samedi 14 janvier 2017

La pomme d'Adam (suite)

Firmin Baes était belge
1874-1943
J'ai traité hier  cette histoire d'Adam avec une certaine désinvolture...pardon au Docteur Moret ! 

Mais compulsant mes archives avec le sous-titre : "Adam dans la peinture", je m'aperçois que les grands Maitres n'ont pas manqué de glisser dans leurs toiles des allusions très suggestives : le Paradis d'abord, est représenté comme une oasis de biodiversité protégée, une sorte de "jardin planétaire", comme on n'en trouve plus aujourd'hui que dans les Parcs nationaux, et encore !

Le personnage principal reste Eve : prétendument sortie, extraite (chirurgicalement) d'une côte d'Adam, le premier humanoïde terrestre, elle représente la sexualité telle que la pratiquent les mammifères : des sexes masculin et féminin, qui vont perpétuer l'espèce en mélangeant au hasard leurs chromosomes, permettant grâce à cette formule géniale de créer de la diversité, ce que Darwin a nommé la "possibilité d'évolution". Aujourd'hui, nous sommes évolués, (enfin, en principe), et bientôt "augmentés", grâce à la possibilité ouverte par les croisements mâles-femelles de produire (de temps en temps) des génies.

Par construction, Eve est donc attirante, revêtue de charmes, de silhouettes de parfum, d'attraits, bref ! conçus comme pour les papillons pour attirer à elle les reproducteurs. Elle choisit, trie celui qui lui parait le plus apte à transmettre leurs gênes, voilà pourquoi elle décide in fine.

Voici Eve telle que la voient les peintres : quelque part il y a une pomme. Mais la Reine, c'est la Femme. La procréatrice. Elle porte le bébé. Elle pourrait à la limite se passer de mec. (Elle y tend de plus en plus dans notre société évoluée).

Gerardo Sacristan Torralba 1907-1964

c'est le même peintre
Il a compris, lui, qui était Eve
comment Adam pourrait-il résister ?

(j'ai trouvé des tas de toiles dans ce genre en consultant les peintres catalans)

Bruno di Mario 1944
est-elle assez séduisante ? on va vérifier (là où c'est essentiel) ?

Quant à Adam, il a vite conscience que son rôle (pourtant décisif) ne s'exprime qu'au cours d'une étreinte finalement brève. Le reste du temps, l'essentiel de sa fonction, a été décrit par Lorentz pour les poissons : on en descend, c'est pareil pour nous : c'est après avoir transmis ses propres gênes (à moitié), nourrir sa famille ; et se battre contre les concurrents. Et, dans la fameuse perspective d'évolution, rechercher le Progrès, la Performance, et accessoirement... la Vertu. 

je sais bien qu'il ne s'agit pas d'Adam
pourtant, l'homme est bien fait pour supporter la charge du poids du monde
par Giovanni Francesco Barbieri 1591-1666

Vous voyez qu'il ne la ramène jamais trop, Adam, conscient en croquant la pomme de s'être "fait avoir" pour l'éternité :

Edward Brune
Jan Gossaert dit Mabuse


Hendrick Goltzius :
l'animal familier n'est plus un lapin, mais un gros matou
c'est le  bouc qui fait l'allusion à l'acte d'amour



Que le Moyen-Age ait mis tout ça en avant

n'est que conscience éclairée du rôle relatif des hommes

virés du Paradis terrestre !

il faut Hans von Staschiripka Canon (1829-1885) pour nous montrer l'Homme
frappé par l'évidence de sa condition
mais aussi par son potentiel : il est la première Créature bon sang !
du même : der Kreislauf des Lebens ou
le Cycle de la Vie
je vous laisse méditer sur la femme-sphinx au centre, au-dessus du Créateur...
...qui bulle : il a l'éternité pour Lui !
PS : sur le thème d'Eve éternelle :

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