samedi 19 février 2022

Artcurial à Rétromobile 18 mars


 Citroën toujours !

une Charleston de 20.000Km au compteur : pas donnée !


d'abord Rétromobile ouvre à nouveau

ensuite Artcurial organise une très belle vente : R.V 18 mars !




la Laura blue eyes de Johnny, je vous l'ai montrée

mais il y a des dizaines d'autres lots !

des Citroên ; des BM rouges; de jolis coupés Alfa





une voiture de sport créée en 1958 par TVR, moins cher qu'une Deuche ? mignonne, non ?



le clou ?

deux Bugatti sublimes : l'Aérolithe disparue, mais reconstruite ; et la B37 de Dufilho



certes, l'inflation fait son oeuvre, ces modèles de toute façon ne sont plus fabriqués : 

ce sont des morceaux d'histoire !



mon ami Jaap Horst raconte l'histoire étonnante du chef d'oeuvre de Jean Bugatti, exposé en Angleterre, disparu à jamais, mais patiemment reconstruit à l'identique





tout figure dans la notice d'Artcurial

lot 148_935 Bugatti Type 57, carrosserie réplique "Aérolithe"_Titre de circulation américain_En importation temporaire_Châssis n° 57104 

- Modèle mythique, à jamais disparu_- Travail d'un niveau exceptionnel_- Authentique base Bugatti 57_- Certainement la plus belle réplique au Monde 




Au Salon de Paris qui ouvre ses portes le 4 octobre 1935, Bugatti dévoile une des voitures les plus spectaculaires de son époque, voire de tous les temps. Dessinée par Jean Bugatti et dénommée "Type 57 Coupé Spécial", elle présente une forme futuriste inspirée de la vogue Art Déco, dont le long capot se termine sur un habitacle ramassé dont le profilage s'inspire d'un cockpit d'avion. Cette machine énigmatique est basée sur un châssis Type 57, modèle lancé deux ans auparavant et qui donnera naissance aux Bugatti de tourisme les plus abouties, tout en brillant également en compétition avec une victoire aux 24 Heures du Mans. Mais en 1935 nous n'en sommes pas encore là et le Coupé Spécial fait sensation au Salon, si bien qu'il gagne le surnom Aérolithe, synonyme de météorite. Il s'agit d'un prototype non fonctionnel, dépourvu notamment d'indicateurs de direction et d'essuie-glaces, les sorties d'échappements étant simplement fixées sous la carrosserie. La peinture est d'une élégante teinte vert métallisé, ce qui a entraîné le surnom "Crème de menthe" au sein de l'usine. Et surtout sa carrosserie est fabriquée en Elektron, un matériau léger mais très inflammable et difficile à travailler, composé d'un alliage d'aluminium et de magnésium ; comme il ne permet pas les soudures traditionnelles, il impose de passer par le rivetage. L'assemblage des deux demi-coques de la voiture entraîne la présence d'une arête centrale qui, comme une épine dorsale, court le long de la carrosserie : cette fonction technique se transforme alors en un trait de style extrêmement marquant, d'autant qu'il est répété sur toute la longueur des ailes. 



Cet étonnant coupé est ensuite exposé au Salon de Londres et, plusieurs mois plus tard, il est achevé à l'usine et peut prendre la route en toute sécurité, avec les équipements nécessaires. Au cours d'essais effectués en 1936 par Robert Benoist, l'Aérolithe est chronométrée à près de 195 km/h. La voiture se rend à nouveau en Angleterre et fait l'objet d'un essai dans les rues de Londres.

