mercredi 10 juin 2020

Tout vendu casa Burès !



Tant qu'à faire des comparaisons, Lucas Fox est le Patrice Besse de Barcelone : ça vole aux sommets !

Jusqu'alors, le top pour moi d'un appartement, c'était un Haussmannien, et il se situait à Paris, tant qu'à faire, vue sur la tour Eiffel. Il vaut des millions, un rêve inaccessible ! L'autre jour je vois à la télé notre ex-premier Ministre Manuel Valls, réfugié à Barcelone, visage un peu bouffi par l'excès de bonheur et l'ingestion journalière de copieux tapas. Il évoque son retour (dans l'or des palais présidentiels parisiens ?), et un doute me prend : pourquoi est-il venu à Barcelone ? Jusqu'à ce que je réalise : Barcelone, c'est la Catalunya. La proximité de la mer, un port. Une ville-monde qui bouge ! Et des architectes extraordinaires : Gaudi bien entendu, mais le génie inventeur de la Sagrada Familia a eu des tas d'élèves géniaux eux aussi : je crains bien que notre Haussmann soit battu par Francesc Berenguer i Mestres ! Le concepteur de la casa Burès !



quand on voit du ciel une telle coupole, c'est qu'il y a un énorme vitrail dessous !

imaginez l'appartement dans la tour ronde !


La casa Burés est donc un édifice moderniste barcelonais, (vous savez que l'on ne parle pas là-bas d'Art-nouveau) œuvre de Francesc Berenguer i Mestres. Il est situé à l'intersection du 30-32 rue Ausiàs Marc et du 12-28 rue de Girone. Il fut construit entre 1900 et 1905 sur commande de l'industriel textile Francesc Burés i Borràs. Encore un magnat du textile ! En 1910, l'édifice fut agrandi. Des dépendances et services furent ajoutés dans les combles par les propriétaires. Ceux-ci demandèrent un permis pour avoir l'eau courante et des water-closets... et aussi l'un des premiers ascenseurs de Barcelone.

Il est maintenant restauré, logique trois ans après mon billet de 2017 (1). De l'avis des architectes contemporains, ils ont dit (en catalan) : -"Nous ne pourrons plus jamais restaurer un bâtiment aussi extraordinaire"

Peintures féeriques, vitraux kaléidoscopiques, terrasse avec piscine sur le toit, mosaïques géantes et, détail people, voisinage d'une ex-star du Barça. Si vous souhaitez vivre dans un appartement de la superbe Casa Burés, dépêchez-vous, les places sont chères, très chères !











Le soir dépose un voile sombre sur Barcelone. Quelque part dans l'élégant quartier de l'Eixample, des lumières vives s'allument dans la Casa Burés, où une armée d'artisans travaille jusque tard dans la nuit.

Gisela Bosom, conservatrice et restauratrice, qui vient à peine de terminer la rénovation du Liceu, l'opéra de La Rambla, consacre toute son attention aux féeriques peintures murales d'une ancienne salle de jeux de la Casa Burés, dont la scène tirée de "Hänsel et Gretel" qui décore notamment une grande cheminée en pierre de taille.

avant travaux

la cheminée maintenant
Silvia Llobet, sa collègue, reconstruit pierre par pierre un sol en mosaïque ancienne. Le bâtiment compte au total 300.000 de ces petites pierres, numérotées et conservées dans des boîtes en plastique, prêtes à être replacées. Dans une autre partie de la Casa Burés, des artisans juchés sur des échelles ravivent les élégantes moulures des hauts plafonds.







Au cours des travaux de rénovation, les artisans ont mis à jour des colonnes de marbre avec des détails en feuille d'or, des gravures sur pierre, des murs et des plafonds gracieusement peints, des sols en marqueteries ou en mosaïques complexes.

A l'origine, les bureaux se trouvaient au rez-de-chaussée tandis que la famille vivait au premier étage, dans deux appartements de type palatial qui s'étendaient sur plus de 1.000m². Les appartements des étages supérieurs, reliés par l'un des premiers ascenseurs de Barcelone, étaient proposés à la location.

Si, à l'époque, l'ascenseur ne faisait que monter les occupants aux différents étages, que les nouveaux propriétaires se rassurent: l'ascenseur a été restauré pour pouvoir les faire descendre aussi.







