samedi 4 août 2018

Citroënnette Paul Ratier

une voiture à pédales de luxe !


fabriquée à Figeac entre 1924 et 1927,  il n'y en a plus depuis le 6 avril 1927 ...

 ... et j'en ai trouvé une !

une sacrée histoire !

Originaire de Montmurat, une petite commune du Cantal, Paulin Ratier monte à Paris en 1904. Fort de sa connaissance des métiers du bois il s’installe artisan ébéniste à Montrouge et, s’associant à un ingénieur des Arts et Métiers, Bernard Montet, il démarre judicieusement une activité de fabrication d’hélices d’avions alors que l’aviation est en train de naître. Avec la déclaration de la grande guerre, ses ateliers sont réquisitionnés et en 1915, Bernard Montet quitte l’entreprise. De 1914 à 1918, il fabrique 12.000 hélices, mais après le conflit, la demande baisse et en attendant le démarrage de l’aviation civile et commerciale, il subit le chômage malgré la production d’appareils électriques et de téléphones.

En 1921, un jeune autodidacte, Paul Dreptin amène Paulin Ratier à se pencher sur l’automobile en plein essor à l’époque. Féru de mécanique, Paul Deptin sera le pilier des avancées techniques de la maison Ratier dans ce domaine. Un brevet est déposé en 1923 pour une voiture automotrice à entraînement par hélice,. Hélice mue par un moteur 4 cylindres de 15 ch. De forme fusiforme, cette voiture pouvait contenir trois personnes, mais elle resta au stade de prototype.


En 1924, Ratier dépose le brevet d’une voiture à pédales pour enfant qui est en fait la reproduction fidèle de la plus populaire des voitures de l'époque, la 5 CV Citroën à l’échelle 1/3. La compétence de ses ateliers maîtrisant parfaitement le bois et le métal sont parfaitement adaptés à cette fabrication.

Fabriquer, c’est bien, encore faut-il trouver des débouchés. Pour assurer la commercialisation de cette voiturette, un représentant aura l’idée de suggérer à Paulin Ratier de demander rendez-vous à André Citroën pour la lui proposer. André se montre de suite enthousiaste et lui signe une commande immédiate de 3.000 exemplaires !

Les voitures à pédales brevetées par Paulin Ratier seront alors fabriquées dans ses ateliers de Montrouge et ensuite de Figeac, livrées à l’usine Citroën et commercialisées par les concessionnaires et agents de la marque exclusivement et dans quelques grands magasins chics tels le Printemps et le Bon marché.



De 1924 au 6 avril 1927, plus de 4.000 voiturettes sont fabriquées dans les ateliers Ratier.


Le brevet concerne plus particulièrement le système de propulsion : le va et vient ou mouvement alternatif demandant à l’enfant un effort horizontal et non pas un pédalage classique comme sur les bicyclettes. Ce dispositif est décrit très précisément dans le brevet d’invention N° 581.638 du 14 mai 1924 que Paulin-Jean-Pierre Ratier déposa à l’office national de la propriété industrielle à Paris.








Le châssis et la plate-forme sont en bois, l’essieu avant est équipé de lames de suspension. Un bouton poussoir allume les phares alimentés par une pile logée sous le capot. La Citroënnette possède de véritables pneus Michelin.



Dotée d’une très belle calandre et d’un écusson Citroën en cuivre avec décor en émail à champs cloisonnés bleu cobalt avec logotype nickelé, du plus bel effet, la 5 HP était proposée en quatre couleurs : le jaune, le rouge, le bleu et le vert. Sur commande spéciale, de très rares exemplaires sont livrés en blanc ou agrémentés de filets décoratifs.




Une notice d’entretien accompagnait chaque voiture.


J'en ai retrouvé une pour vous :



en vacances dans le Lot ?

visitez Figeac !


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