jeudi 14 avril 2016

Une journée à Toulouse

effort...
           ...réconfort

Pour nous anciens Toulousains, nous rendre dans la Capitale est devenu une épreuve : le motif est souvent sanitaire (du terme : « santé »), que ce soit dentiste ; ophtalmo ; spécialistes divers ; polyclinique du Parc, on connait par cœur. Justement, on se rend là-bas, le premier problème étant de garer le véhicule. Une fois fait, grâce au pourboire infiltré dans le robot ad-hoc, il faut trouver le lieu de rendez-vous dans le labyrinthe des couloirs. Heureusement pour les mal voyants, privés de toute indication du service d’ophtalmologie, une marque de pas verts les guide au sol…du moins s’ils y voient assez pour se guider sans guide, mieux vaut venir visiter avec un aide qui y voit.

Une fois l’effort du patient de se faire examiner récompensé par le prélèvement de deux cartes-bleues en échange de deux diagnostics (mieux en vaut deux qu’un seul on ne sait jamais), un verdict apaisant nous rassure : -« revenez dans six mois, on y verra mieux » (si l’on peut dire, le jeu de mots est gratuit). Ouf, où donc a-t-on garé le véhicule, le coin est rempli de petites rues encombrées, ouf on le retrouve, on peut engager la phase réconfort.

ça donne envie, on peut même se faire conseiller pour ses dernières volontés

Car si l’on regarde bien son chronomètre, on peut risquer de garer le véhicule au parking Jean-Jaurès.  Espérer y trouver une place vacante. Ne pas se retrouver à l’autre bout (flûte, nous y sommes). Et par cette chaleur qui caractérise Toulouse quand l’été arrive au printemps, rejoindre l’Entrecôte à la fin du premier service.

Dans cette époque cruelle où tout chancelle, notamment l’économie, il est en effet un havre de croissance jamais démenti, qui attire les Toulousains comme un aimant, c’est l’Entrecôte. Une queue longue comme à la Sécu, c’est plein dedans. Ce n'est plus "nuit debout", mais "jour debout" ! Des hommes seuls, s’empiffrent de frites. Je diagnostique là un burn-out avancé. Une pâleur inquiétante d'un visage pas rasé. A côté une glycémie glyquée pas très catholique. Encore un diabète avancé. Un repaire pour la Sécu, tous ces convives qui vont consulter après (nous l’avons fait avant, démarche singulière). 

quoi de plus réconfortant que des Toulousains faisant la queue...
...quand vous êtes assis ?

Des dames seules. Comme nous faisons la "queue-jour-debout", et bavardons entre nous, nous voyons des dames entrer,  la revue « cherche un mec.com » dépassant de la poche. –« Bonjour c’est moi amoureuse.com, où donc est Jojo-séducteur qui m’a promis de me faire déjeuner gratos » ? Vous voyez le genre, c’est mixte, on mange la viande rouge dans sa sauce sublime, avec en face Mimi-friponne. Si l’on n’a pas trop banqueté, on est prêt à faire… des choses après ? Je vous vois sceptique. Venez, c’est rigolo, c’est convivial. Il y a trois services successifs. Un vrai microcosme.

tout y est : la vitre pour voir et être vu, les frites, la sauce, un peu de Gaillac nommé Constance

Miracle, on nous place à deux devant la vitre : c’est le must pour les vrais Toulousains : voir qui est dans le restaurant, qui on pourrait draguer. Surtout être vu des ceusses qui font la queue dehors, alors que vous mâchez lentement pour faire durer le plaisir, et bien leur montrer que vous avez tout votre temps.

Belle journée ma foi :

on y voit encore, pourvu que ça dure

on a fêté ça à l’Entrecôte


que ça dure… toujours !

il n'y avait finalement pas tout car on a fini par cela !




PS : c'est une habitude : la dernière fois c'était :

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