lundi 21 février 2022

LIDAR dévoile Lugdunum convenarum

une vue 3D étonnante, que ne va-t-on pas "voir" grâce à LIDAR ...
... si l'on sait ce que l'on cherche !

Avec le temps, tout arrive : je vous ai parlé autrefois de Falerii novi, soeur de Lugdunum, notre Saint Bertrand de Comminges, ville romaine re-découverte grâce aux techniques modernes d'observation par laser. (1)

Eh bien voilà, après les investigations aériennes de février 2021, pile un an après, après les visites sur le terrain d'Audrey Roger, en octobre dernier, (le terrain permet de visualiser ce que découvre LIDAR), une conférence visio (en distanciel) a permis de faire le point des premières découvertes ! Ce n'est heureusement pas terminé. Le "patron" est l'archéologue bien connu à Valcabrère Van Andringa William, et les deux conférencières, les voici citées par Jean-Luc :

Ah oui, la vie est faite de détails, si vous les manquez, vous ratez le coche :

il faut absolument suivre sur facebook les travaux des archéologues

https://www.facebook.com/search/top?q=saint%20bertrand%20comminges%20arch%C3%A9ologie


Le miracle est ainsi que si vous êtes attentif, et suivez le site, vous pouvez cliquer sur gotomeeting (oui, il faut aujourd'hui absolument être anglophile ; bilingue ; vacciné et connecté, y compris si vous faites partie de la "silver-economy" j'y reviendrai plus tard) , et vous trouver, ce qui m'est arrivé, non seulement présent à la cyber-conférence, mais être identifié : je me suis trouvé à gauche pile du Patron, et il m'a autorisé in fine à présenter la modeste requête qui va suivre.

Il se trouve je crois vous l'avoir déjà raconté que votre serviteur appartient à un groupe local d'amateurs (du latin ama, qui aiment...) pluridisciplinaire, majoritaire : séniors, Parisiens (ce qui leur permet des contacts avec le Sommet), ou locaux ce qui ne les a pas empêchés de faire carrière à Paris ce qui est mon cas), chevronnés, anciens Officiers et Militaires ; spéléologues ; Ingénieurs hydrauliciens ; Elus locaux participant aux affaires Toulousaines notamment sous l'autorité  bienveillante de la DRAC, j'y reviendrai... A partir du moment où ces personnages équipés des appareils photos et drones dernier cri (sans oublier les couches d'information géographiques disponibles sur le portail d'IGN) décident d'explorer un domaine, ils réussissent à aller assez loin... sauf naturellement à observer St Bertrand grâce à Lidar ! Ils pratiquent couramment la géologie et constatent qu'à Tibiran, la résurgence romaine, est alimentée par le gouffre de Génerest. Ils constatent que c'est un puits-artificiel-artésien-remblayé, chaque qualificatif compte, où l'eau qui passe dans des failles karstiques a été remontée de 3m, pour atteindre l'altitude pile-poil nécessaire pour alimenter St Bertrand situé plus bas en altitude. Comme ils sont sur place quand il pleut au lieu de regarder la télé ils vont sur le site et photographient la remise en eau naturelle, spectaculaire, un débit évalué à 0,7m/s. Ils s'inquiètent de découvrir le canal bouché par 1m de terre accumulée depuis 2000 ans. Ils observent le site avec leur drone et font des hypothèses sur la voirie antique, et sur les parties aériennes du canal encore très visibles ; les parties souterraines intactes ; et surtout les parties disparues. Les passionnent les réseaux souterrains des canalisations en plomb cachées dans le dépôt de fouilles du Conseil départemental, certaines géoréférencées. Les égoûts dans lesquels ils entrent nuitamment ...puisqu'ils sont accessibles. Ils font l'hypothèse d'un port permettant de transporter les marbres depuis Saint-Béat avec des quais cachés sous les alluvions ; de la rampe inclinée de débarquement des pierres permettant d'escalader la falaise rive gauche de la Garonne ; du gué accédant rive droite ... ils fouillent (du regard toute autre fouille leur est interdite et ils respectent scrupuleusement la Loi) ; ils photographient, communiquent avec les visiteurs d'été réunis dans la petite salle de Valcabrère qu'ils souhaitent convaincre de l'intérêt du site de Lugdunum...et rêvent de communiquer leurs trouvailles aux Professionnels archéologues.

