lundi 19 octobre 2020

J'étais à la messe de Saint-Bertrand !


J’ai eu un pressentiment hier matin, dimanche 18 octobre : je n'avais pas pris garde au journal, pourtant il fallait absolument que je me rende à Saint-Bertrand … pour la fête de Bertrand justement, à la messe de 11 heures ! Voilà 897 ans qu’il est mort, puis sanctifié, on ne l’a pas oublié ici au Mont-saint-Michel-des-Terres, dans trois ans pile ce sera le 900ème anniversaire, j’espère en être !

Le Chanoine Marcel Baurier bon-pied bon-oeil que le Seigneur l'ait en sa sainte garde

Et c’est son successeur, Robert Le Gall, qui dit la messe ! Naturellement, j’arrive en retard, et suis surpris de la quantité des voitures déjà stationnées : plus une place devant le parvis, presque plus dans le parking où je trouve la dernière, qui sera immédiatement prise à mon départ. A l’intérieur des stalles de Jean de Mauléon, tout est occupé, je me serais bien assis sur le trône de David, quelqu’un y est déjà ! Une paroissienne zélée et masquée de noir consciente de mon désarroi me conduira côté Nord, pas loin de l’équerre au sol, mais face à la porte ouverte qui donne sur le chœur : du coup (merci Bertrand), je serai face à Monseigneur l’Archevêque, et pourrai boire son homélie ... en prenant des notes :



les grilles des reliques grande-ouvertes

Il succède à Bertrand ; à Jean de Mauléon, et à quelques autres prestigieux évêques de saint-Bertrand dont deux devenus Papes. Il cite justement le Pape François et son homologue bénédictin Adrien Candiard, qui vient de publier : « Du fanatisme. Quand la religion est malade ». On pense tous à Samuel Paty, à qui un fanatique islamiste commandité par un parent d’élève meurtrier a infligé la peine de mort par décapitation. Terrible : un cran de plus vient d'être franchi contre la République : il va cette fois falloir vraiment réagir.... ! . PS1_PS4

Vous savez (merci toujours wiki) que Robert Le Gall est né le 26 février 1946 à Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche), et qu’il est prélat et liturgiste catholique, abbé de l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan de 1983 à 2001, puis évêque de Mende de 2001 à 2006 et archevêque de Toulouse, Saint Bertrand de Comminges et Rieux depuis 2006. Voyez, il cumule trois anciens diocèses !

Moine bénédictin, Robert Le Gall a suivi ses études de philosophie et de théologie dans les abbayes de Sainte-Anne de Kergonan et de Solesmes. Il a obtenu sa licence en théologie dogmatique à l'université de Fribourg et a complété sa formation par des études bibliques en Israël. Il est Chevalier de la Légion d'honneur (13 juillet 2004)

J’arrête là. Dans le chœur, côté Sud, les Chevaliers du saint Sépulcre ont une sacrée allure avec leurs capes blanches sur lesquelles est dessinée l’immense croix rouge. Leur devise depuis la création par le Pape de leur ordre, inspiré des croisades, en 1847 : Deus io vult, "Dieu le veut". Des scouts avec drapeau montent la garde, mais le successeur de Bertrand a pris garde de ne pas s’installer dans le trône que se réservait Jean de Mauléon, celui dont le dos représente Bertrand, entouré des deux Jean : Baptiste et l’Evangéliste. Je distingue bien les trois sièges vides de là où m’a placé la guide.




De retour à la maison, nez sur l’écran, je trouverai facilement le livre d’Adrien Candiard (PS1). Et comme l’Archevêque a cité la récente lettre 261 du Pape Franciscus, publiée début du mois, je m’y réfère, car elle parle explicitement de la période de trouble où nous sommes : à côté des injonctions réglementaires du Président et de son Gouvernement, il faut des prises de position morales, permettant aux citoyens d’adhérer à des valeurs communes, qui ne soient pas le fanatisme religieux, mais impliquent la bienveillance, et le respect de ce que représentent : liberté, égalité et fraternité.

