mardi 18 septembre 2018

Varengeville sur Manche


Il n’y a pas que les iles grecques ; la baie de Naples (Lamartine la qualifiait de « plus belle baie maritime du monde, la plus belle vue terrestre étant les Pyrénées vues de Pau » le saviez-vous ?) : il y a les falaises de Biarritz, soumises à l’érosion de l’Océan. Et celles de Dieppe, face aux falaises identiques d’Angleterre.












Varengeville est à ce propos typique : elle domine la Manche. Sa petite église tout en haut de la falaise est proche de l’une de ces valleuses permettant d’accéder à la mer. Varengeville est célèbre pour son cimetière marin (qui n’abrite aucun marin) mais où sont enterrés, entre autres, Georges Braque, concepteur d'un vitrail de l'église, Georges de Porto-Riche, Albert Roussel et Jean Francis Auburtin. Le vitrail bleu représente l’arbre de Jessé et est typique de l’artiste.




Claude Monet a visité Varengeville et peint ses paysages sous toutes les facettes et toutes les lumières possibles. Je vous ai montré...à Madrid, au musée Thyssen-Bornemisza, sa Marée basse à Varengeville, peinte en 1882. 

http://babone5go2.blogspot.com/2018/07/monet-boudin-madrid.html







Après les années noires de Vétheuil (mort de sa femme Camille, vie avec Alice et les huit enfants, manque d’argent chronique), Claude Monet et sa famille recomposée ont déménagé à Poissy en décembre 1881. À peine installé, Claude Monet part seul pour deux mois, en plein hiver, à Pourville, près de Dieppe, et va en rapporter une quarantaine de paysages, ainsi que quelques portraits et natures mortes effectués les jours de pluie.

Il y retournera le 15 juin avec compagne et enfants et louera la villa Juliette pour trois mois, mais l’effet villégiature l’empêche alors de travailler au calme. Malgré les efforts qu’ils coûtent à Monet (« ce que j’ai commencé de toiles est insensé, mais hélas sans pouvoir arriver à rien terminer » écrit-il), les paysages de 1882 sont parmi ses plus belles marines . Durand-Ruel en achètera cinquante durant l’année.

il y a même des pins sur la falaise à Varengeville





on descend à la mer par de petits chemins au fonds des valleuses
Varengeville annonce le pays de Caux, cher à Maupassant, né à Miromesnil, à une dizaine de kilomètres de là, entouré de champs bleus de lin. Mais la mer attire le visiteur comme un aimant. Il est impossible aujourd’hui de creuser de nouvelles tombes, en raison de risques de glissements de terrain. Bien entendu, le visiteur peut rentrer dans l’Église Saint Valéry, elle même enterrée, pour découvrir le vitrail de Braque installé un an avant sa mort. En sortant il redescendra vers la mer, « vers la mer étoilée, vers la mer entoilée » selon Jacques Prévert, lui-même enterré discrètement dans un autre petit cimetière marin près de la Hague à Omonville la Petite, tout en haut de la pointe du Cotentin.





Jacques Prévert écrivait, dans «les Choses et autres», dernier recueil publié de son vivant, paru en 1972: «Mangez sur l'herbe /Dépêchez-vous / un jour ou l’autre / l’herbe mangera sur vous !»


merci à :


  et pour son iconographie sur Monet à Varengeville :



demain, 

le bois des Moutiers !

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