mardi 18 juin 2019

Orion catastérisé : ce n'était pas Psyché !

                 ce n’était pas Psyché !

Je vous ai raconté des histoires, mais je me repens !


C’est le Figaro qui me donne l’alerte : un numéro spécial sur les Trésors de Pompéi, illustré par une peinture superbe de Léda, le cygne sur les genoux.  Je me dis : -« quels trésors, puisque nombreux ont été trouvés l’année dernière » ?  Peut-être existe-t-il de nouvelles photos » ? C’est en effet le cas : quelques mois après, la mosaïque découverte à Pompéi qui m’avait si fortement intrigué révèle ses secrets : je m’étais fait abuser par les ailes de papillon, que je croyais désigner Psyché, transformée en déesse après avoir été mortelle : elles désignent en réalité Orion, transformé en constellation. Cette transformation est une catastérisation !

Je vous explique, en reprenant les propos de plus sage que moi, Fabien Bièvre-Perrin, dont je cite le blog : https://twitter.com/fabienbp/status/1078593024349913089?lang=fr


Il faut dire que Massimo Osanna, Professore di Archeologia Università di Napoli “Federico II”, qui parle un Français parfait, a eu le temps de décrypter la mosaïque, et de s’entourer de tous les conseils, comme ceux de Jean-Baptiste Feldmann photographe du ciel, dont je reprends aussi les propos. Il a été interviewé par the Times et vous trouverez ci-dessous le scan illustré.

In fine, le thème de cette mosaïque en plusieurs scènes est le suivant :  le géant Orion devient constellation après avoir été piqué par le Scorpion.

Je vous rappelle l’histoire : Octobre 79 après J.-C. : la ville italienne de Pompéi est ensevelie sous plusieurs mètres de cendres après une terrible colère du Vésuve. L’éruption est accompagnée de nuées ardentes qui ne laissent aucune chance aux nombreux habitants qui n’ont pu fuir à temps (on parle de 3.000 morts). Depuis la découverte du site au XVIIe siècle les campagnes de fouilles se succèdent. La dernière en date a permis de mettre à jour une étonnante mosaïque : elle  illustre le mythe d’Orion et du Scorpion.

voici la casa del mosaico di Orione : la pièce est toute petite
et la mosaïque entière, souvent représentée par morceaux séparés

Comme le raconte sur son compte Twitter Fabien Bièvre-Perrin, Docteur en Histoire et Archéologie des Mondes Anciens à l’Université Lyon 2, il s’agit d’une mosaïque située dans la  Maison de Jupiter. Selon Massimo Osanna, directeur du site, cette fresque illustre la transformation du géant Orion en constellation après avoir été mortellement piqué par le Scorpion.

La constellation d’Orion fascine les hommes depuis des millénaires. Les photographes aussi, depuis que leurs capteurs sont assez sensibles pour l’immortaliser. Cette constellation est sans conteste la plus belle de toutes. Elle nous raconte l’histoire d’un chasseur arrogant qui mourut foudroyé par le venin d’un scorpion.
  


Parmi les nombreuses versions de ce mythe, il y a celle de la mythologie grecque transmise par le poète Homère. Elle nous révèle que le chasseur géant Orion passait son temps à se vanter de ses prouesses. Une attitude qui avait le don d’exaspérer Héra, sœur et femme de Zeus. Elle lui envoya alors un scorpion qui le piqua et le tua.



Zeus transforma alors les deux protagonistes en constellation (on appelle cela la catastérisation). Mais il prit soin de les éloigner l’une de l’autre dans le ciel pour qu’elles ne se croisent jamais : l’une se lève quand l’autre se couche.



Lorsque l’été approche la constellation hivernale d’Orion a déserté le ciel. Il faudra attendre l’automne pour la retrouver à l’aube. Au sud de la Voie lactée qui se lève actuellement en milieu de nuit le Scorpion a pris la relève, accompagné par la planète Jupiter.

Je vous décompose les scènes :

en bas, la Terre (d'où sort le scorpion) est représentée par le cobra :

plus haut, le scorpion avale tout bonnement Orion, dont on ne voit plus que la partie supérieure :



c'est bien Orion, désigné par l'épée au côté gauche


même partie centrale, par Massimo Osanna



voici maintenant l'interview de Massimo dans le Times

je reprends de bas en haut






voilà, vous savez tout, davantage que dans le Figaro !



voici une idée des recherches en cours


Léda me fascine toujours :





c'est vite vu sur France culture :

https://www.franceculture.fr/histoire/pompei-pourquoi-tant-de-nouvelles-decouvertes

Orion par Florian Gebhart : les multiples facettes de la représentation d'Orion

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