Je cite quelques extraits pour vous en PS2

comme on a tous en tête le meurtre de Samuel Paty, je joins en PS4 le livre de Bernard Rougier

les Territoires conquis de l'Islamisme

espérons que pour un moment, le Comminges reste préservé !

 

PS (1) : Le livre d’Adrien Candiard

Voici le thème et je cite La Croix : « Il existe mille façons d’esquiver la question complexe, douloureuse même pour un croyant, de la violence commise au nom de Dieu». Invité début janvier à donner une conférence chez ses frères dominicains de Lyon, le frère Adrien Candiard a au contraire choisi de s’y confronter : ce petit livre offre une version enrichie du texte de sa réflexion.

Il n’est, certes, pas le seul à reconnaître une certaine « urgence » au sujet : les journaux, y compris La Croix, sont les témoins plus que réguliers des exactions commises aux quatre coins de la planète par des croyants dévoués, ou qui du moins se considèrent comme tels. Mais ce jeune dominicain, déjà auteur du précieux Comprendre l’islam. Ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien (Flammarion, 2016) et de la pièce Pierre et Mohamed (Cerf et Tallandier, 2018), a le mérite de tenter d’en cerner les contours, les racines, les motivations. Acceptant même, pour une fois, de faire dialoguer en lui « le religieux et l’islamologue ».

Pour entamer sa réflexion, Adrien Candiard se met à l’écoute des discours contemporains sur le sujet, sur ces « fous de Dieu » dont le procès des assassins de Charlie Hebdo nous offre ces jours-ci un glaçant témoignage. Pas à pas, il remonte le fil de ces qualificatifs puisés dans le registre médical, voire psychiatrique : une approche utile, à ses yeux, mais insuffisante.

 « Le comportement fanatique n’est pas seulement le produit de traumas psychologiques ou de la relégation sociale : le fanatisme est aussi le fruit, parfois assez direct, de certaines théologies, de certaines conceptions de Dieu et de notre capacité à le connaître », affirme-t-il, laissant la place au croyant et au théologien en lui pour ouvrir une autre piste : celle de l’« idolâtrie ».

Remettre Dieu à sa place

« Le fanatisme n’est pas la conséquence d’une présence excessive de Dieu mais au contraire la marque de son absence », avance le dominicain. « La place laissée vide par cette absence n’est pas laissée vacante bien longtemps : elle est vite occupée par autre chose. » Selon leur religion (ou le courant à l’intérieur de celle-ci), certains remplaceront Dieu par ses « commandements », sa « Loi ». D’autres par des versets bibliques, par la liturgie, d’autres encore par des figures charismatiques érigées en « saints », une confusion dont « nous connaissons désormais les conséquences terrifiantes », écrit Adrien Candiard.

À chacun de trouver le moyen – accompagnement spirituel, formation théologique, prière, dialogue interreligieux – de remettre Dieu à la place qui lui revient, et à lui seul. La dédicace de ce petit livre – adressée aux membres chrétiens et musulmans du groupe Théologie en dialogue – dit magnifiquement ce que nous pouvons gagner à faire ce chemin à plusieurs.

PS 2

Le latin reste la langue universelle (ah oui, je fais erreur, c’est l’Anglais !) et le pape François signe Franciscus :

Voici quelques titres, mais vous pouvez lire la lettre 261 en entier : le titre ?

Fratelli tutti !

A tous les frères !






http://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html


PS 3 : c'était l'an passé, le covid n'était pas inventé, et Tractomania suivait... avant d'être annulé cette année ! Et puis nous avions rencontré le Père Baurier avec Antoine à l'Epiphanie



nous sommes Dimanche, la gendarmerie est fermée, mais les dahlias sont tellement somptueux



PS 4 : à lire, le bouquin de Bernard Rougier, professeur à la Sorbonne, qui décrit l'enchainement construit qui a conduit au meurtre de Samuel Paty : un stade de plus a été franchi, je pense aux profs où qu'ils soient !



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