vendredi 16 octobre 2020

Première conférence (masquée) de la SEC

le Secrétaire général présente le conférencier qui s'est placé au fond pour mieux voir l'écran


... avec l'intervention (masquée) de René Souriac, notre conférencier déjà auteur (que le temps passe vite) de l'Histoire du Comminges ... dans l'Histoire tout court. La salle de la médiathèque étant prise par les musiciens (masqués, de l'école de musique, on espère l'absence de tout futur cluster), nous avons du nous réfugier dans la petite salle (déjà grande) du Parc des expositions où il est plus facile d'observer la distanciation physique. Comme tous les participants sont des séniors, ils sont masqués, nous sommes tous attentifs (derrière nos lunettes embuées) !

le mot clé est "Théologie du salut", c'est de circonstance !

Je suis sensé connaitre le sujet à fond, et suis quand-même venu, pour le conférencier, et parce que l'on en apprend toujours, je ne vais pas vous répéter la conférence, il suffit de lire le livre (PJ3). Mais voilà que René Souriac abordant la Renaissance se met à décrire la cathédrale de Saint-Bertrand, donc je lève l'oreille (en ôtant subrepticement l'élastique qui me tire à tort l'oreille droite obstruant le son).

le sous-titre de mon titre pourrait être : 

les deux prières de Jean de Mauléon


Je vous ai déjà (presque) tout raconté (PJ2) : Jean de Mauléon à l'entrée à droite du Jubé a son trône de Premier des Chanoines, qu'il cumule avec le trône plus majestueux encore d'Evêque du diocèse de Saint-Bertrand, qui inclut le Val d'Aran et reprend les limites du territoire des Convènes vaincus par Pompée créant Lugdunum convenarum. 

Dans le dos de sa stalle, Jean s'est fait installer le bas-relief de saint Jean l'Evangéliste dont il partage le prénom

sur son pupitre, il a fait installer une prière, sur un livre de bois ouvert montrant deux pages


La page de droite a été particulièrement burinée par des révolutionnaires, s'acharnant d'abord sur le nom de  Un Dieu, à la première ligne, (Dieu est remplacé par le Peuple-souverain, on le voit bien puisque cela dure encore), pire Un Roy à la seconde ligne, est devenu invisible, après l'exécution de Louis le 16ème...

... ce qui ne manque pas de sel quand Jean-Pierre Jouyet raconte, dans L'envers du décor, que la République actuelle n'est gouvernée au plus que par quatre Hommes dont le Président (successeur du Roy) ... entouré d'un simple tiercé, on ne dira aucun nom ... bref ... ! 

voici la traduction, après décryptage rétablissant le texte :


à droite cela donne


Ce texte émouvant par le souvenir des valeurs passées, me rappelle la devise de la Chevalerie :

"A Dieu mon âme ; mon corps au Roi ; mon coeur à ma Dame ; et mon honneur à moi"


On voit que le terme : Une Loi a été conservé, il fallait effacer Dieu et le Roy, voilà qui est fait.

Mais René Souriac ajoute son interprétation du volet gauche, beaucoup plus difficile pour le lecteur contemporain : 

Je vous livre la traduction officielle, qui fait allusion à Charles-Quint et nous ramène aux guerres de Religion, opposant protestants et catholiques. Ici dans le Comminges nous sommes (enfin nous étions) catholiques, en tout cas c'était le cas de Jean de Mauléon

Oui tout est écrit en Latin, et en acronymes, pas facile, encore moins de traduire en Français d'aujourd'hui :


Grosso modo Jean se réjouit que Charles Quint (qui veut dire Cinq), ait battu les réformés donc les protestants en Allemagne, pour la victoire finale de Dieu ... préférant les Catholiques !

Le plus triste dans notre affaire, est qu'un "Révolutionnaire d'aujourd'hui" (plusieurs partis en France prônent le retour à la Révolution) a décollé la page de droite du livre de prières ornant le siège du Premier Chanoine de Saint-Bertrand, laissant l'emplacement vide !

On ignore qui c'est bien évidemment, et on s'interroge :

Ce livre a été photographié moultes fois ce qui explique la photo du début, reprise dans l'excellent livre sur St Bertrand, illustré par Michel Escourbiac, que grâces lui soient rendues ! Nous sommes sur les lieux par un beau jour de juillet de cette année 2020 (comme le temps passe vite) et deux visiteuses (déjà masquées) observent le manège d'un preux Chevalier moderne :


armé d'un pied à coulisse, il mesure l'épaisseur ; et les dimensions de la page manquante...


est-il possible aujourd'hui de réparer le dommage d'un révolutionnaire anonyme

et de restaurer la prière du successeur 

de saint Bertrand de Comminges ?

(c'est peut-être possible techniquement, mais est-ce autorisé juridiquement ?)

PS 1 : La conclusion de René Souriac est d'une actualité étonnante : au XVIè siècle, voilà l'état des forces, dans la représentation française :


Il y a en présence le Roi, avec Gouverneurs, Conseils et Finances. Il y a la Justice. Et puis la Loi. Et de nombreuses représentations du Peuple, comme les Consulats, Etats, Chatelleries ...

La question : cette représentation après tout n'était-elle pas plus pertinente et forte à l'époque, qu'elle l'est devenue aujourd'hui, même après les Lois de décentralisation, la réforme des Régions, les regroupements communaux etc ... qui laissent le territoire local souvent démuni, face à la prégnance du Pouvoir jacobin central ?


PS 2 : quelques souvenirs de Jean de Mauléon :

http://babone5go2.blogspot.com/2019/10/lappel-de-saint-bertrand.html

http://babone5go2.blogspot.com/2019/12/les-deux-jean-de-st-bertrand-2.html

PS 3 : pour vos cadeaux de Noêl :


René Souriac a sa page wiki :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Souriac

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