mardi 20 août 2019

Jour de Chine à Luchon


Je joue sur les mots : tous les ans, en août, se répandent les marchés à la brocante, avec au mieux un passage au niveau supérieur, celui des antiquités. Il y a longtemps qu'il n'y a plus d'antiquités, le marché étant épuisé, les belles choses sont désormais soit chez les particuliers ayant à la fois du goût et de l'argent, et se constituant une collection personnelle, soit chez les grands antiquaires de Las Vegas par exemple, enfin dans les musées. Fréquenter un salon d'antiquités devient donc un exercice risqué, du moins pour ceux qui ayant accumulé un certain nombre de dizaines d'années, ont le souvenir d'avoir vu peu à peu disparaître les objets d'art originaux, peintures, sculptures, pâtes de verre et j'en passe...

Va-t-on après tant d'autres salons avoir une surprise à Luchon en cette mi-août 2019 ? Nous y allons quand-même : qui expose, quoi ? d'où ?

c'est "jour de Chine à Luchon" !

Je fais exprès un jeu de mots : autrefois "chiner" signifiait "fouiller" avec l'espoir de trouver un Caravage oublié dans un grenier. On pouvait trouver un Gallé oublié ; une fonte de Barbedienne jetée au rebut, un vitrail presque-pas-cassé ; une vierge du Comminges dorée rejetée par un athée ; un marbre romain...quoi d'autre encore ?

Aujourd'hui chiner signifie : "dénicher une copie chinoise", achetée chez Alibaba ; importée par un pays anglo-saxon, et présentée par des marchands vous prenant pour une bille, en espérant vous fourguer une copie mal recopiée dans une usine de Chine.

Merci à Anne Roumanof d'avoir inventé la question : 

-"en avez-vous envie, en avez-vous besoin" ?

Je m'explique :

Déjà entrant dans le parc du Casino, nous sommes une fois encore accueillis par la substitution égyptienne d'Isis dévoilée, de André-Joseph Allar, (encore un envoi de l'Etat), qui cache l'absence de la Fortune, d'Ernest Christophe, que j'aimais tellement, et qui a disparu ...où ?



Ensuite, cela continue


une reprise de le Faguays, la fameuse lampe "Clarté", vous me direz qu'il s'agit d'une résine, pour cent Euros, l'acheteur ne risque pas grand chose !




Là, c'est le Pompon ! un gros-ours-blanc de Pompon, en vrai bronze certes, mais 5500 Euros quand-même ! par contre, un vrai rétable doré, que l'on dirait sorti d'une église ... fracturée ?



Voilà la brocante contemporaine, vous me direz que collectionner les objets du GIGN devient un sport national... et civique !






Voici l'Art Déco chinois importé : le fantasme du guépard de Visconti, (ou de Cartier) de la sculpture de bronze, est facile à satisfaire, merci Alibaba :






Tous ces objets bling-bling, sont faciles à importer :


le pire, c'est que tout cela n'est pas donné !

attention aux salons d'antiquités à l'intention  des touristes

achetez directement chez Alibaba ...

ou chez Pacific Compagnie Collection, rue Saint Honoré ? ?



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