lundi 2 juillet 2018

Mercédès 300 SL à vendre...

... deux 300 SL ...

...le 7 juillet chez Artcurial !


une histoire extraordinaire... 

à quelque chose comme quatre millions ? ?



Je sais qu'être dentiste n'est pas une sinécure : on passe sa  vie devant des patients aux mâchoires écartées, épouvantés des souffrances que vous allez leur faire endurer, incapables de répondre quand on leur adresse la parole ! Mais (comme l'Agriculture autrefois) le métier a eu payé. Tel est le cas à Stockolhm du docteur Gunnar Giermark, décédé sans descendance, et qui durant sa vie professionnelle, soigna des tonnes de dents ; fit payer ses patients ; acquitta ses impôts, remboursa ses emprunts, et surtout réunit des collections impressionnantes, voitures incluses.

Deux 300 SL, une papillon classique bien entendu, mais surtout une autre qui se paie le luxe de portières normales, et d'un top remplaçable par une capote...toujours emballée dans sa caisse d'origine !

Je commence par la première, au motif qu'elle est évaluée un peu moins cher que la seconde, car elle a roulé : 67470 Km.








C'est l'un des 19 modèles "papillon" vendu neuf au Portugal, blanche (DB50) intérieur en cuir noir (code 953). Elle sort de l'usine le 19 juillet 1956, la quitte le 21 juillet pour être envoyée dans ce pays, petit en superficie, mais qui comptait pas moins de 19 Mercedes 300 SL livrées neuves ! On sait que la voiture est importée en Suède par un concessionnaire de Göteborg, sur la côte ouest suédoise, en 1967, pour le compte de son client, Peter Lindkvist demeurant à Lidingö. Selon le document d'époque fourni avec la documentation incroyable d'origine de cette voiture, elle arrive sur le sol suédois le 3 janvier 1968 et y est immatriculée le 17 janvier. Il la revend durant l'année 68 à Gunnar Giermark, qui l'immatriculera au nom de sa mère Elsa. En 1974, le système des immatriculations suédoises change. Il la passe à son nom avec le numéro de plaque d'immatriculation " BA 681 " qui ne sera jamais montée sur la voiture et qui sera remise au futur acquéreur. Il roulera régulièrement avec son Papillon et amènera la voiture à 67.470 km jusqu'en 1973, date à laquelle elle a été arrêtée et stockée au sec. Sa combinaison de couleurs est donc bien d'origine mais, après un examen au testeur d'épaisseur de peinture, nous avons constaté (c'est Artcurial qui parle) qu'elle a bénéficié dans sa vie, avant 1973, d'une peinture complète. Les épaisseurs sont très correctes et montrent un travail remarquable. L'intérieur en cuir noir présente une patine exceptionnelle montrant combien les automobiles de l'époque étaient bien fabriquées.

Artcurial précise : -"Elle sera livré à son futur acquéreur avec sa documentation d'époque, papiers datant de 1968, des vignettes anciennes, la pochette originale contenant les manuels de fonctionnement, une sacoche en cuir noir comprenant une trousse à pharmacie, des gants de conduite, un imperméable et diverses pièces de secours, le tout datant de la fin des années 60".

Depuis 1973, elle est garée aux côtés de sa sœur, le roadster de 1963 qui suit. Avec cette histoire unique, elle ne demande qu'à revivre entre les mains d'un connaisseur et passionné de la marque. 



et voici la seconde !











La voiture date de 1963, et n'a que 1372 Km au compteur :

elle est toute neuve !

En 1954, au Salon de New York, l'importateur de voitures de luxe et de sport européennes, Max Hoffman présente deux nouvelles Mercedes de sport : la 190 SL et la 300 SL de route. Celle-ci est une adaptation à usage routier de la 300 SL de compétition qui se caractérise par ses portes papillon. Quoique plus civilisée que les voitures d'usine, la 300 SL client reste une voiture pour amateurs de pilotage dans laquelle le confort a été sacrifié à l'efficacité. Notamment l'accès à bord reste difficile en raison de la hauteur des seuils de porte et cette seule particularité en limite la diffusion aux Etats-Unis, son principal marché. Mercedes-Benz en écoule quand même 1.400 exemplaires en quatre ans, mais confronté à une baisse de la demande en 1956, le constructeur cède encore aux pressions américaines et en propose une version décapotable, le Roadster, présenté à Genève en mars 1957. Sa particularité la plus visible réside dans l'adoption de portes conventionnelles grâce à une modification du châssis par ailleurs renforcé pour compenser l'élimination du toit.

