mercredi 21 octobre 2020

Abraham de Boualem Sansal

Je suis une fois de plus dans la cathédrale de bois incluse dans la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges. Il faut bien une boussole pour s’orienter dans ce lieu initiatique. La nef rectangulaire (on doit dire : double carré) aboutit au chœur semi-circulaire : c’est le cercle représentant le Ciel, (la Jérusalem céleste) où n’entrent que les cœurs purs, autorisés à ouvrir la barrière délimitant l'espace réservé aux profanes. A l’entrée, à l’Ouest, les stalles si confuses quand on n’a pas mis l’ordre dans son esprit, commencent au Sud par Moîse. Moîse on  le reconnait car il présente main gauche dessous, main droite dessus, les tables de la Loi. Pile en face au Nord donc, son pendant est Abraham. Il est vêtu en soldat oriental portant un turban. Il est armé d'un long cimeterre, cette arme terrible ... couteau sacrificiel...qui peut servir ... à décapiter ! D'ailleurs son pied gauche foule un crâne humain. Devant à ses pieds son fils Isaac sur le chemin de l'holocauste ordonné par Dieu, préfigure le Christ des Chrétiens... un contenu dense dans un simple bas-relief de bois, vieux de près de cinq siècles ! 

Dans la Torah israélite, Dieu conclut et réactualise l'Alliance avec différents prophètes : après le Déluge, avec Noé, le pays de Canaan est promis à Abraham, puis à son fils Isaac ... puis à son fils Jacob ; puis après l’épisode du buisson ardent à Moïse, qui reçoit le décalogue, les dix Commandements ... "tu ne tueras point" ! Voilà bien nos deux prophètes en place, eux qui parlaient directement à Dieu. Dans le Christianisme, cette première Alliance est suivie d’une seconde, décrite dans le nouveau Testament. Dans l'islam, la notion d'alliance est présente avec force dans le Coran et dans les hadiths, mais elle est contractée avec l'Homme, Fils d’Adam. Avec l'humanité donc. Samuel Paty était l'un d'entre nous, on comprend l'effroi des vrais musulmans de le voir châtié comme un martyr. Peut-être prend-on enfin conscience de l'horreur du crime de Salomé faisant elle aussi décapiter Jean Baptiste. Je n'entends personne interpréter ce que signifie le crime par la décapitation : c'est un châtiment très particulier, plein de signification, que le jeune Tchétchène a perpétré à dessein...! (PS1)

Abraham me fait penser au livre de Boualem Sansal, naturellement, 

dont le jugement sur le meurtre de Samuel Paty m’interpelle :

 «La parole de Dieu est une, elle tourne inlassablement dans l’univers, d’un infini à l’autre, créant vie et mouvement, mais l’homme, cette glaise imparfaite, entend mal, il faut tout lui répéter, encore et encore. C’est la mission des prophètes et leur liste ne sera jamais close. C’est ce que je comprenais de mes précepteurs.»

"En 1916, alors que le premier conflit mondial s’étend au Moyen-Orient, Terah, un vieux patriarche chaldéen, ayant compris que son fils Abram est la réincarnation d’Abraham, le charge de conduire la tribu vers la Terre promise, comme jadis son ancêtre de la Genèse. Au terme de ce long périple, Abram parviendra-t-il à fonder la cinquième Alliance, susceptible de guider les hommes et d’apaiser leurs maux ?

"En ces temps de retour angoissé aux questionnements religieux, Boualem Sansal est de ces écrivains qui accompagnent les élans spirituels et illustrent leurs dérives. En actualisant l’histoire ancienne de la Genèse dans le but d’éclairer nos temps obscurs, il nous offre ici une parabole sur la puissance et les faiblesses de la pensée religieuse.

Je consulte son blog, qu’il a créé après mûre réflexion pour délivrer son message d’Algérien, de lanceur d'alerte amoureux de la France, voulant nous met en garde :

https://artofuss.blog/a-propos/






https://artofuss.blog/a-propos/


à la Sorbonne, (2) ce soir, le Président va devoir une fois encore convaincre les professeurs qu'il est le

 Chef protecteur 

je lui souhaite l'inspiration à la hauteur des circonstances

il nous faut défendre qui nous sommes au pays des Droits de l'Homme

PS : ce serait dommage de ne pas profiter du couvre-feu pour lire,

... en faisant vivre les libraires :



L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Mais un homme, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur un peuple de renégats qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion. Au fil d'un récit plein d'inventions cocasses ou inquiétantes, Boualem Sansal s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux.



PS (1) : la cathédrale d'Amiens détient le triste privilège de montrer le crâne de Jean Baptiste

http://babone5go2.blogspot.com/2019/12/le-crane-de-jean-baptiste-amiens.html

je sais que personne n'a envie de voir cela, et pourtant

même en argent, cette cruauté est insupportable...


à Gand une scène semblable

PS (2) mon copain René publie simultanément l'histoire de Robert de Sorbon, je saisis l'occasion de dupliquer son billet :

Robert de Sorbon est le fondateur au treizième siècle de la Sorbonne, établissement créé pour les étudiants pauvres, afin qu’ils ne soient pas en prise avec les difficultés matérielles que lui-même avait connues.

Théologien, il avait mis en place une collégiale de sociétaires qui ne comportait ni Supérieur, ni Principal, et qui prenait ses décisions en votant ... avec  des haricots…!

Les sociétaires se réunissaient dans la salle du chapitre de l’université pour le vote d’approbation des propositions.

Les votants ou « vocaux » avaient ainsi « voix au chapitre » en mettant un haricot blanc (positif) ou noir (négatif) dans l’urne votale ou capse qui masquait la main du votant lors du lâcher de haricot.

Ce vote secret binaire, toujours pratiqué par les confréries religieuses ou maçonniques remonte en faits à l’antiquité…

Il peut être majoritaire, pondéré ou éliminatoire.

- Majoritaire : un seul haricot est déposé par chaque votant, et une majorité de haricots noirs désapprouvera la proposition.

- Pondérée : majoritaire, mais avec trois haricots au choix déposés par chaque votant , une majorité de haricots blancs approuvera la proposition.

- Eliminatoire : un seul haricot est déposé…, mais trois haricots noirs suffiront à désapprouver la proposition.

Le vote éliminatoire souvent utilisé pour l’adoption d’un nouveau membre de la communauté, était aussi utilisé par les juges au temps d’Aristote pour décider du sort d’un accusé.

Certaines confréries utilisent des boules à la place des haricots…, et en cas de vote éliminatoire par 3 boules noires, l’impétrant est alors réputé :

« BLACKBOULÉ ».


PS (3) dernière minute : Marianne  publie ce jour même cette première page

j'ajoute ce dessin à 19h44, après l'avoir découvert dans Cdansl'air sur la 5



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