leur propos, si je ne me trompe de vocabulaire, est "l'archéologie expérimentale", voire reconstructrice, pratiquée couramment à quelques kilomètres par les amis du musée d'Aurignac

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arch%C3%A9ologie_exp%C3%A9rimentale

Leur rêve en effet est qu'ayant (comme Lavoisier n'hésitons pas) bâti des hypothèses murement réfléchies, LIDAR et les archéologues pourraient confirmer ou infirmer leurs suppositions pour faire avancer leur sujet : établir pour la première fois les bases du réseau d'eau d'une ville antique, le "comment" cela était calculé et plus tard fonctionnait, confirmant ainsi l'hypothèse que 2000 ans auparavant, les Ingénieurs romains pratiquaient comme nous le faisions dans les années 1970, à l'époque sans ordinateurs, et à la main, pour calculer un réseau d'eau : réseau de surface comme ils existent toujours en Provence notamment ; puis réseau sous pression, les formules de l'écoulement de l'eau étant évidemment différentes, et théoriquement inconnues des Romains.(2)

A vrai dire le rêve est un peu plus concret encore, s'agissant de la résurgence de Tibiran : puisqu'elle fonctionne périodiquement, pourquoi ne fonctionne-t-elle pas en permanence ? J'ai posé autrefois sans résultat la question simpliste : -"où est le robinet romain d'origine" ? Tout seul il était vain d'espérer réussir ! Supposons que cela arrive (il existe des hypothèses de solution), encore faut-il que le canal étant interrompu à l'aval, ne se remette pas à inonder ... les champs alentour, de statut privés est-il besoin de le préciser ! Non ! à la demande du propriétaire, (j'insiste sur le fait que l'ouvrage romain n'est "pas inscrit" ; lui appartient en propre ; et qu'il subit les dommages causés par la résurgence quand elle se met en pression, et rejette les eaux directement en bas puisque le canal est obstrué, abimant les enrochements romains tenant la terre rapportée à l'époque pour remblayer le puits). Pour remédier à ces dommages, quelques mètres du canal (privé au tout début) seraient remis à "vieux fonds vieux bords", une expression qui veut bien dire ce qu'elle veut dire ! Jusqu'au déversoir antique existant, (propriété communale) qui évacuerait les eaux restaurées, pour les rendre 3 m plus bas là où elles rejoignent actuellement la source, puis le moulin. On rêverait qu'à la demande du propriétaire la DRAC autorise ces travaux ... cette année 2022 ! De l'archéologie hydraulique "reconstructrice" ! une première après la fontaine de Philippe... en Arcadie ! (3) Le groupe est tout émoustillé vous le pensez bien : ce serait le second site antique romain à fonctionner à nouveau (4) !

Bon, je bavarde trop, revenons au sujet !

la première partie c'est Catherine Fruchart qui intervient son nom figure en haut et en bas sur les diapositives, merci go to meeting !

J'ai rétréci la liste des initiales des participants, et Catherine nous explique l'avion, le laser, les points et les avantages de LIDAR qui "voit" à travers la végétation : sûr que cela nous intéresse, alors que la végétation chez nous empêche le drone de visualiser à travers feuilles et branches, sans compter qu'il risque de s'y frotter provoquant un accident aérien !




chez soi on peut zoomer, faire une capture d'écran, c'est génial !


la masse d'informations est "milliardesque" : une botte de foin !

je me demande : comment chercher l'aiguille ... dedans : il faut trier

savoir ce que l'on cherche et où, zoomer, puis revenir sur le terrain... parfois (exceptionnellement), creuser ?

deux trous seraient précieux : un dans la piscine Nord, pour voir comment le fonds est étanché (on reboucherait soigneusement après)

un autre dans Aygue-Bère, pour voir si le fonds est étanché (ou pas) (on reboucherait soigneusement après)

autorisations sollicitées  !


J'ai des souvenirs professionnels : Président du "Comité d'Information géographique" du Ministère de l'Agriculture, vous savez ? qui photographie la France agricole et rurale tous les ans, pour y identifier les cultures faisant l'objet des aides de la PAC, avec une précision horlogère, j'avais appris à me servir de Mapinfo au CEMAGREF, avais acquis les photos aériennes des régions françaises m'intéressant, et identifiais ainsi les sites à papillons protégés ! Ceci est une autre histoire dirait Kipling... quoique...!

vous vous rendez compte : 121 dalles LIDAR : 

un trésor caché dedans !

un MNT, un modèle numérique de terrain

le même que j'avais fait acheter pour couvrir toute la Bretagne

(il y a prescription pour tous ces sujets qui visaient à identifier les pollutions bretonnes et éliminer à l'amont les algues vertes ... 

les photos satellites ; aériennes ; le modèle numérique de terrain ; les cartes IGN, la localisation des élevages et de leurs rejets ; un millefeuilles au service de la connaissance scientifique, la reconstitution du relief, la transformation pluie---> débit. Le calcul de la pollution transportée par ordinateur. La simulation des pollutions transportées, rapprochées des prises d'eau potable. La lourde constatation : trop de pollution, comparée à la capacité épuratoire des sols... un petit rejet proche d'une prise d'eau est bien plus grave qu'un rejet très polluant à l'amont, qui s'épure en partie dans le cours d'eau : c'est la gestion de "Bretagne-eau-pure" par ordinateur ... cela date de ... 20 ans...les algues vertes toujours là... qui se sert aujourd'hui de ce modèle développé par l'ENSA de Rennes, alors que la gestion administrative actuelle voit ses limites... : il est imparfait de réglementer la géographie par des circulaires ? ?)



et Audrey Roger fait tomber quelques "images" locales

on voit déjà des surprises sur ce document : comment le "voir" sous un autre angle et y passer quelques minutes ?

notre aqueduc rentre direct dans la route d'accès qui le coupe du théâtre : la citerne n°1 est-elle dessous ?

Audrey a identifié notre canal dès l'amont : formidable, alors qu'il est bouché de terre, on le "voit" sous les feuilles du bois qui le domine !



vous allez voir in fine ma fameuse parcelle 445, (qui est privée), et qui domine l'actuelle source

 ... la clé du mystère ?




le son n'est pas toujours parfait : j'entends mal : que nous montre cette photo ?


-"une canalisation derrière un massif" : comment en savoir davantage ?


Quand le Museum d'Histoire Naturelle de Paris cherche à faire l'inventaire des papillons

(pardon, il faut dire "lépidoptères", le nom est "Noé conservation")

il demande aux amateurs de servir de témoins de terrain

notre groupe local ne demande pas autre chose :

merci Catherine Fruchart ; merci Audrey Roger 

comment vous contacter, pour vous soumettre nos modestes observations

et tester LIDAR pour savoir ce qu'il en dit ?


cette visio était à marquer d'une étoile blanche

pour les amis d'Aquae convenarum

hypothèse : la fontaine romaine couronnant l'as de pique d'Aygues Bère (citerne 2 présumée), couronnée par une pierre morainique glaciaire comme il en existe tant dans le lit du Rioutord, cette pierre réemployée décore la ferme Denis Meliet proche
http://babone5go2.blogspot.com/2020/08/le-jardin-denis-meliet.html

la résurgence : elle coule !



11 décembre 2020, laissant le déversoir romain sec, la résurgence coule où elle peut, affouillant les enrochements romains calant la terre rapportée pour combler les 3m du puits artésien


En rouge, la partie aérienne alimente le théâtre, vers une 1ère citerne présumée (jamais découverte). Un Y mène vers la 2è citerne d'Aygue Bère, elle-même branchée sur les thermes Nord et leur piscine. Les égoûts en bleu des latrines et débordements divers se jettent dans le port sur la Garonne : Lidar montre-t-il les vestiges du barrage (présumé) qui remontait les eaux à l'étiage ?


PS (1)

http://babone5go2.blogspot.com/2021/09/je-reviens-de-falerii-novi-la-soeur-de.html

http://babone5go2.blogspot.com/2021/09/falerii-novi-cartographiee-par-radar.html

PS (2)

le secret de Baillache ? Un rôle de composition : -"j'aurais été hydraulicien romain, comment m'y serai-je pris ?

question pour un champion : quel est le nom de cet appareil destiné à mesurer la pente d'un canal romain ? qui est d'accord pour lever l'aqueduc de Lugdunum cet été 2022 avec l'appareil reconstruit par JLL, barbecue de saucisses offert dans les thermes du Nord, bain dans la piscine toutefois exclu pour raisons de sécurité ? Le groupe renouvelle l'invitation déjà faite en 2020... mais avec des compléments ! 

