jeudi 7 avril 2022

B14 Torpédo ; limousine bordeaux, 17 ans après !

L'opiniâtreté est l'art  de poursuivre le même effort pendant longtemps : cela permet d'évoluer, et pour un collectionneur, cette vertu est indispensable : s'il ne se disperse pas, il pourra cumuler les variantes, ce qui est typiquement l'objet d'une collection : changer dans la continuité !


26 Juillet 2005, c'est la Sainte-Anne. Depuis la veille, nous séjournons à Vichy, ou plus précisément à Saint Yorre à l'Hôtel moderne. Je passe en tout 7 heures et demie dans l'atelier du 4 impasse Givois le 25 après-midi et le 26 matin à regarder l'équipe s'affairer, à faire telle pièce ou telle autre. J'ai commandé au Maitre d'Art-Collection-Auto célèbre pour ses Bugatti au 1/8è, (il va m'en fabriquer trois sur mesure) un Torpédo B14 Citroën. Il n'a fait jusqu'à présent qu'assembler les limousines dont il a acheté la marque Brepsomn en faillite au Tribunal de Commerce, et le stock de pièces détachées en 1996, 9 ans auparavant, et le challenge pour lui, qui sait tout faire, est de me faire plaisir : je lui ai demandé un exemplaire spécial de Torpédo, avec tous les accessoires possibles dont une capote ouvrante ; un pare-brise ouvrant ; des pare-chocs, et il a dit : oui. Le challenge est qu'en 1927, André Citroên a créé la première limousine échelle 1/7, un jouet destiné aux parents aisés de l'époque, pour que leurs rejetons achètent plus tard la vraie voiture. Un prototype de Torpédo a bien été réalisé, mais jamais reproduit en grand nombre. S'il est nécessaire de commander, ce n'est pas suffisant : le jour de la livraison il est indispensable que le maitre d'ouvrage soit là en personne, car si l'essentiel est prêt, aucun détail n'est fabriqué, il faut vraiment prendre livraison et disposer d'une journée pour insister pour avoir les dernières pièces ! Nathalie a l'habitude d'assembler une Bugatti 35 sortie de peinture en trois jours. C'est elle qui recouvre de cuir les deux banquettes de bois, après avoir intercalé la mousse, ce qui crée les côtes quand elle tire un fil tous les 8mm. C'est elle qui est chargée du nickelage du bouchon de radiateur, et de la barre que je fais ajouter à Jean-Luc entre les phares Marchal. Comme l'objectif est de reproduire le prototype jamais diffusé, indispensable d'être sobre : les phares sont créés à l'identique des Bugatti, une fausse ampoule jaune, un faux adorable feu rouge, mais aucun ne doit fonctionner ! C'est Jean-Luc qui crée toutes les pièces de "bijouterie" : le pare-brise pivotant dans lequel s'incruste la vitre en plexi, va savoir pourquoi, le temps la fera virer en jaune, comme si c'était fait exprès ! ... et les pare-chocs en laiton massif nickelés, les seuls que j'installerai jamais sur mes modèles qui normalement n'en possèdent pas ! Ainsi que l'armature de la capote, que je recouvrirai plus tard de tissu, un modèle que je perfectionnerai sur la Normande pour décapoter après avoir capoté. Mais quand il faut peindre, c'est Jean-Paul Fontenelle "qui s'y colle". Il passe ainsi chaque roue au tour pour y poser au pinceau le filet de peinture couleur bordeaux de la caisse. Pour créer le tableau de bord en alu guilloché, et surtout l'entourer d'un anneau nickelé, il doit s'y reprendre deux fois ! Touche finale, je lui demande un bouchon de radiateur. Superbe, il sort de ses boites secrètes quelques éléphants en argent véritable destinés à la Bugatti Royale, en coupe un du jet d'argent, le polit, le brase (à l'argent) sur un fil au pied, et perce non seulement le bouchon mais la tige filetée sur laquelle il se visse pour que l'éléphant s'enfonce bien ! Dix-sept ans après, l'argent est devenu noir, il faudrait que je fasse un peu "l'argenterie" ! 


Pendant les jours qui suivent à Toulouse jusqu'au vendredi 29 juillet, Anne coudra la capote après avoir bâti un patron, comme pour une robe. Ainsi que les garnitures intérieures, même technique que pour les sièges. J'ajouterai des baguettes d'acajou, les boutons à l'intérieur des portières, et découperai au sol les tapis (de sol) achetés il y a quelque mois au marché St Pierre à Montmartre.

Depuis lors, Jean-Paul qui avait préparé quatre autres modèles en laiton à partir de la mienne, en a terminé un bleu-clair ; Jean-Luc un autre bleu-foncé, et moi deux autres : après le prototype d'origine en 1927, ce sont donc 5 modèles qui ont été construits après 2005 à mon initiative.





Voilà que dix-sept ans plus tard je découvre vendu en Allemagne un modèle Swiss made des premières fabrications, extérieur impeccable, phares d'origine ...que je trouve inadaptés. Je gaine l'intérieur, pose de vrais phares, et électrifie le tout dont l'intérieur que l'on voit ainsi la nuit.


une cocotte Voisin, à côté de l'éléphant Bugatti ... noirci !

la collection dans la continuité

d'habitude, il arrive (un jour) que le collectionneur vende, tout d'un coup

vende sa collection

j'ai écrit un mode d'emploi pour expliquer les modèles qui vont ensemble

ces deux-là par exemple 

sont cousins ! 




PS (1) : les 5 Torpédo





PS (2) : des accessoires adaptés scale 1:7è : cartables Mulberry


une variante bordeaux





I prefer the made in France !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire