mardi 12 février 2019

Mariposa del ano 2019, et Pavonia (1)

Comme tous les ans, nos amis de l'Association Zerynthia soumettent au grand débat de leurs membres quatre papillons à défendre en 2019 :




Naturellement, les informations officielles sont en langue espagnole, et il m'a semblé plus facile de vous les traduire. Attention, le robot de Google sème les pièges à foison, et il faut se méfier des propos qui suivent entre guillemets : "Le papillon capucin (Pieris cheiranthi) est un endémisme canarien typique des environnements de laurisilva, dont la population a diminué de façon alarmante ces dernières années, de sorte qu’il ne subsiste plus qu'à Ténérife et à La Palma et a disparu de La Gomera et Gran Canaria".  

Commentaire, le papillon capucin vit bien sur les capucines, et est bien une fois de plus le résultat d'une évolution insulaire à la Wallace. Pas étonnant qu'il soit localisé, rare, et en voie d'extinction ! Quant à la laurisilva, le robot traducteur n'a pas tort : il s'agit bien de bois de lauriers, je suis rassuré que l'on ait encore besoin de véritables traducteurs et traductrices à l'ancienne, merci pour l'emploi des Universitaires lettrés doctorants ! Je n'oublie pas : cheiranthus, c'est la giroflée des murailles. Quel rapport avec les capucines ? .... désolé, je sèche ! 



point ou taches noir sur fonds blanc, quoi de mieux pour passer aperçu ?

voici le type d'habitat hébergeant la plante alimentaire locale : Crambus strigosa à la Palma et Tenerife

Second candidat, "le pequeno pavon, chez nous : petit paon de nuit (Saturnia pavonia) est la plus petite des six espèces de saturniens présentes en Espagne, où elles sont réparties dans la plupart des provinces et se déposent de nuit dans des zones de grande diversité végétale". Je compte sur les doigts : Pavonia ; pyri, tau ; Isabelle, cela fait quatre, quelles sont les deux autres ? Nous on a cynthia. Mais eux ? Pavoniella ? Yamamai que je sais vivre en Croatie ? Il va falloir creuser le sujet ! (1)

Je préparais justement un sujet sur les ocelles de ce ravissant papillon, attiré par sa femelle au printemps si du moins l'on dispose d'une jeune-fille vierge élevée l'année précédente, qui attire en masse les mâles du coin, et cela en plein jour :

elles ont convenu d'ajouter leurs phéromones


là elles s'y sont mises à plusieurs, j'imagine qu'elles sont toutes fécondées, à voir le seul mâle présent

le résultat en cage d'élevage




Troisième candidat : je reprends le texte traduit par Google : "La fourmilière sombre (Phengaris nausithous), menacée par la détérioration des prés où elle vit, présente la particularité de vivre en phase larvaire à l’intérieur des nids de certaines espèces de fourmis et de se placer dans une plante spécifique, Sanguisorba officinalis, typique des Asturies et de Castille et León". Jolie métaphore la fourmilière sombre, nous on parle de l'Azuré des paluds, les mythologistes comme moi de Nausithoos, roi des Phéaciens. Quant à la Sanguisorbe, c'est la grande pimprenelle. Les fourmis ? Myrmica rubra. Je vous ai expliqué la drôle de symbiose identique à celle d'Arion. La chenille et la fourmi :

voici justement la dite Sanguisorbe




Quatrième papillon choisi par Zerinthia : "le papillon brun espagnol (Aricia morronensis) est réparti en groupes de quelques spécimens dans de petites zones péninsulaires, ce qui le rend plus vulnérable, en particulier sur les terrains rocheux et accidentés où le genre Erodium est présent, ce qui constitue cent pour cent de sa superficie". Ce qui colle pile pour nous Français, c'est que nous le trouvons dans les Pyrénées orientales, où on le nomme : "l'argus castillan". Pour le trouver, nous allons en Andorre naturellement.








La péninsule ibérique compte 238 taxons de papillons diurnes (ropalóceros) et 20 autres sont présents exclusivement aux îles Canaries, à Ceuta et à Melilla, ce qui fait de l'Espagne le deuxième pays européen, derrière l'Italie, en matière de biodiversité des lépidoptères diurnes.

Ce sont les Espagnols qui disent cela. En général, ils ne s'intéressent que peu à la France, les Français qui les visitent faisant trop de bruit et montrant visiblement que nous sommes exceptionnels, les plus forts pour le modèle social, nos TGV, nos voitures, notre cuisine surtout, sans omettre les performances amoureuses de nos mecs... et tutti quanti. Il est rarissime que les Français se vantent de la diversité de nos papillons... y compris dans le grand débat actuel, où il n'est question que de pouvoir d'achat, et du droit de rouler à 90Km/H sur les départementales, droit bientôt rétabli ? 

Ah oui : je vote pour pavonia bien sûr !

Les papillons étant symétriques, il arrive qu'avant d'évoluer, (ce qui prend des milliers d'années), la division des chromosomes se passe mal, aboutissant à des gynandromorphes.

Défendant les hétéro, les bi, les trans et tout ce qui peut s'imaginer, je défends bien entendu les gynans, qu'ils soient papillons et bien entendu humanoïdes, où on les désigne sous le nom d'hermaphrodites, contracté en :  hermas !



Les ocelles de pavonia me donnent une idée :

je vais vous montrer plusieurs cas où nos papillons

arborent des yeux impressionnants !



PS (1) : non seulement cela fait 6 saturnidae, mais manque Samia cynthia, 7ème !


http://www.european-lepidopteres.fr/Satyridae-Mimetisme-Chazara-briseis.html


PS : (2) Antherea yamamai a bien été introduit en France en 1855 par Félix Edouard Guérin-Méneville, comme Samia cynthia, afin de trouver une espèce remplaçant le ver à soie, victime de la pébrine. Je n'ai aucune idée de l'endroit où il vit encore, (pas en France en tous cas, mais plus à l'Est à partir de l'Italie), alors que Samia cynthia reste le "chinois de Paris" ! 


cela nous fait deux yeux de plus !



PS (3) : c'est la quatrième année de mariposa del ano :

https://babone5go2.blogspot.com/2018/02/mariposa-de-lano-2018-votez.html


dans les billets qui suivent, j'ai prévu de vous montrer les yeux de toutes formes
qu'arborent nos papillons

étonnant !

1 commentaire:

  1. Aricia morronensis est également présent dans les Hautes-Pyrénées. J'ai pu l'observer sur deux stations sur lesquelles je dois garder la discrétion. Je l'ai également découvert sur un autre spot que nous sommes que deux à connaitre (en principe). Il est encore certainement présent en d'autres lieu très localisés car il s'éloigne guère de sa plante hôte dont les massifs sont souvent de quelques M2 et en des lieux vertigineux.

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