Lorsque l'empire Burés s'effondre, dans les années 1990, le bâtiment se retrouve entre les mains du parlement catalan. En raison de la crise économique mondiale, le projet de le convertir en bureaux est rapidement abandonné. Le bâtiment se détériore tant et si bien qu'à moment donné, il sert même de décor pour des films d'horreur. Pire: des squatters détruisirent certains de ses trésors, comme la lampe embrassée par l'ours en pierre qui ornait le vestibule.

Il était ainsi grand temps de sauver ce joyau moderniste. Aujourd'hui, la Casa Burés appartient à Europa Capital, un investisseur immobilier londonien et au promoteur espagnol Bonavista. Bonne nouvelle donc, car la fin des travaux de rénovation est en vue.

Les deux appartements dans lesquels vivait la famille, d'une superficie de 500m² chacun, ont déjà été vendus. Tout comme les lofts du rez-de-chaussée, avec leurs fenêtres Crittall de style industriel, leurs murs en briques nues et leurs colonnes en fer. Les onze appartements -de 120m² avec une chambre à coucher à 189m² le penthouse avec terrasse de 30m²- sont actuellement en vente chez l'agent immobilier Lucas Fox, pour un prix allant de 1,65 à 3 millions d'euros.

Les charges sont quant à elles estimées entre 588 et 2.500 euros par mois. Les résidents peuvent bénéficier de toutes les infrastructures de la bâtisse, un fait plutôt rare dans les appartements haut de gamme à Barcelone. Parmi ces aménagements, on notera une piscine de 18 mètres (chauffée !) sur la terrasse sur le toit et une piscine intérieure de 24 mètres dans l'ancien entrepôt au sous-sol. Sans compter une salle de fitness, une cave à vin, une cuisine professionnelle avec une salle à manger et une buanderie.






Les copropriétaires de la Casa Burés sont originaires des États-Unis, du Moyen-Orient, d'Argentine, d'Espagne et... de Belgique.

"La Casa Burés est l'un des plus beaux exemples d'architecture moderniste de Barcelone", déclare Marcus Donaldson, associé chez Bonavista Developments. Depuis 1979, l'édifice est répertorié parmi les sites patrimoniaux de la ville. Il s'agit d'un exercice unique: nous sommes parfaitement conscients du fait que nous ne pourrons plus jamais restaurer un bâtiment aussi extraordinaire. À moins que quelqu'un ne décide de vendre La Pedrera ou la Casa Batlló!", ajoute-t-il en faisant référence aux deux attractions touristiques du Paseo de Gracia tout proche.

Comme de nombreux trésors de Barcelone du XIXème siècle, nombreuses sont les décorations originales de la Casa Burés qui ont disparu, ou ont été repeintes dans les années 60 et 70.

Au cours des travaux, les artisans ont fait des découvertes surprenantes, si bien que les deux appartements de la famille Burés sont un régal pour les amateurs de modernisme: colonnes en marbre avec détails en feuille d'or, gravures sur pierre, murs et plafonds gracieusement peints, sols en marqueteries ou en mosaïques complexes.

Le bâtiment regorge d'éléments inspirés par la nature comme des gargouilles d'animaux sculptés dans le bois et la pierre, des peintures de paysages catalans sur les plafonds et des scènes colorées gravées dans les vitraux.


Ce choix du restaurateur de respecter l'ancien est soutenu par la nécessité du contemporain, comme la cuisine en aluminium anodisé Bulthaup, aménagée dans la salle de billard des Burés.

En entrant par la porte cochère, le regard glisse vers les étages supérieurs et le plafond en vitraux kaléidoscopiques. "Ce fut la partie la plus compliquée de la rénovation", témoigne Donaldson. "Le verre a été enlevé pièce par pièce, restauré et soigneusement remis en place."

Les propriétaires sont originaires des États-Unis, d'Argentine, d'Espagne, du Moyen-Orient et... de Belgique. Un Britannique était intéressé par le penthouse aménagé dans la tour, mais un certain référendum l'a contraint à renoncer... Le joueur du Barça Isaac Cuenca s'installera dans un penthouse et a acheté un appartement qu'il destine à la location. "Quand je l'ai vu, je me suis dit que c'était là!", a-t-il déclaré." C'est comme vivre dans la Sagrada Familia, avec tout le confort moderne et ultra luxe." 

Alors, Manuel quitterait tout cela ?

studio pour petit budget

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