lundi 7 octobre 2019

La Burra, à Terrassa




Je suis fan de machines à vapeur. Vous me direz qu’il s’agit d’une technologie dépassée, on nage dans le XIXè, je le reconnais, mais il s’agit de mécanismes tellement fascinants ! Il en restait d’intactes en Camargue, pour actionner les premières pompes d’irrigation, mais elles étaient assez petites. Le must, ce sont les machines utilisées par les grandes industries, textiles par exemple, où elles constituaient le cœur de l’usine… bien avant l’électricité. Des comme celles-là, je n’en connais pas visibles par le particulier que je suis en France… peut-être dans le Nord ?


Son nom ? "la burra", l'âne ! je trouve le surnom un peu désobligeant : je préfèrerais 
"la mule" :
elle faisait tout le boulot !




Eh bien, le museu de la Ciència i de la Tècnica de Catalunya de Terrassa en  possède une intacte, état neuf, el cor de la fàbrica, ja que accionava tota la màquinaria de la nau ! Le propriétaire de l’usine de textile fondée en 1909 en était tellement fier qu’il avait créé une salle rien que pour elle, magnifiquement carrelée de haut en bas, éclairée de hublots en fonte, permettant d’inspecter sans se brûler la chaudière de l’autre côté du mur : la salle abritant la chaudière, était forcément sale à cause du charbon et de la suie, suffocante l’été, pensez au pauvre hère obligé de l’alimenter à la main toute la journée ! 

Le moteur logé dans son palais perso faisait tourner un énorme volant, traversant le plancher carrelé, actionnant une poulie haut sur le mur, dont la courroie traversant la cloison faisait elle-même tourner tout un train de grosses roues à rayons comme des bicyclettes géantes, elles-mêmes faisant tourner des axes longitudinaux traversant toute l’usine. Ces axes portaient des petites poulies qui actionnaient les machines alignées dessous. Attention, il n’y avait pas de bouton poussoir rouge, pour arrêter cette machinerie en cas d’accident : attention aux dames qui n’avaient pas rangé leurs cheveux longs dans un châle protecteur : leurs cheveux, puis leurs têtes risquaient d’être entortillées autour des arbres … drames affreux du travail en perspective !


































Les Catalans, dont Pau Casals disait qu’ils méritaient d’être considérés comme une Nation, avait bien raison : on apprend qu’ils ont tout inventé : l’avion, la machine à vapeur, la voiture, l’inventaire botanique de la Catalogne, les forges …catalanes… et même les sheds, (on doit dire volta catalana) destinés à éclairer les usines, comme celle de Terrassa, exemple fabuleux d’architecture technique réussie …









Il faut ajouter plusieurs appareils médicaux, et quand on nous présente (bouquet final) l’appareil reproducteur humain, on réalise qu’après tout, ce n’est qu’une machine bien … huilée, dont le prototype serait …catalan ! Je souris à voir les voitures, représentées par une B2 pourtant bien créée par Citroën, et mon magnifique taxi B14 jaune et noir préféré !






On parle souvent des cardes, comme ayant été utilisés par des machines à carder, servant à ôter les fils dépassant du tissu : justement il y a une de ces machines, avec une roue géante garnie de milliers de cardes juxtaposés : la nature aidant l’homme, je trouve ce retour aux sources plein de modestie, à une époque où le plastique n’avait pas été encore inventé.







Dans un couloir, on trouve reconstitué le bureau de l’Intendant en Chef : il y a un vitrail ; un téléphone filaire forcément dépassé ; une presse sans doute pour relier les circulaires-papier ; des machines à pointer forcément, la base de la vérification de la présence de chacun au travail… et un gros coffre-fort !







Cent dix ans précisément après, que tous ces souvenirs du travail des ouvriers et des ouvrières soit montré dans un musée est bien émouvant : nos ancêtres ont tellement bossé à la sueur de leur front pour préparer le monde d’aujourd’hui, où la machine facilite le travail de chacun, et où l’intelligence artificielle promet de réfléchir à notre place !

Je me trompe :

c’est déjà le cas !




Les grands patrons se sont à l’époque fait construire des Palais modernistes, je pense à la Casa Navas de Reus qui se visite maintenant en continu, et émerveille le monde entier -Chinois inclus- de ses vitraux Art-Nouveau. Leurs résidences fastueuses sont devenues musée à leur tour…

…pour devenir patrimoine

de l’humanité !

cette visite a été faite pile le dimanche 22 septembre
journées européennes du Patrimoine !










PS : Ce musée est exceptionnel : on nous explique comment s’opérait la reproduction sexuée au XIXè siècle : je ne vous en dis pas davantage...peut-être êtes-vous informé ? c'était un peu ...primitif ! 
Depuis lors, les Catalans ont conçu la Procréacion medicalamente assistada, tout se fait par prélèvamente i incéminacion, il n’y a plus de contact physique, on a énormément gagné en hygiène par exemple. En plus, on va bientôt pouvoir choisir ses gamètes, une vedette de football, des prix Nobel, ou des hommes politiques, (qui auront pris la précaution étant jeunes de faire congeler leur future précieuse semence)... Il paraitrait que le Président Macron envisagerait de diffuser ces pratiques modernes dans notre pays retardé de ce simple point de vue pourtant essentiel pour le droit des femmes : quel progrès !


Terrassa m’aura ouvert les yeux !

avant au XIXè S

après, il suffit d'un matériel tout simple il suffisait d'y penser !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire