mercredi 1 décembre 2021

Imaginer Marseille en affiches


Je tire toujours mon fil d'Ariane, recherchant la beauté dans les expositions nombreuses en cette saison, recherchant les signes, les allégories, toujours les papillons comme thème de l'imaginaire des artistes, jusqu'à tomber (rien n'est tout à fait du au hasard) sur cette affiche de Leonetto Capiello (1925) présentée à Grasse, capitale de la parfumerie : l'idée : la lessive lave plus blanc... comme un papillon blanc... sur fond bleu : je vous rappelle que le papillon en Anglais c'est "moth", presque "mousse" ...que cette mousse blanche est poétique !


voilà l'artiste : il transcende la moindre banalité en réflexion poétique !

et me voilà dans la lessive, donc le savon, ... donc Marseille ! 

dommage que "plus belle la vie" n'ait pas encore exploré la veine, quoique qui sait, peut-être ?

... et je tombe sur ce texte, assez ancien, "quand Marseille s'affiche", évidemment il y a une astuce : quelques affiches des années 20 à 30 montrent Marseille tournée vers le Sud, notamment le Maroc, mais aussi l'Egypte : tout ce que l'on aime dans Marseille cosmopolite.

Le texte est surtout illustré d'affiches grandioses, que je vais vous montrer, car il y a des perles qui j'espère vont vous paraitre incroyables ! 

je cite entre guillemets :

"À l’occasion d’expositions organisées par la Chambre de commerce, une partie des collections d’affiches possédées par son Musée ont été offertes à plusieurs reprises depuis 1986 à la curiosité du public. C’est bien l’ébauche d’un corpus de l’imaginaire. Car, du jour où les firmes, puis les institutions ont pris ces habitudes publicitaires (et le mouvement s’accélère autour de 1880-1890), un jeu d’images se construit : représentation de la ville, mais le plus souvent indirecte par la combinaison du graphisme, de la couleur, de quelques mots, label ou slogan, dont celui même de Marseille. Images de marques, plus qu’image de marque, mais qui de ce fait ont une autre densité que celle de l’auto-déclaration. 

C'est : la ville par ses œuvres.

 



voici le port... le lieu où l'on exporte la végétaline !




Marseille vante moins ses propres paysages, limités à quelques signes, quelques lieux symboliques qu’elle ne met en scène ses produits et sa place sur les itinéraires du monde. La ville industrielle, le port, prolongement et contrepoint de la vue de l’intérieur qui inaugurait ce livre. Les personnages marseillais, on l’a dit, se retrouvent dans ces produits qu’elle expédie, liés en général aux gestes quotidiens, de la bougie de Félix Fournier au savon de lessive de Verminck. L’innovation se lit, dans ces boîtes de Végétaline, à l’ancrage, dans les sites les plus sacrés du Vieux-Port, au pied du nouveau pont transbordeur. Slogans ou images venant d’une culture, quelque peu ironique ; j’ai conservé le souvenir d’une phrase qui était inscrite sur le vieux mur triste d’une savonnerie de la rue Sainte : « Chassez le naturel, il revient au galop » ; l’actualité politico-coloniale (Algésiras) sert de référence au savon de la Coquille…

la voilà, l'allusion au savon ... de Marseille

le plus célèbre à l'époque, fait allusion à une fontaine, à une coquille, pas du tout saint-Jacques, mais romaine, comme celle qui existe encore à Fontvieille



dans le seau, même mousse blanche du savon, 

quelle invention qui permet de laver plus blanc !

une astuce : Algesiras ! 

"La blanchisserie d’Algésiras n’emploie que le savon La Coquille"!!!

Algésiras (en espagnol : Algeciras) est située tout au sud de l'Espagne, appartenant à la province de Cadix et à la région d'Andalousie. C'est la 12e ville la plus peuplée d'Andalousie, et la 56e d'Espagne. Ville principalement orientée vers l'industrie, elle est connue pour son port qui est, avec 94,93 millions de tonnes de marchandises, le 1er du pays et le 4e d'Europe derrière Rotterdam, Hambourg et Anvers, mais devant Marseille ! Explication ? la ville est très connue des Marocains résidant en Europe qui y prennent généralement le ferry vers Tanger ! 

nous y voilà : Marseille tournée vers le Maroc !

notre artiste Jean-François Fourtou nous a rappelé l'attrait des artistes pour la palmeraie de Marrakech, si prisée par Yves Saint-Laurent

comment y aller par bateau évidemment, avant l'avion d'aujourd'hui ?








L’horizon lointain est déjà là : Marseille – port colonial mais aussi mondial, par ses grands steamers – se présente comme une médiatrice. L’Europe du Nord d’un côté, l’Orient mythique de l’autre, avec ses sphinx, pyramides, minarets, temples hindous. Le bric-à-brac ? Ou plutôt ce rôle de nœud entre les mondes, qu’exprime encore, à une échelle régionale, la magnifique affiche de la Transat sur Paris-Alger. L’Exposition coloniale de 1906 renoue avec des mythes fondateurs qui disent autre chose que la domination : ce bateau, amenant quelques habitants symboliques de l’outre-mer, ressemble étrangement au navire des Phocéens ou à la barque conduisant les Saintes vers les rivages de Camargue pas loin. Dans sa simplicité, l’image conservée ici de l’Exposition de 1922 exprime plus de mystère, plus de dureté, plus d’inquiétude. 

 Alors voilà, on organise ...une horreur aujourd'hui ... : une exposition (j'ose à peine écrire) coloniale !



pire du pire

on s'adonne à (j'ose à peine écrire) 

l'humour noir

le fameux savon coquille des frères Couret commet cette affiche



j'ai agrandi un max pour que vous puissiez lire :

indécent

je m'en veux de vous montrer tout cela

dans "plus belle la vie", les meurtres les plus crapuleux se succèdent

sans que personne ne bronche

mais là...

... je crains bien d'avoir franchi la ligne blanche

et de perdre trois points sur mon permis ! 


puis-je me rattraper en vous montrant d'autres affiches ?

la bougie, remplacée par la fée électricité

astuce toujours : la Vierge de la Rue du Bac dispense ses bienfaits par cinq rayons à chaque main
la fée électricité améliore le miracle en envoyant davantage d'éclairs !


PS : c'est pour moi l'occasion d'une diversion inattendue : Jacques S. m'envoie ce billet ... un peu critique voire taquin, sur la facture de l'électricité qui va devenir l'unique source d'énergie demain :

Facture EDF expliquée. A LIRE JUSQU'AU BOUT ! 

Exactement comme chez le boucher : je choisis une escalope, il la pèse,   je paye le prix affiché et je repars avec une «facture»  en réalité un ticket qui ne comporte qu’une seule ligne.

 Alors, pourquoi la facture EDF est-elle si copieuse ? 

- On y trouve le prix du kilowatt/heure 9,09 € pour 100 kWh, qui passera à 9,32 € !  après l’augmentation estivale de 2,5 %.

 Jusque-là, rien que de très normal.  Les gâteries viennent immédiatement après. 

- D’abord, EDF facture un abonnement ! On se demande bien pourquoi !

Lorsque j’achète l’escalope, je ne suis abonné à rien : j’ai, en face de moi,  un commerçant qui vend ce dont j’ai besoin, nous faisons affaire et c’est tout. Non !...

   Avec EDF, même en quasi-monopole, il faut s’abonner !

 Et ce n’est pas négligeable: 11,6 euros par mois, soit 140 € par an.  Depuis août 2011, l’abonnement a augmenté de 22 %. 

- Puis, viennent les taxes ! Ah ! Les taxes : Le mal français !!!!!!!  oh, pardon, une seule taxe et deux « contributions » 

- La contribution, c’est plus sympa, ça fait plus «social»; pour un peu,  on serait heureux de s’en acquitter, alors que la «taxe»... Beurk!

 Cela commence par la TCFE, la taxe sur la consommation finale d’électricité.

 C’est quoi, la consommation finale ? Y a-t-il une consommation initiale?

 Personne ne sait pourquoi cette taxe existe, même pas EDF, qui se borne à dire que ce prélèvement est reversé aux collectivités territoriales et à l’État (qui détient pourtant 84,5 % du capital du mastodonte).

 Depuis août 2011, elle a augmenté de 16 % , soit 4 % par an. 

- Arrive ensuite la merveilleuse CSPE, la contribution au service public d’électricité.

 Moi qui croyais ingénument que je contribuais à ce service en me contentant d’acheter du courant électrique!

 Eh bien, non ! En fait, cette CSPE sert, entre autres, à compenser le coût exorbitant auquel EDF s’est engagé à acheter l’électricité des petits malins qui se sont équipés de photovoltaïques ou d’éolien.  En août 2011, elle était de 9 % du coût de la consommation ; elle en pèse aujourd’hui 21,5 %.

 À ce rythme, elle représentera la moitié de notre facture dans trois ans 

- Puis vient enfin, toute menue, toute discrète, la CTAE, contribution tarifaire d’acheminement électrique car, contrairement au boucher vendeur d’escalope, EDF vous apporte votre achat à domicile contre la modeste somme de cinquante euros par an.

 C’est alors que surgit la TVA.

 -Sur la consommation, au prix fort de 20 % : là aussi, c’est courant ! (sans jeu de mot)

 -Mais également sur les taxes! Chez EDF, mêmes les taxes sont taxées !

 À 20 % (CSPE, TFCE) ou à 5,5 % (CTAE) ! 

Et le meilleur pour la fin :

 -EDF prélève un pourcentage de tout ceci, 1% , pour son CE (Comité d’entreprise). C’est à dire pour la CGT et les partis majoritaires de l'entreprise.

Elle n’est pas belle la vie pour certains ?

naturellement avec Mercure, dieu du commerce et des pharmaciens !

j'ai trouvé une autre pépite :


Marseille n'a jamais manqué de munitions spécifiques : et la vitrioline contre ... la carie dentaire ?


après tout cela, vous méritez bien une petite coupe !


les affiches aussi sont de l'Art à part entière !


PS : hier lors de la dernière présentation des candidats du PR, c'est la première fois (à mon avis) que se présentait l'ensemble d'un Gouvernement : Valérie Pécresse, la seule femme candidate d'expérience, Présidente de la France, elle parle, puis elle agit ! Son Premier Ministre Michel Barnier, le seul à bien connaitre les dirigeants de l'Europe et du monde. Ensuite facile de voir Eric Ciotti à l'Intérieur; Philippe Juvin à la Santé. et Xavier Bertrand à l'Economie. Il faudra trouver quelqu'un de plus aux Affaires Etrangères, un autre (il y est déjà) Garde des Sceaux ... pas trop difficile !

Bien entendu je suis l'un des rares à voir cette évidence, et je vous ai déjà dit que je me replierai sur le Président actuel, espérant (sans illusions) qu'il supprime un second petit tiers de ma foutue Taxe d'Habitation, dans un an pile ! ! 

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