samedi 17 août 2019

You know the tinted venus ?

la traduction ci-dessous : ce n'est pas de l'anglais, mais du grec ancien

Vous savez quel fil j'ai tiré pour vous emmener à Liverpool ? A la Walker Gallery ? Dans ce temple de la statuaire antique ? J'y cherche une oeuvre de Weigèle, le sculpteur de la Diane de Bagnères de Bigorre, intitulée la femme athénienne. Je ne la trouve pas, sans doute n'ai-je pas la bonne traduction, faut-il dire athenian girl, athenian lady ? Mais tombe sur une Vénus, une de plus, dont j'ignorais jusque là l'existence : jamais je ne serais venu la chercher à Liverpool ! !

Sculpture gallery Walker Art : un fouillis de merveilles... avec au centre :



Je suis sympa, je vais vous le faire en français ! A moi le risque de la traduction, je vais tenter d'être fidèle au texte original !

Connaissez-vous l’histoire de la tinted Venus, la Vénus teintée de John Gibson ?  Je vous emmène donc à Liverpool, où les esthètes, les grands de ce monde qui ont fait fortune, sont épris de sculpture antique. Vous savez qu’à l’époque, la statuaire en marbre des Grecs était peinte, ce qui conduisit Gibson  à expérimenter la réplique des anciens. John Gibson, né le 19 juin 1790 et mort le 27 janvier 1866, est un sculpteur néoclassique gallois. Il a étudié à Rome auprès d'Antonio Canova. Il excelle surtout dans le bas-relief, notamment dans ses œuvres en grandeur nature comme The Hours Leading the Horses of the Sun et Phaethon driving the Chariot of the Sun, mais se consacre aussi à l'art monumental et à la statuaire.


lors d'un transport à New York, elle n'avait jamais quitté Liverpool !






En 1833, Joseph Neeld lui commande la Venus Verticordia,  pour son domicile à Grittleton Hall, l'une des plus importantes collections de sculpture de l’époque. Puis c’est Robert Preston, industriel de Liverpool, et son épouse, qui lui commandent une deuxième version, celle que je vais vous montrer, actuellement visible à la Walker Art Gallery. Gibson colore la statue. La pomme d'or attribuée par Paris est dorée, et la même dorure est appliquée sur la tortue aux pieds de Vénus. Celle-ci a les yeux bleus, les cheveux or, les lèvres rose incarnat, et une chair délicatement rosée.



J’imagine que madame Preston préférait avoir chez elle la Vénus en marbre de son mari, plutôt que Robert batifole en ville avec une vraie dame de vraie chair, mais de petite vertu ?

Vous devinez l’accueil, les cris d'indécence,  en particulier lorsque la Vénus fut exposée dans une structure en forme de temple à l'Exposition internationale de 1862. En même temps, sa renommée était faite : Gibson reçut ensuite trois commandes, dont deux teintées, dont la version destinée au marquis de Sligo (maintenant dans la collection Resnick). Il  produit ensuite d'autres statues teintées, telles que la Pandora réalisée pour le 2e duc de Wellington en 1856, et achetée par Lady Marian Alford ; puis une deuxième version pour M. Lawrence de Liverpool "coloré [sic] à sa propre demande". Le succès de la tinted Vénus est évident !

Dans la figure de Vénus, la déesse romaine de l'amour, John Gibson a trouvé son sujet idéal. Cette œuvre, avec son visage légèrement modelé et ses courbes élégantes, représente un parangon de beauté féminine, à l’image des statues classiques que le sculpteur a tant admirées. Et pourtant, Gibson s'est efforcé de proposer une beauté au-delà du physique. Dans un récit de sa vie, publié en 1870, il aurait déclaré: "L'expression que j'ai essayé de donner à ma Vénus était cette élévation spirituelle du caractère qui résulte de la pureté et de la douceur, associée à un air de dignité et de grâce non affectées".

Vénus tient une pomme, récompense qui lui a été attribuée par le berger Paris pour sa beauté. C'est un fruit souvent associé dans l'art à l'amour charnel, mais Gibson a appelé sa statue Vénus Verticordia - «la retourneuse de cœurs». Il ne s’agit pas de l’Aphrodite légère et prompte du mythe grec, mais de la vertueuse Vénus maternelle qui a supervisé la fondation de Rome. Le 1er avril, les Romains vénéraient Vénus Verticordia comme une déesse de la chasteté, comme le dit le poète Ovide dans son poème sur le calendrier romain, Fasti , livre 4, 157-161 :

"À l'époque de nos ancêtres, Rome étant dans une période sombre, a consulté la vénérable Sibylle Cuméenne. Elle a ordonné la construction d’un temple à Vénus et, ce faisant, la déesse a pris le nom de Verticordia. "

Aux pieds de la statue, presque cachée par son drapé, se trouve une tortue sur laquelle l'artiste a gravé une inscription en latin, OPUS IOANNIS GIBSON ROMAE - "oeuvre de John Gibson, Rome". L'animal fait probablement allusion à la naissance légendaire de la déesse de la mer.


il faut relire le jugement de Pâris !

après un déplacement à Bagnères (de Bigorre)

une visite à Liverpool s'impose !


c'est une grand dame :
poids : 270 kg hauteur : 176 cm, largeur de la base : 51 cm, profondeur de la base : 44 cm, largeur au point le plus large : env. 65 cm, profondeur au point le plus profond : env. 45 cm

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire