dimanche 20 octobre 2019

L'appel de Saint-Bertrand


Voilà ce qui se passe : je ne puis assister à la messe solennelle de la Fête de Saint-Bertrand, pourtant présidée par son représentant actuel, Mgr Robert Le Gall, dont le nom Breton sonne si joliment à l'oreille. Figurez-vous que Bertrand m'est apparu (en songe) il y a quelques nuits, et m'a envoyé faire une nouvelle visite sur place, avec ce joli soleil d'automne. Entré aux Olivetains, le rayon livres m'attire. J'avais déjà repéré la pile du bouquin décrivant les stalles de St-Bertrand. Le diable, qui dans les stalles succombe sous les coups de l'Archange Saint-Michel, fait son boulot : il me tente... je succombe à la tentation ! Je m'achète le bouquin ... étiqueté ... 450 Francs... sans lequel on ne peut rien comprendre : 

va savoir pourquoi, 

il me fallait les prières de Jean de Mauléon ?


elles sont dedans, page 78, il faut dire que ce bouquin est une merveille, vous allez voir !

vous prenez l'entrée au fond, c'est le premier siège en entrant à droite, donc ici à gauche
le trône de l'évêque est à gauche de la photo













Quand on entre aujourd'hui dans les stalles, on n'entre pas à l'Ouest comme à l'origine, là où siégeait notre Jean de Mauléon, qui comme mécène (et premier des chanoines), s'était réservé deux places : la première, en entrant à droite, par le jubé. Le Dimanche les paroissiens sont autorisés à s'asseoir dans les stalles, et ils entrent bien par l'Ouest. Le premier siège à droite, c'est celui de Jean (de Mauléon), dans l'axe, avec représenté derrière au-dessus : Jean forcément, l'autre Jean, son homonyme, Jean l'Evangéliste, reconnaissable par son aigle.



la devise : Omnis Amor Tecum, ou OAT, 
 Je m'asseois (précautionneusement) à la place de Jean, qui avait fait poser devant lui cette prière, "la prière de Jean". Un énergumène (je n'ose imaginer que ce pourrait être "une") a vandalisé le pupitre, en volant la page de doite :


De toute manière, j'ignore comment décrypter la page gauche !

Voilà où notre livre, commercialisé par le Conseil départemental, est on ne peut plus précieux, c'est que le photographe Michel Escourbiac (bravo à lui qui a passé des heures sur place avec un éclairage dont je ne dispose pas) a pu être le témoin du moment où la prière était complète :


on apprécie la différence de luminosité, la précision, il s'agit de la sculpture d'un missel ouvert. 

Cette première difficulté surmontée, reste à déchiffrer, 

cet acronyme d'abord, latin ensuite, ésotérique enfin !


Premier stade, nous ne sommes pas très avancés !

certes on lit : Dominus ; Karolus, qui va se révéler être Charles Quint...Tout bien de Dieu, Jésus Maria...

Second stade, l'acronyme se dévoile :

j'ai coupé les extrêmités pour vous conduire à acheter le bouquin !
Troisième stade : traduction :

vous allez voir, ça n'explique pas tout...de loin ! ...

en pratique ce n'est pas si simple, il faut vraiment bosser pour se mettre dans le contexte

on retrouve la devise O.A.T dans le parvis Nord


Je vous ai parlé de la première place réservée à Jean de Mauléon premier chanoine. Mais il était aussi évêque, et en tant que tel, justifiait d'une seconde place encore plus solennelle, dans le choeur, où il accédait par cette porte, en empruntant le parvis aujourd'hui payant au Sud, parvis qui mène au cloitre.



dans une chapelle latérale, cette peinture avec la Cathédrale et le fameux crocodile, aux pieds de Bertrand
il est Saint comme le montre son auréole


à gauche, la place de l'évêque, la Vierge (à laquelle est consacrée la cathédrale) étant forcément sa voisine à sa gauche, puis Jonas (et la baleine dentée)...et puis...et puis...rien n'est du au hasard...
derrière l'évêque à gauche forcément St Bertrand, mais à côté re-voilà l'homonyme Jean l'Evangéliste, jambe dénudée !
en bas au milieu, l'emblème de Jean de Mauléon, le lion-mauvais, "fais gaffe au lion" 
... par terre vous remarquez le pavé-mosaïque...



Les figures des stalles sont ainsi conçues pour être vues depuis les deux places d'honneur, par exemple le côté Sud-Ouest qui commence par Bertrand, à vrai dire il est partout ; la cathédrale est consacré à Marie, mais Bertrand (dont la cote était énorme à l'époque), lui vole la vedette !



Et en face du trône de l'évêque, il voit Saint-Michel, (à qui manque la lance tenue de la main droite, et dont l'extrêmité s'enfonçait dans la bouche du malin). St-Michel a la jambe gauche dénudée, que tient l'ange déchu, résistant comme il peut au coup qui le frappe.







































Quant à la roue de la fortune que je vous ai montrée la dernière fois, elle trouve son explication dans le livre :



j'en trouve une autre version dans le parvis Nord


Je me suis amusé à poursuivre l'examen détaillé des vitraux : je vous laisse faire les commentaires vous-mêmes, mais c'est trop comme allusions
(j'utilise le langage des oiseaux contemporains, familier aux banlieues)





là je vous souffle : le phare d'Alexandrie ? la route de l'Egypte, dont le crocodile est originaire ?


du sol au plafond, on retrouve O.A.T, et le lion de Mau-léon...
il y a partout aussi les initiales EN, mais je dois bien en garder pour une prochaine fois !


bonne fête Bertrand !





la main droite de Bertrand bénit les pénitents
je n'ai trouvé nulle part (encore) la description exhaustive des vitraux
il parait que l'un d'eux montre Jean de Mauléon en prières...!
c'est loin d'être terminé !

il y a Saint-Sébastien retrouvé à Ganties...

... et puis Saint-Roch et son chien...d'où l'expression "roquet" ...

... et puis ...et puis ...





que tous ces prélats reposent en paix !



PS : ... on peut revenir en arrière :

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