Ce splendide cabriolet d'allure aussi musclée que le coupé papillon, s'adresse à une clientèle plus férue de grand tourisme que de performances, mais la partie mécanique déjà raffinée a encore été améliorée. Le moteur toujours alimenté par injection directe délivre 250 ch SAE et les derniers roadsters de 1962-63 recevront un bloc en aluminium et quatre freins à disque. La vitesse de pointe d'environ 230 km/h convient largement à un cabriolet grand tourisme. Une autre importante amélioration concerne l'adoption d'un nouveau train arrière, toujours du type à essieu brisé, mais dont le point d'articulation a été abaissé et qui comporte en plus un ressort compensateur horizontal. Les variations de carrossage à l'arrière sont réduites et la tenue de route en virage devient moins … surprenante ! Ces raffinements mécaniques attirent une nouvelle clientèle et les ventes du Roadster atteindront 1858 exemplaires soit 400 de plus que celles du coupé papillon. Grâce à ses qualités routières, à son agrément de conduite et à son style d'une rare élégance insensible au passage du temps, la 300 SL Roadster voit sa cote se renforcer constamment.


La voiture présentée, la 11e avant-dernière 300 SL roadster de la production, est envoyée au concessionnaire suédois de la marque, Philipsons Automobil AB et vendue le 31 mai 1963 à Monsieur Gunnar Giermark. Il l'immatriculera au nom de sa future femme, Anne-Marie Berglund, demeurant à Stockholm. Le carnet de garantie d'époque atteste qu'elle est livrée blanche avec hard top noir. D'ailleurs, elle conserve encore aujourd'hui la caisse en bois d'origine Mercedes Benz avec la capote jamais sortie ni montée avec, à ses côtés bien rangé, le cache-capote recouvert du cuir rouge, assorti à la sellerie des sièges. Le 9 juillet 1963, l'agence Mercedes-Benz de Stockholm effectue la première révision de rodage à 570 km. En novembre 1972, le sticker du contrôle technique, toujours présent sur le pare-brise, montre un kilométrage d'un peu plus de 1000 km ! La voiture n'a donc parcouru en 9 ans que près de 400 km ! Mais le plus extraordinaire, et qui donne toute sa singularité à cette 300 SL roadster de 1963, est qu'elle n'a aujourd'hui que 1.372 km depuis sa sortie d'usine !


Tout est exceptionnel sur cet exemplaire. Elle est " neuve de stock ". Les américains disent : "NOS", new old stock. Le pédalier n'est absolument pas usé, comme jamais utilisé, les sièges en cuir rouge n'ont aucune trace de décoloration, les coutures n'ont aucune usure. Même le meilleur des restaurateurs aujourd'hui n'arrive pas à un travail de cette qualité. Les moquettes sont parfaites, les commodos restent fermes à la manipulation. Nous avons l'immense plaisir de trouver un exemplaire presque comme il sortait d'usine à l'époque. La carrosserie est également dans un état époustouflant, la voiture ayant toujours été stockée à l'abri et dans un lieu chauffé, à l'abri des intempéries suédoises. Evidemment, elle est exempte de corrosion. Sa peinture est celle d'origine, nous en avons mesuré l'épaisseur tout autour de la caisse. Les numéros sont parfaitement concordants, les plaques sont toutes en lieux et places, excepté la plaque peinture sur la paroi pare-feu côté moteur qui n'a jamais été présente. Nous pouvons utiliser ce terme "jamais" compte tenu du fait qu'il n'y a aucune trace de perçage de vis ou de rivet sur le tablier. Côté mécanique, la voiture n'ayant pas roulé depuis 1972 et si peu roulé avant, il sera nécessaire de faire une remise en route et une importante révision mécanique avant de pouvoir l'utiliser.

Une documentation rarissime et en état aussi " neuf " que la voiture, sera remise au futur acquéreur à savoir le fameux carnet de garantie, les manuels d'utilisation, le livret recensant les garages et agents Mercedes, les vignettes d'époque, papiers divers ainsi donc de la boîte originale de transport de la capote et de son cache-capote, un kit contenant des fusibles et autres détails, sa trousse à outils complète dans son étui en cuir.



Sur une production totale de 1858 Mercedes Benz 300 SL roadster livrées entre 1957 et les 3 dernières en 1964, cet exemplaire fait partie de la 3e et dernière série, version ultime la plus désirable, une des 210 équipée de freins à disques et du bloc moteur en aluminium, et la 11e avant-dernière construite !

alors, laquelle préférez-vous :

...achetez donc les deux ?