lundi 11 mai 2015

Il en a… Harry ... !

Le port de l’angoisse, Arte ce 11 mai

Un vrai problème de traduction ! C’est dans ces occasions que l’on préfère la version originale, quand on pense que le vrai titre est : "to have and have not : en avoir ou pas" : oui, vous avez  bien compris : lui, il s’agit d’Harry , Harry Morgan, il en a ! Harry est joué par Humfrey Bogart, et on prend conscience que soixante-dix ans plus tard, ce film n’a pas pris une ride… !

Au début, nous sommes en 1937, c’est le premier roman d’Ernest Hemingway, qui crée le personnage d’Harry Morgan, un capitaine de bateau de pêche qui dirige la contrebande entre Cuba et la Floride. Comme notre Président François est sur place,  à Cuba, la diffusion du film est très émouvante, presque de circonstance après que nous venions de fêter le 70ème anniversaire du 8 mai   !

François est tout fier de nous annoncer qu'il vient d'écrire une page d'Histoire (avec un grand H) : il a parlé une heure à Fidel Castro !

Le roman initial dépeint Harry comme un homme foncièrement bon, forcé au marché noir par les circonstances. Il tombe sur un client, M. Johnson, qui cherche à pêcher le marlin sans payer son séjour de quinze jours sur le bateau. Harry prend alors une décision cruciale : pour continuer à vivre et soutenir sa famille, il commence à transporter régulièrement différents types de cargaisons illégales entre la Floride et Cuba, qu’il s’agisse d’alcool et aussi de révolutionnaires cubains.

Du coup, le roman est un commentaire social sur les années 1930. Fortement influencé par l'idéologie marxiste, Hemingway étant du côté des républicains dans la guerre civile espagnole.

Le premier titre était "One Trip Across" , publié dans Cosmopolitan en 1934. Une deuxième histoire a été écrite et publiée dans Esquire en 1936, avant l’écriture définitive du roman.

Ce n’est qu’en 1944 que le roman est adapté au cinéma, mettant en vedette Humphrey Bogart et Lauren Bacall. Le film, réalisé par Howard Hawks, préfère la Martinique à Key West : l’histoire se passe donc en France !

Le patron de l’hôtel est appelé par tout le monde « frenchy», et on entend le soir un orchestre (de bar) magnifique (piano ; contrebasse et banjo) et les blues chantés par Lauren Bacall sont sublimes !

Comme « il en a », Lauren Bacall (son prénom est Marie) tombe amoureuse de Harry, à tel point qu’à un moment, elle lui dit : « tu feras de moi ce que tu veux, si tu veux m’appeler, tu retrousses les lèvres et tu siffles » ! Elle dit ça en américain. On kiffe !

je vous laisse deviner comment réagit l'homme ...qui en a...!

Nous sommes donc en France, qui remplace la Floride du roman : pour l'exotisme, ce ne peut qu’être en Martinique ! Le décor est d’époque, comme les personnages très couleur locale. Comme nous sommes en 1944, c’est le régime de Vichy ! La police française est omni-présente, fouinant partout à la recherche de résistants. 

Il faut voir la tronche du policier-en- chef vu par les Américains : personnage vil et pervers, surcharge pondérale et béret (français) trop petit vissé sur la tête ! Il n'hésite pas à faucher le passeport d'Harry, ressortissant américain, et futur allié !

Un couple de résistants (que va sauver Harry) se révèle lui aussi pleutre et lâche ; le mari, Paul, est noble, un peu dégénéré : de Bursac. Son épouse Hélène arrogante et décalée, de vrais français à l’étranger (vus par les Américains) quoi !

Déjà on nous prédit qu’on ne sera sauvés que par eux, les Américains, Nos femmes tomberont toutes amoureuses, et ils nous délivreront…puisque eux…

…ils en ont !


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