vendredi 14 août 2020

Chapeau Périco !


le sénateur peut être une Sénatrice !

Cela faisait longtemps que je voulais rendre hommage à Pierre Olivier Sébastien Légasse, dit Périco Légasse, né le 21 mars 1959 à Boulogne-Billancourt : au départ un journaliste, critique vinicole et critique gastronomique français. Mais maintenant, mieux que cela, il s'engage intelligemment dans la défense d'une alimentation de goût et de qualité, et s'érige en ambassadeur d'une nouvelle agriculture Française attachée aux terroirs, alliant promotion du goût et santé : merci, car il joue collectif, et est du coup très persuasif !

Issu d’une famille de la bourgeoisie basque, (le pied), Périco Légasse est le fils de Marc Légasse, écrivain et homme politique basque (fondateur du mouvement autonomiste au Pays basque français après la Seconde Guerre mondiale), et de Jacqueline Laruncet, fille de Jacques Laruncet, directeur de la maison Molyneux, célèbre parfumeur des années 1920, à Paris, et l'arrière petit-fils du peintre Perico Ribera (1867-1949), dont il porte le prénom. Si j'y réfléchis bien, Périco est issu de Petrus, Pierre, et vous savez ce que cela représente pour moi quand sur cette pierre, le créateur a fondé son église !

Après son baccalauréat, il débute au Matin de Paris à la régie publicitaire, aux côtés de Vincent Lindon, pas encore acteur, comme chef de publicité chargé des petites annonces de la fonction publique territoriale. Il rejoint Jean-François Kahn à L'Événement du jeudi en 1987, puis à l'hebdomadaire Marianne, où il est aujourd'hui rédacteur en chef de la rubrique "Savoir vivre".

En 2001, il commence son parcours d'animateur télé sur la chaîne Voyage, où il anime l'émission Les Carnets de Périco et collabore de 2005 à 2007 à l'émission Ça se bouffe pas, ça se mange de Jean-Pierre Coffe sur France Inter. Jean-Pierre ... un sacré parrain ! 

En 2003, il co-écrit, avec l'écrivain universitaire Danièle Sallenave, Nos amours de la France : République-identités-régions aux éditions Textuel, tentative de compromis entre une jacobine orthodoxe et un défenseur des particularismes locaux. Je recopie Wiki, mais en ajoutant quelques grains de mon sel.
 
Après un passage sur France 3 dans l'émission À la carte, il anime de 2009 à 2011 sur la chaîne parlementaire de l'Assemblée nationale l'émission mensuelle Toques et politique : invités du centre de formation Alain Ducasse, deux députés de la même région et de bords politiques opposés, débattent de questions sociales et politiques où le patrimoine alimentaire sert de fil conducteur, notamment les problèmes posés par l'industrie agroalimentaire, la publicité pour produits sucrés et la grande distribution. L'émission est supprimée, en 2011, sur décision de Gérard Leclerc, président de LCP-AN, à la suite des critiques de certains députés, dont Catherine Vautrin ou Jean-Christophe Lagarde, s'étonnant du mélange des genres entre politique et gastronomie. Il est de retour en janvier 2015 sur Public Sénat avec l'émission Manger c'est voter.
 ... nous y voilà ...!

Jean-Claude Tissot, Sénateur de la Loire, ancien agriculteur, "la gauche paysanne", "un vrai prolo" se décrit-il,
il a pris "l'escalier social" (et pas l'ascenseur), il est "la relation de ceux qui n'en ont pas" ...
(il n'a pas la langue dans sa poche)

C’est là que je le regarde en ce moment : flanqué d’un sénateur, parlementaire du terroir, souvent issu lui-même du monde rural, parfois même ancien agriculteur, le Sénateur (je mets une majuscule) assume le rôle de l’homme politique vigilant, bon vivant, comprenant la chaîne du bien manger qui implique un bon produit, créé par des agriculteurs soigneux de leurs animaux et récoltes, de plus en plus partie prenante du principe que l’INRA nommait « de la fourche à la fourchette », et tirant de leur travail (qui est plutôt une vocation tant le temps passé est important) un revenu convenable. Ce revenu est vital pour conserver la liberté indispensable à leur indépendance face aux Industriels de l'agro-alimentaire et aux acheteurs des grandes surfaces.

le covid19 aura mis un grand coup de pied dans la fourmilière des modes de distribution français, en réinventant les circuits courts

Second personnage, le producteur et la productrice, qui la plupart du temps ont créé la chaîne partant du produit, en le valorisant pour en faire le et les mets consommés par le consommateur final : le lait devient yaourts et fromages. L’orge devient bière fermière ; le mouton devient pièces découpées et vendues directement au consommateur, etc…Ca y est : le producteur s'affranchit de la chaîne agro-alimentaire qui le contraignait à des pratiques imposées !

il faut le faire ! et il faut le diffuser dans le monde agricole, tout un programme opiniâtre dans la durée !

avec de la créativité, du soin et de l'intelligence, une cantine peut être gastronomique

Le troisième personnage de ce triangle vertueux est notre Périco, qui a compris depuis toujours que bien manger implique bien produire et bien transformer. On le savait pour le vin, et l’on réalise (enfin) que c’est pareil pour tout ce qui concerne l’alimentation : les porcs sont élevés en plein air, le temps qu’il faut c’est-à-dire six mois, et ensuite sont transformés en saucissons. Si le porc  est bon le saucisson le sera aussi ... à condition qu’il soit bien transformé ! Comme le roquefort est transformé par le penicilium roqueforti, la même moisissure transforme le saucisson en colorant sa peau en bleu. Les bactéries se reproduisent sur le support de bois de pin sur lequel sont accrochés les saucissons, et le temps fait l’essentiel ensuite. C’est tout le contraire d’une production industrielle, où raccourcir les délais de production rapporte plus d’argent, voilà le but des investisseurs.  Alors que si l’on veut bien manger, il faut laisser au produit le temps de devenir goûteux, voilà le but des agriculteurs producteurs primaires.

Duculty Lyon "charcuterie d'émotion"

ce ne sont pas les mêmes acteurs ; ce n’est pas le même objectif !

Perico anime tout cela avec gaieté, mais exigence, un goût sûr, le mot juste, et une éloquence  concise.

ce qui paraitrait anecdotique est un vrai plaidoyer construit : je kiffe !

Me revient à l’esprit la devise de Térence Conran :

Vous le connaissez tous : il a inventé Conran Shop, rue du Bac

« ne demande pas aux gens ce qu’ils veulent, ils ne le savent pas
tant que tu ne leur auras pas proposé »

C’est ainsi que bien manger devient un acte politique

Le (la) politique doit s’emparer de la mission publique d’intérêt général correspondante, le Sénat, issu du terroir, assumant bien cette mission, la chaine Public Sénat étant ainsi passionnante à suivre.

Aux Politiques de proposer à tous des produits alimentaires de goût et de qualité, 
tous ne l’apprécieront pas 
tant que ces mêmes politiques ne leur auront pas proposé

Comment peuvent-ils faire, ces pauvres Parlementaires de qui nous attendons tout ? Par exemple, en imposant aux produits importés les mêmes critères qu’à nos productions nationales !

Et en ne cédant plus depuis vingt ans au moins, aux agriculteurs industriels réclamant une fois de plus un moratoire sur les pesticides, comme viennent de l’obtenir les betteraviers !


manger c’est voter

un titre bien trouvé

sur le balcon de Manufrance St Etienne, tout un symbole


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