls forment ainsi une lisière, soleil-ombre, le pré qui est en pratique une pelouse étant ensoleillé : les papillons, animaux à sang froid, se posent par terre, et prennent un bain de soleil. Pour peu que l'on soit attentif, on les voit (on les distingue) par terre. 

Mais dès que l'on approche, il faut donc disposer d'un zoom, ils filent, ils volent, un vol saccadé, puis plané, puis saccadé, virage serré, ils vous passent sur la tête en rase-tête, virage serré, et atterrissage de là où ils ont décollé : il ne faut donc pas bouger, certain de les retrouver là d'où ils sont partis.



Comme ils sont quelques uns répartis harmonieusement tout du long du parcours, ils sont assez nombreux à faire le même manège. Donc ils sont conduits à se croiser. Alors dans ce cas, ils se mettent à tourbillonner en vrille autour de l'autre, soit qu'ils soient deux messieurs et ils tentent de se faire peur pour virer l'autre de son propre territoire. Soit (impossible à distance de distinguer les sexes) ils sont de sexe opposés, et alors ils se draguent, mais je n'ai jamais observé de conclusion comme chez nous, où ils se connaitraient (bibliquement) dans un recoin caché après s'être séduits : la suite de leur vie va consister à découvrir un endroit abrité où passer l'hiver au chaud (puisqu'ils sont à sang froid) et pas à convoler encore moins pondre, ce que les Dames ne feront (sur les orties encore nombreuses ici) qu'au printemps 2022, au moment d'ailleurs où la campagne des Présidentielles nous accaparera totalement, et nous ôtera toute envie de regarder les Vulcains.




Vous devinez bien que photographier en vol est infernal, tant les mouvements sont brusques et rapides. Toutefois, je puis vous donner quelques idées avec toutes ces vues, prouvant que je ne raconte pas que des histoires ! 

Je sais, les photos sont prises à la volée, et j'ai agrandi artificiellement si je puis dire des photos prises de loin pour avoir un grand champ, car je ne voyais rien de ce que je photographiais à toute vitesse ! Au moins, vous voyez des vulcains voler, peu de monde lève la tête en l'air pour regarder ce spectacle vivant (et non subventionné) !











posés, c'est facile... quand on réussit à viser juste !



après l'automne va venir l'hiver... je risque de ne plus vous montrer de papillons en vol

... avant un moment !

vous voyez au sommet de chaque antenne, la bio-led qui éclaire dans l'obscurité ?


PS : même manège l'an passé, mais je ne photographiais pas ... en l'air !

https://babone5go2.blogspot.com/2020/11/danse-avec-vulcain.html

     ... avec un paquet de liens sur vulcain : papillon ésotérique...!

http://babone5go2.blogspot.com/2020/11/papillons-de-toussaint.html


pour commémorer les cent ans qu'aurait eu Georges Brassens, 

je vous offre "la chasse aux papillons"

https://www.youtube.com/watch?v=oOPBnbNxLDM

dimanche 24 octobre 2021

Pissaro peint Rouen


Retour à Rouen ! souvenirs, souvenirs ! enfance ... Lycée Corneille ...Seine en bas, colline sainte-Catherine au sommet...Le port industriel fait une entrée triomphale dans la peinture moderne en 1874 lors de la première exposition impressionniste, avec l'œuvre de Claude Monet peinte au Havre, Impression, soleil levant. Mais c'est Camille Pissarro qui, peu après, donnera toute sa dimension à ce thème à travers une importante série réalisée pendant vingt années, de 1883 à 1903, dans les trois ports normands de Rouen, Dieppe et Le Havre.

À l'occasion de sept séjours successifs, Pissarro déclinera à l'envi, à Rouen comme à Dieppe ou au Havre, depuis le même point de vue, des paysages aux ambiances tantôt lumineuses, pluvieuses, brumeuses. Le thème est : « Pissarro dans les ports », je vais le développer pour vous à Rouen. Rouen fait parler d'elle, dans la mesure où le maire a déposé Napoléon, pour mettre à la place une farce : l'Empereur à vélo sur la roue arrière, affublé d’une veste bleue et d’un sac à dos, façon livreur Uber, réalisé par le sculpteur local Mieszko Bavencoffe, pour les journées du "matrimoine", tout cela avant que Gisèle Halimi arrive, j'imagine à cheval, en écuyère, car tout désormais se doit d'être à Rouen : "genré féminin" ! ! (1)



Rouen préfigure ainsi la ville après covid : plus de voitures, remplacées par des tas d'ordures, des tags, des immondices. Le street art remplace avantageusement l'ancien art-néoclassique décadent
Napoléon est gommé de l'Histoire, réécrite en français genré (et repentant)

Je reviens cent-vingt ans en arrière, avec notre ami Camille : après une dizaine d'années passées à Pontoise, une bourgade encore assez rurale de la région parisienne, Camille Pissarro éprouve le besoin de renouveler son répertoire de motifs. Sur les conseils de son ami Claude Monet, dont le frère vivait à Rouen, l'artiste se rend en 1883 dans la capitale normande.

la voilà la côte ste Catherine, et la vue sur les flèches des cent églises

l'ile Lacroix et sa cheminée, sans et avec brouillard
Bonsecours




Lors de ce premier séjour, Pissarro découvre la ville et déambule sur les quais de la Seine, en quête de motifs. Il peint un ensemble assez varié de dix-huit œuvres, ne privilégiant aucun sujet particulier.

