mardi 20 octobre 2015

Un balcon dans la mer (13)

Villa dels Munts


C’est extraordinaire : nous avons tellement cherché il y a trois ans, et nous habitons juste à côté ! Il suffit de s’y rendre à pied, on ne peut faire autrement, entre voisins ! La rue descend, puis remonte, nous sommes en bas d’une colline calcaire, dominée par une prééminence d’où on voit bien le village de la Haute-feuille lui aussi perché sur une hauteur. Il subsiste les traces des carrières d’où ont été extraites les pierres de ce qui était un village : une villa romaine, avec sa partie habitée ; ses thermes ; mais aussi ses locaux de travail, ses citernes, et les jardins. Sans oublier les parties agricoles périphériques : en haut les champs d’oliviers sur des terrasses quasi intactes. Plus loin les terres fertiles pour la vigne ; les légumes et les céréales. J’imagine qu’elles étaient irriguées ? Des chèvres sur les terrasses. Des ânes ; de mules ; des chevaux : des moutons. Y avait-il des vaches et du lait ? Je suppose.


Nous sommes au milieu du 1er siècle. Reliés à la Ville de Tarraco par la via Augusta. Sans doute pouvait-on s’y rendre aussi par mer ? Il devait y avoir quelques barques catalanes remontées sur le sable ? Le chic (quand on est le numéro deux de la Ville) est comme aujourd’hui de disposer d’une résidence secondaire, avec une partie les pieds dans l’eau : « un balcon sur la mer » ne date pas d’aujourd’hui, nous poursuivons les mêmes fantasmes à 2000 ans de distance !


Voilà les quatre conditions auxquelles doit répondre toute bonne construction : l’eau me semble primordiale, et je n’arrive pas à comprendre : la citerne au nord est imposante, quasi intacte avec son revêtement étanche et sa vidange qui pourrait encore servir. Sauf que le rejet se fait au Nord, à l’opposé de la Villa qui donne au Sud ! Comment se remplissait-elle ? La roche lisse forme un impluvium naturel qui devait ruisseler lors des gros orages. Je veux bien qu’elle se remplisse toute seule ?





Plus complexe encore la citerne (bouchée) seule survivante d’une série de 6, avec son arc (roman) encore entier. Même impluvium ? En tous cas, à partir de cette hauteur, partent des tas de canaux encore visibles alimentant les thermes à mi-pente, donnant vers le Sud.

















Sinon, on retrouve les pièces habituelles, petites malgré la grandeur du site. Des morceaux de mosaïque ; de marbres, le tout soigneusement pillé (depuis 2000 ans…), la partie où restent les mosaïques est soigneusement recouverte, interdite au public.


essentiel : latrinas
essentiel pour Faustina : le chauffage central

essentiel pour Caius : la piscine d'été dite frigidarium
La partie la plus spectaculaire est couverte par un long hangar : les murs ont encore les ocres-rouge d’origine, et les fresques sont émouvantes. Le sol est carrelé de mosaïques simples, que les restaurateurs (pourquoi ont-ils cette allure de hippies ?) soufflent au compresseur avec application.





J’oubliais : nous sommes chez Caius Valerius Avitus,

marié à Faustine.

L’été, des figurants invitent les estivants à visiter leur sweet home


Il existait bien une résidence les pieds dans l’eau, mais voici l’explication de sa disparition : entre les barbares ; les incendies ; et l’érosion de la mer, il ne reste en effet plus grand chose !

Quand les archéologues recruteront-ils des hydrologues

pour expliquer comment les Romains

utilisaient tant d’eau douce 


sans rivière à côté ?

les vestiges des thermes marins

et les quatre phases de leur degradation

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