La formule d'écoulement gravitaire dans les canaux a été établie par Manning (1816-1897), et Strickler (1887-1963), et était forcément
inconnue de mon "modèle" vivant 2000 ans auparavant !

"Mon modèle" ? l'Arlésien Candidus Benignus était Ingénieur hydraulicien romain, mais l'histoire ne nous a pas donné le nom de son Ecole, de Rome peut-être ? Il maniait (il faisait manier par ses esclaves) la chorobate, et leur faisait fabriquer le fameux béton romain, réalisé avec du tuileau concassé. Ses ouvrages ont vaincu les siècles, et restent nombreux dans le Comminges, comme l'alimentation quasi intacte de la Villa de Valentine proche de St Gaudens, et en Catalogne les ouvrages de Tarragone, que l'auteur va visiter avec admiration tous les ans. Les ouvrages d'Arles et surtout le moulin de Barbegal restent cependant uniques dans la romanité : http://babone5go2.blogspot.com/2012/05/barbegal-mill.html

https://babone5go2.blogspot.com/2020/09/nom-quintus-candidus-benignus.html

PS (3) :

http://babone5go2.blogspot.com/2021/08/la-fontaine-de-philippe-plus-ancien.html

PS (4) : Mme Dessales est réputée pour ses recherches à Pompéi. Elle montre en quoi les réseaux d'alimentation en eau, desservant thermes publics, fontaines et domi privées appartenant aux personnages importants sont structurants pour la cité. Elle n'a pas vocation j'imagine à calculer les réseaux de surface ni ceux sous pression de l'époque, pour faire le parallèle avec les réseaux existants de nos jours, et s'étonner de leur similitude, comme des robinets en bronze étonnamment contemporains !.


PS (5) : je promets les liens systématiques vers les observations (illustrées en couleur ce qui n'était pas le cas des premières constatations de Baillache) de ces 11 dernières années : en attendant... quelques pistes...






"le dernier printemps à Tibiran" : 2021 : l'énigme ultime : qu'y a-t-il sous la parcelle confortée de murs romains que montre bien LIDAR au-dessus de la "source" actuelle ? comment fait-on fonctionner durablement la résurgence ?


document ajouté par l'auteur, ne faisait pas partie de la visio 

la surprenante image LIDAR agrandie, prise d'une capture d'écran qui crée le flou
coîncidence, la flèche désignant la source située plus bas désigne en pratique l'orifice dans lequel j'ai plongé autrefois une torche cylindrique, espérant trouver l'endroit du robinet (présumé)
l'ombre noire qui simule le relief désigne également l'étayement artificiel romain de cette curieuse construction, comme si elle était "sous pression" (de 3m de hauteur d'eau)

...souvenirs...

je précise que la captation se situe sur une propriété privée, et que toute pénétration sur les lieux a toujours été précédée de l'accord des propriétaires

quand la berge rive gauche était encore intacte, mais le canal déjà "envasé" de terre


le puits artésien 3m d'élévation, alimenté au fond par une crépine en marbre de 3m de long rejoignant la veine naturelle
un spéléologue rentre dedans, montrant que ce conduit a été créé à l'air libre, puis remblayé

maquette de la captation aujourd'hui terminée par Roland Vidaillet

4 dalles lisses en marbre de 3m de long ... munies de feuillures... alors qu'elles sont submergées donc inaccessibles ?


PS (6) : notre collègue Bertrand Maupoumé, qui résidant sur place est donc Saint Bertrandinois, publie périodiquement le bilan des recensements antiques de la plaine, en signalant les points remarquables au titre desquels, comme militaire, il privilégie légitimement le remarquable Camp de Tranquistan, et tant d'autres vestiges. Nous espérons que la fin de la pandémie va permettre la reprise des conférences de Vacabrère cet été prochain, permettant de faire un point attendu par le public, notamment celui de la Société d'Etudes du Comminges... 

(à suivre)

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