mercredi 8 septembre 2021

Nidia, la cieca fioraia di Pompei (1)


J'ai eu du mal à trouver ce titre en italien, pour décrire Nina, schiava di Pompéi, esclave ; cieca donc aveugle ; et fioraia vendeuse de fleurs, l'un des personnages du film que l'on doit nommer Gli ultimi giorni di Pompei, et non pas les derniers jours de Pompéi, ou pire last days of Pompéi !


Tout vient une fois encore d'un fil d'Ariane, que je tire à partir d'une sculpture que me propose ebay, toujours ces histoires d'intelligence artificielle, et dont je vous parlerai demain : dans le film, ou plutôt dans ses différentes versions car la plus ancienne date de 1913, il y a l'histoire émouvante d'une jeune et plutôt jolie esclave, elle vend des fleurs comme dans les années 50 on en trouvait dans les restaurants vendues par des gitanes, et au moment de l'éruption de l'Etna, elle se sauve sous les lapili, aidée de son seul bâton, et elle disparait....!

Le film 1913 18 41 mn

https://www.dailymotion.com/video/x659xar


la scène par Karl Brullo, reprise dans le livre

le livre d'Edward Lytton




superbe le tableau d'Herbert Gustav Schmalz, un préraphaélite, il faudra que je vous en montre davantage !





bien entendu, l'histoire de Nidia a passionné les artistes, dont le sculpteur américain Randolph Rogers

comme on passe de l'Italie à l'Amérique, un y va remplacer le i pour donner Nydia


Nydia, the Blind Girl of Pompeii by Randolph Rogers (1825–1892). Sculpted in Rome, 1856. Marble. Overall: 137.16 x 61.6 x 91.44 cm (54 x 24 1/4 x 36 in.) Weight (approximate): 1100 lb. (1100 lb.) Block (marble base attached object --3/8 pin hole under socle): 8.26 x 57.79 x 60.33 cm (3 1/4 x 22 3/4 x 23 3/4 in.) Museum of Fine Arts, Boston. Gift of Dr. and Mrs. Lawrence Perchik. Accession number 1973.617







Bien que le site du musée ne mentionne pas que Rogers représente ici une scène célèbre du très populaire Les derniers jours de Pompéi de Sir Edward Bulwer-Lytton , la statue réalise le passage suivant du chapitre intitulé « Le désespoir des amoureux. La condition de la multitude » :

« Pendant ce temps, Nydia, séparée par la foule de Glaucus et d'Ione, avait vainement tenté de les regagner. En vain elle poussa ce cri plaintif si particulier aux aveugles ; il se perdit au milieu de mille cris de terreur plus égoïste. Encore et encore, elle retournait à l'endroit où ils s'étaient divisés, pour retrouver ses compagnons partis, pour saisir chaque fugitif, pour s'enquérir de Glaucus, pour être précipitée de côté dans l'impatience de la distraction. Qui, à cette heure, a épargné une pensée à son voisin ? Peut-être que dans les scènes d'horreur universelle, rien n'est plus horrible que l'égoïsme contre nature qu'elles engendrent. Enfin, Nydia pensa que, comme elle avait été résolue à chercher le bord de la mer pour s'échapper, sa chance la plus probable de rejoindre ses compagnons serait de persévérer dans cette direction. Guidant ses pas, donc, par le bâton qu'elle portait toujours, pauvre fille ! — son courage était beau à voir ! — et le destin semblait favoriser une femme si impuissante ! Les torrents bouillants ne la touchaient que par la pluie générale qui les accompagnait ; les énormes fragments de scories faisaient trembler le trottoir devant elle et à côté d'elle, mais épargnaient cette forme frêle : et quand les moindres cendres tombaient sur elle, elle les secouait avec un léger tremblement, et reprit intrépidement sa course… 


 

"Nydia, la fille aux fleurs aveugle de Pompéi" était la sculpture américaine la plus populaire du XIXe siècle. Selon Rogers, elle a été répliquée 167 fois en deux tailles. Le sujet est tiré de "Les derniers jours de Pompéi" (1834), un roman largement lu de Lord Edward Bulwer-Lytton, qui se termine par l'éruption du Vésuve en 79 après JC. La représentation évocatrice de Nydia par Rogers met en lumière sa tentative héroïque de conduire deux compagnons hors de la ville en feu et couverte de cendres. Ses yeux fermés et son bâton font allusion à sa cécité, tandis que la main levée vers son oreille fait référence à son sens aigu de l'ouïe. La destruction de Pompéi est symbolisée par le chapiteau corinthien brisé à côté de son pied droit....

il fallait bien cette description pour faire attention à ce détail !

demain, je vous en montre une autre, 

Nidia !



là c'est Micheline Presle, l'affiche du début


je vous rassure :

 il y a une suite !

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