Il revient à Rouen douze ans plus tard, en 1895, pour réaliser quelques aquarelles. De retour à Paris, l'artiste découvre à la galerie Durand-Ruel la série des Cathédrales que Claude Monet a peintes à Rouen en 1892 et 1893. Frappé par « l'unité » de ce travail, du type de celle qu'il recherchait depuis longtemps, conscient que « c'est dans son ensemble qu'il faut que ce soit vu », Pissarro décide de se fixer à nouveau à Rouen pour y réaliser lui-même un ensemble cohérent. Il va notamment illustrer dans des ambiances différentes, notamment pendant le brouillard (ce qui n'a pas du arriver souvent ...) et la pluie (même remarque !), tous temps rares dans la ville aux cent clochers, les ponts Corneille et Boieldieu, le centre de la cité portuaire. 


la prise de vue est différente, on voit les quais avec les vapeurs



là il est en plein brouillard








j'ai agrandi le vapeur, fasciné par ce bateau comme ceux plus petits de Bayonne

Contraint par une maladie des yeux à ne peindre qu'en intérieur, l'artiste installe son atelier dans une chambre d'hôtel, sur la rive droite. Encouragé par l'accueil favorable qu'on réserve à ses peintures, il revient une troisième fois en novembre 1896, puis une quatrième durant l'été 1898, changeant à chaque fois d'hôtel, mais restant sur la même rive de la Seine.

Tournant le dos à la vieille cité médiévale, Pissarro est fasciné par le spectacle de l'activité intense de ce port fluvial en pleine mutation. Désireux de montrer les aspects dynamiques de la ville moderne, le peintre privilégie, dans ses peintures comme dans ses estampes, l'activité laborieuse du port. Les ponts Boieldieu et Corneille, les docks, la toute nouvelle gare d'Orléans sur la rive gauche deviennent ses motifs privilégiés.

Mais l'artiste s'attache surtout à traduire l'atmosphère des lieux et les infinies variations lumineuses, à travers des effets de brume et de brouillard, soleil couchant, pluie... Les changements incessants de temps le conduisent à mener de front l'exécution de plusieurs tableaux à la fois. « J'ai des effets de brouillard, de brume, de pluie, soleil couchant, temps gris » écrit-il, s'inquiétant parfois « il me manque quelques bonnes séances pour deux soleils couchants, deux brouillards, un soleil et un temps gris le matin... aurai-je ces effets d'ici fin mars ? ».

avec Pissaro, on suit et descend la Seine, les quais, et l'activité du port fluvial










mais la série qui fait penser à Monet avec la cathédrale changeante, ce sont les ponts dont Boildieu peint à différents moments du jour :



Au total, ce sont soixante-neuf peintures ainsi qu'une importante série de gravures que Pissarro exécute à Rouen. Pour votre info, je ne vous ai présenté que trente toiles ! 

Elles sont aujourd'hui disséminées dans différents musées du monde

pendant que le maire de Rouen

s'efforce, avec succès, de faire oublier qu'il est masculin, en réinventant

avec Madame Bovary et Gisèle Halimi...

... le genre féminin !

à l'époque de Pissaro, aucune voiture dans les rues de Rouen, effectivement les chevaux respectent le 30Km/h

c'était mieux avant !


PS (1) :

http://babone5go2.blogspot.com/2021/05/napoleon-rouen-gisele-halimi-et.html

PS 2 : plus précisément : La première campagne de C Pissarro à Rouen en 1883 consiste en la découverte de la ville et de ses environs à pied. C'est une peinture impressionniste de plein air. 

Les deuxième et troisième campagnes de C Pissarro à Rouen en 1896 (janv.- mars et sept.-nov.) voient l'élaboration de "séries". A cause de graves problèmes oculaires, l'artiste est en effet obligé de peindre depuis sa chambre d'hôtel (51 quai de Paris lors de son 2ème séjour, 7-8 cours Boieldieu pour le 3ème, entre les ponts Boieldieu et Corneille). Le temps n'étant pas toujours au beau fixe, C Pissarro y compose à certains moments jusqu'à 12 tableaux à la fois.

La quatrième et dernière campagne de C Pissarro à Rouen reprend le travail effectué en 1883 et 1896, à savoir un retour à la peinture en plein air et à des séries vues de sa fenètre, celle de la chambre de l'hôtel d'Angleterre où il a pris pension comme précédemment. Mais c'est la première fois qu'il y séjourne l'été, ce qui lui permet de travailler aussi au grand air, sur le motif. Cette campagne est la plus fructueuse des quatre et dure presque trois mois du 23 juillet au 15 octobre 1898 avec 20 tableaux.

Plutôt connu comme représentant de "l'impressionnisme rural", C Pissarro n'en est pas moins le peintre de Rouen par le nombre et l'importance de ses oeuvres (69 huiles sur toile, 54 pour C Monet dont 32 pour la série des Cathédrales en 1892-93).

Il va même, durant les dix dernières années de sa vie, se concentrer sur les vues urbaines de trois ports normands : Rouen (69), Dieppe (30) et Le Havre (24), soit environ 120 peintures, se hissant en définitive au rang du plus urbain des peintres impressionnistes avec plus de 300 tableaux, si l'on ajoute les 39 composés à Londres et surtout les 146 à Paris.

il faudrait que je poursuive ce recensement fascinant, 

pour vous montrer la mer, 

comme ici aux "petites Dalles" :


pour vous remercier de votre attention,

je vous offre ce vapeur arrivant au bout de la jetée du Havre !