mercredi 5 juin 2019

Réception chez Pau Casals








Encore une platja au bord de la mar : c’est un quartier d’el Vendrell, à Sant Salvador, encore un lieu où les pêcheurs retiraient leurs barques catalanes sur la plage. Pau Casals y fait construire sa maison en 1909, il avait 33 ans. Une maison pas si grande, mais entourée d’un jardin à la romaine, d’une grande galerie de sculptures, surmontée d’un belvédère. J’imagine que le café-restaurant n’est pas d’époque, ni la réception-boutique. Blanche, rehaussée de motifs bleus, un goût discret et parfait.







Une seule chambre ; une seule salle de bains ; une salle à manger, on dirait la maison conçue pour une seule personne, pourtant à l’époque, celle des cinq années des premières tournées internationales (1901-1905), le maestro vivait avec la violoncelliste Guilherma Suggia ? Je me régale des peintures de paysages et les signatures se suivent : Père Creixams Pico ; Domingo ; Joaquim Mir ; Eliseu Meifren ; Ramon Casas ; Santiago Rusinol …










Deux pièces détonnent par leur grandeur : le salon de musique, avec violoncelle et piano ; et la salle de la Vigatà qui la jouxte : dans les années 30, Pau en achètera les peintures, réalisées par Francesc Plà dit « El Vigatà », un peintre catalan du XVIIèS Je retrouve Léda et son cygne, mais les autres allégories sont moins lisibles, du moins pour moi.








Il conservera cette demeure comme son point d’attache catalan, tout en vivant à Paris ; à New Rochelle dans Nova York où il épouse la soprano Susan Metcalfe. En 1939, il part en exil à Prades de Confluent où il s’installe dans la villa Colette avec Francesca Capdevila et la famille Alavedra. Je cite le bouquin sur le festival de Prades : « Pourquoi pas à New York, à Londres, à Paris, à Genève ? Rappelons de suite que souvent, les impressions les plus fortes, les plus profondes, ont été reçues dans certaines retraites. Or Prades est précisément l’un de ces coins de terre retiré et béni. Cette région rappelle la Thessalie, et la chaine du Canigou fait penser au Pinde, le séjour des Muses. Ce pays, d’un aspect si classique et si doux, convient à Casals. Il s’y est réfugié, nous (ses amis) y sommes venus ».  Il y créera le festival en 1950. En 1957, il rejoint Porto Rico, terre natale de sa mère, un pays dont la beauté lui rappelle la Catalogne, y crée là encore un festival, et se marie avec Marta Monsanez.










En 1961 il donne un concert à la Maison Blanche, invité par le Président Kennedy, qui lui décerne la médaille de la liberté, pour son action en faveur de la paix, au travers de son oratorio « el Pessèbre », (la crèche), sur un poème de Joan Alavedra, toujours lui. Il compose l’hymne pour les Nations Unies, et un auditorium permet de l’entendre et de voir le chœur en 1971.




« Je ne conçois pas la vie sans la musique », « no es pot separar la mùsica de la vida » et la musique accompagne la visite. La musique est un langage universel, qui transcende les frontières de la langue, de la politique et des nations. Il ajoute : « Bach, com la naturalesa, ès un miracle ! »

très émouvant d’être reçu chez Pau Casals !

Un autre discours prémonitoire quand il affirme que la nation catalane dispose d’une constitution bien plus ancienne que celle de l’Angleterre.

Comment conclure ? Nous attendons sagement au restaurant voisin treize heures, en sirotant 3 copas de vino blanco. Frais, sec, le Sorbet Garnatxa Blanca est une petite merveille. Nous poursuivrons de quelques plats typiques avec le même vin : personne sur la platja ; personne sur la route, retour dans la paix, l’harmonie et la beauté.



discours aux Nations Unies

j'aime bien quand il s'adresse aux "dear lovers of beauty, dear lovers of peace"





écoutes le chant des oiseaux : 
https://www.dailymotion.com/video/x1bfek

el Pessèbre :https://www.youtube.com/watch?v=hro8tXF4frs


je vous ai déjà raconté comment la visite se termine :









































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