Parallèlement, Bugatti lance une version surbaissée de la Type 57, la 57 S (SC avec compresseur), qui reçoit des carrosseries plus basses que la 57 standard, en aluminium, avec une calandre plus arrondie, en coupe-vent. La version la plus sportive est indiscutablement l'Atlantic, pour laquelle Jean Bugatti s'est de toute évidence inspiré de l'Aérolithe. Par son style et sa grande rareté, l'Atlantic est devenue une voiture de légende dont les trois survivantes font aujourd'hui partie de collections importantes. A l'époque, ces machines plus modernes ont rendu l'Aérolithe obsolète et, en 1939, à la veille de la deuxième Guerre Mondiale, le mystérieux coupé a disparu. Selon certaines rumeurs, il aurait été enterré pour échapper aux réquisitions allemandes, selon d'autres il aurait été cannibalisé pour pièces, Bugatti n'étant pas dans une situation financière très florissante. 

la vente d'avant covid le 8 février 2019, trois ans déjà !

la réplique d' Erik Koux, vendue antérieurement, est plus fluide, avec sa calandre en V










toujours l'arête rivetée

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais en 2008, Christopher Ohrstrom, président du World Monuments Fund et David Grainger, spécialiste de la restauration, se sont mis en tête de fabriquer une réplique du coupé Aérolithe disparu, aussi fidèle que possible à l'original. Ils ont commencé par chercher un châssis qui se rapproche de celui (n°57103) qui aurait été celui de l'Aérolithe et ont trouvé le n°57104, un des plus anciens dans la série, doté de son moteur, de sa transmission et d'une partie de ses trains roulants. Pour la carrosserie, ils ont analysé à l'ordinateur toutes les photos dont ils disposaient pour reconstituer les dimensions les plus exactes possibles de la voiture, avec tous ses détails de fabrication, y compris la position des rivets sur l'arête centrale et le dessin des pneus à flancs blancs. A l'aide de gabarits, la carrosserie a été ensuite formée en Elektron, processus particulièrement difficile avec ce matériau délicat. L'intérieur a été recréé, avec sa planche de bord en bois et ses sièges tubulaires habillés de cuir. 


Impressionnant de fidélité, le résultat a fait l'objet des qualificatifs les plus flatteurs lors de sa présentation dans la presse spécialisée et a remporté en 2013 le prix de l'International Historical Car of the Year du magazine Octane. Ce nouveau coupé Aérolithe a fait partie d'importantes expositions sur le style dans plusieurs musées américains (à Atlanta, Raleigh, Indianapolis, Portland) et a été présenté au rassemblement de The Quail, à Carmel, en Californie. Au Concours d'Elégance d'Amelia Island, il a reçu le "North Trophy for Best Coachwork", et à celui de Cobble Beach, les "Best in Show & Peoples' Choice Awards" lui ont été décernés. Jay Leno, le célèbre présentateur américain, collectionneur et passionné d'automobiles, a même réalisé une émission complète sur cette œuvre d'art, avec essai roulant. 

Réalisation hors du commun, cette Aérolithe témoigne d'un savoir-faire exceptionnel en matière de reconstitution de carrosserie, dans un remarquable esprit de recherche de fidélité. Elle permet d'admirer grandeur nature et en mouvement une des voitures les plus mythiques de l'histoire, à jamais disparue.

Il s'agit ici certainement du plus beau travail de l'histoire pour ressusciter une œuvre d'art, une automobile devenue une légende, un mystère. La qualité d'exécution, le travail réalisé sont exceptionnels, époustouflant de beauté dans les moindres détails.

Attention ! il faut s'habituer à la conduite à droite, et surtout, importer le véhicule depuis ? ? on ne dit pas ! Finalement, le plus simple est que l'acheteur américain le prenne là où il se trouve, et économise ainsi la taxe d'importation et de transport pour la France ?

 un lot de consolation ?

j'ai peur qu'il faille plus qu'un sacré lustrage : un re-chromage ?



il aurait fallu requérir Carglass pour réparer le miroir ?

émouvante cette photo du Gers


plus émouvant encore, on dirait notre ferme de Bézuès-Bajon !

c'est même étonnamment frappant, il y a même le Ferguson !



C'est en 1957 que Jean Dufilho, âgé alors de 43 ans, remarque dans la cour de l'Atelier Bugatti d'Hauswald, une Bugatti type 37 (châssis 37211 et moteur 114) en mauvais état. C'est l'une des trois 37 livrées en octobre 1926, exposée dans le hall d'exposition Bugatti de l'avenue Montaigne à Paris. Ne sachant plus qu'en faire, l'ancien propriétaire Mr Balanche, sculpteur à Meudon, l'a faite reprendre par l'Atelier Bugatti. C'est le coup de foudre et Dufilho, fou de Bugatti, achète sa sixième Bugatti. Ce sera " SA " Bugatti qu'il personnalisera, comme cela se faisait dans les années 1930 avec les Hispano-Suiza d'André Dubonnet, les Voisin de Robert Delaunay et plus récemment avec les Ferrari de Gianni Agnelli, c'est-à-dire avec une carrosserie spéciale, une mécanique améliorée ou un habitacle personnalisé.

La restauration s'étalera sur 10 ans, de 1958 à 1968, avec des travaux réalisés au rythme des cachets des films et pièces de théâtre de Dufilho. La voiture sera entièrement démontée, avec le contrôle du châssis et l'alignement des éléments mécaniques au "cordon de soie" comme il aimait dire. Je passe sur les détails que cite abondamment la notice d'Artcurial : avec l'augmentation de la cylindrée, la puissance devait avoisiner les 100cv à 5000tr/mn. En 1965 lors des premiers essais, l'artiste déclarait rouler à 200km/h ! Jacques Dufilho, qui connaissait bien la famille Bugatti s'est vu offrir le bouchon de radiateur par Lydia Bugatti.

je confirme : il faut le re-chromer !

Pour terminer " SA " Bugatti 37A Spéciale, Jacques Dufilho est finalement contraint de se séparer de sa Bugatti 57 Stelvio. Dans les années suivantes, lorsqu'il se trouve dans sa ferme de Ponsampère dans le Gers, il utilise presque quotidiennement sa Bugatti 37A, toujours rigoureusement entretenue par Raymond Lemayeux qui s'y déplaçait spécialement chaque année. Christian Huet, l'expert de longue date de cette Bugatti, était également souvent présent. Lors de ces rencontres, ponctuées d'un très agréable et tardif dîner, était décidé le programme des travaux nécessaires à son entretien, entrecoupé de longues histoires sur Bugatti.

En 1981, les arriérés d'impôts s'accumulent et Jacques Dufilho demande à Christian Huet de vendre sa Bugatti personnalisée. Elle le sera effectivement le 18 avril 1982 lors d'une vente aux enchères à Fontainebleau, après avoir bénéficié d'une grande révision par Raymond Lemayeux dans le garage Bourbon.

La Bugatti 37211 est alors achetée par un grand collectionneur parisien, pour son épouse. Après quelques temps, le mécanicien de ce collectionneur remplace le bloc cylindres de 49 par un neuf de 37 de 1496cm3, réalisé à la demande du club Bugatti GB. Pour améliorer le refroidissement, un radiateur est dissimulé dans la pointe arrière. La dernière sortie de 37211 est le Rallye des Amis des Grandes Marques en 1987. Depuis, l'occasion d'utiliser cette Bugatti ne s'est pas présentée et elle a sommeillé pendant 30 ans sans être utilisée. Elle a ensuite été cédée à un autre collectionneur dont le bonheur était plus de contempler sa beauté intrinsèque que d'être à son volant. Le futur propriétaire aura donc le plaisir de la remettre en route (moteur non bloqué) et de faire revivre cette unique Bugatti en participant à des rallyes et manifestations Bugatti.

voyez, il fallait lire jusqu'au bout, pour confirmer qu'une révision de fond allait être nécessaire !

 

dix ans qu'il est disparu, inhumé à 32323  Ponsampère


lors des ventes aux enchères

on achète des pages d'histoire

ici c'est d'automobile !

il faudrait calculer comment on évolué les prix de la baguette de pain ; 

de la 2CV ; 

... et d'une boulangerie !




PS : j'ai publié des tas de billets sur les Atlantic : entre autres:

https://babone5go2.blogspot.com/2016/08/atlantic-for-sale-2.html

https://babone5go2.blogspot.com/2021/05/latlantic-de-cbug-au-18e.html

https://babone5go2.blogspot.com/2016/08/hommage-scotty-wilson-bugatti-100p.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire