vendredi 3 août 2018

O Begorra


Nous revenons de Bagnères de Bigorre, un rendez-vous mensuel, le premier mercredi du mois...chut ! Je suis convoqué à 13 heures, et ai compris que pour passer le premier, il fallait être en avance, j'arrive parfois à midi, et il y a déjà la queue ! Cette fois, je suis bien le premier, je passe, et suis libéré à 13 heures 20. Vous pensez bien que, partis à 11 heures, nous n'avons pas mangé, nous serions en Espagne, nous serions en avance, mais ici ! Nous pointant au Saint-Vincent, on nous jette poliment mais fermement, nous livrant... à la grâce de Dieu. Ce dernier fait bien les choses, puisqu'après nous avoir fait trouver une place de parking, il nous amène 32, Allée des Coustous, chez O Begorra.

heureusement ... c'est complet !

Evidemment vous devinez que je cherche la signification ... pas difficile : Begorra, c'est le patois local de Bigorre ! Cette découverte me met en appétit, et vu l'heure nous commandons une omelette aux frites qui se révèlera délicieuse, malgré les critiques acerbes de certains grincheux-(belges) sur internet, passons !

Au  contraire, le patron aime Desproges ce qui dénote un esprit libre et malicieux, et je vous communique les sentences qui vous permettront d'apprécier son humour ... et de faire rire votre moitié.






















La Bigorre actuelle reprend les contours du territoire d’un peuple aquitain appelé Bigerriones par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. et Begerri par Pline en 77. Le nom du peuple est passé à sa capitale, l’actuelle Saint-Lézer, attestée Begorra à la fin du VIè siècle, construite à l’emplacement d’un ancien castrum Bigorra. Le nom de ce peuple, francisé en Biguerres, semble être un appellatif aquitain que l’on peut rapprocher du basque bigurri, « pervers » et bihurri, « tordu » : il s’agissait sans doute d’un nom donné par ses voisins à un peuple « indocile, pervers » à moins qu’il n’ait lui-même choisi de s’appeler ainsi par défi .

Vous voyez que le patron est un digne descendant des bigurri et autres bihurri, et que je sollicite une place dans ce club indocile, mais j'imagine libre

Bagnères-de-Bigorre : à l’époque romaine, la ville, dont les eaux thermales étaient fort réputées, était nommée Vicus aquensis, « le village des eaux » ou Aquæ bigerritanas, « les eaux bigourdanes ». Le nom actuel n’est attesté que depuis 1171 sous la forme gasconne Banheras issu du latin balneariæ , « bains, établissements de bains ». La graphie française, Bagnères, apparaît en 1285. Le déterminant en-Bigorre date au moins de 1770 (sur la carte de Cassini) et sera remplacé par de-Bigorre avant 1852.



Tant qu'à faire, je poursuis : Campan : Campano en 1300. Forme masculine du latin campania, «plaine, terrain découvert » sans doute héritée d’un bas latin campanum. On peut imaginer un fundus ou vicus campanus, un « domaine ou village dans la plaine », ce qui correspond bien à la situation du village au pied de la montagne.

Vignemale : « La dernière étude en date (2009) indique : Vin soit « bosse, roc » (pré-celtique attesté cf. Dauzat) et Mala soit « mauvaise » (latin, à confirmer ou préciser) » nous dit Wikipedia en citant Robert Aymard (membre de la Société française onomastique), Toponymes pyrénéens, Lacour, 2009 (ISBN 9782750424305), page 430. Cette étymologie reste toutefois incertaine : l’adjectif épithète latin est en effet le plus souvent antéposé, comme en ancien français, ce qui aurait conduit à un mala-vin plutôt qu’à un vin-mala.

La Mongie : traduction française de l’occitan mongiá, « résidence de moines ». On en déduit que des moines s’étaient retirés-là au Moyen Âge mais sans y laisser de traces durables. Le grec monakhos, «solitaire » ( dérivé de monos, « seul ») a été emprunté par le latin d’église où monachus a, sous la forme altérée monicus, donné « moine » et monge en occitan.

saviez-vous que le créateur de l'orphéon "Chanteurs montagnards" est Alfred Roland (1797-1874)
à qui l'on doit ces vers : "Si de mon sort j'étais maître,

Je voudrais naître, un léger papillon _Apollon"
j'ai rajouté la fin ! 
Le col du Tourmalet (2115 m) : l’étymologie selon « mauvais détour » est une interprétation populaire sans réel fondement.  Le col doit son nom au pic qui le surplombe. Ce nom est issu du prélatin turma, « bloc de rocher », accompagné de l’augmentatif -al suivi du diminutif -et,  ce qui montre que l’appréhension de la hauteur du col a varié avec le temps — et de la construction de routes de plus en plus praticables. Une autre étymologie possible fait appel aux pré-indo-européens tor/tur, « montagne » ( cf. le latin turus, « éminence » ) et mal «rocher, montagne» (cf. le Vignemale).

L’Adour, fleuve qui prend sa source au Pic du Midi de Bigorre, était nommé Aturi au Ier siècle (Lucain) puis Aturrus au IVè siècle ( Ausone ). Il s’agit d’un hydronyme pré-celtique  átur, accentué d’abord sur la première syllabe puis sur –ur– à la période romaine. Átur peut être décomposé en át– , élément qu’on trouve dans át-rica ( > Ardèche) et át-ax ( Atacis chez Pline au Ier siècle > Aude ) et –ur, à rapprocher du basque ur, « eau ».


Ainsi, on s'instruit en mangeant l'omelette de ô begorra



les mecs (au demeurant belges) qui râlent sur Tripadvisor sans chercher à comprendre,
feraient mieux de retourner manger leurs frites ...
... chez eux !


il est vrai que :








PS 1 : merci à :


  

O tempora mores !
PS 2 : le Belge râleur ne va pas me croire : la jeune femme ayant servi de modèle à Jean Escoula, en 1909, se nommait : Louise de la Moule ! véridique ! (va-t-il comprendre l'astuce : moule-frite ?)

PS 3 :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Roland

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire