dimanche 9 octobre 2016

Virgen de la cinta...


...à Tortosa

Nous dégustons notre parillada, et Daniel C, toujours lui, raconte :

-« il a fallu à un moment de l’histoire chrétienne, expliquer l’Assomption de la Vierge. L’assomption, c’est la montée au ciel de la maman de Jésus, il fallait bien que cela arrive à un moment ou un autre, lui-même ayant  rejoint son Père là-haut.  Comment expliquer ce mystère au vulgum pecus ? 

Alors a été inventée une histoire : la Vierge est apparue la nuit du 24 mars 1178 à un moine. La Vierge laçait son vêtement par une ceinture lui entourant la taille. Ca on comprend. Or la ceinture était détendue, mal serrée, quasiment délacée. On devine la scène de l’ascension : la vierge monte au ciel comme une montgolfière (pardon de l’irrespect). Sa ceinture finit par se délacer. Elle tombe lentement au sol (en tournoyant). Thomas, l’apôtre sceptique, est là comme toujours, il est le symbole du doute, et justement...la ceinture lui tombe dans les mains ! 

Le raisonnement s'impose : puisque la ceinture est tombée (par les lois de la gravité), c’est bien que la Vierge est montée…au ciel. Donc plus de doute, elle a rejoint son Fils, assis à la droite de Dieu, le Père créateur du Ciel et de la Terre ». 

CQFD.



Après une histoire pareille, impossible de ne pas prendre immédiatement la voiture, direction le sud, le delta de l’Ebre, la Cathédrale de Tortosa.

l'Ebre, et le monument en mémoire des 150000 républicains morts pendant la guerre civile




Figurez-vous que c’est en 1148 que Ramon Berenguer IV (marié à Pétronille d’Aragon) conquiert la ville, sa mosquée, (il faut voir le boulot qu'il abat pour reconquérir le territoire occupé par l’islam…) et tous les biens des archevêques locaux. Il transforme la mosquée en cathédrale en tirant parti des bâtiments musulmans. Je ne vous raconte pas la suite, les noms des évêques et tout et tout. Comme à chaque fois, il y a des moines, la règle de Saint-Augustin, un cloitre, bref la vie monastique.


le Coran, c'était avant !

l'évêque roule en Audi, il le vaut bien


Le temps passe puisqu’il nous faut arriver à 1672 pour voir créée la Chapelle de la Virgen de la Cinta, une luxueuse chapelle baroque, avec des fresques, des peintures, des inscriptions d’or, des marbres, et même d'adorables lampes Art nouveau. Dans le cas d’espèce, comme tout le monde connait l’histoire de la ceinture, et que c’est la cinta la vedette, la Vierge la présente tenue entre les mains, pour bien montrer que c’est l’objet prouvant son assomption.






















Je m’amuse à la découvrir sous toutes les formes, affiches ; peintures diverses ; fresques au plafond ; sculpture d’argent, (à ce propos Joseph n’a pas été oublié avec sa grande équerre), et sur le rétable en majesté, la Virgen est entourée de Pierre et Paul ; Je suis sauvé par mon Lumix, grâce à son célèbre zoom, et à son pouvoir de capter le peu de clarté dans l’obscurité totale, malgré la lumière artificielle chichement dispensée quand on met un euro dans la fente de la boite ad hoc.



la fameuse chapelle de la Virgen de la Cinta










je termine par Joseph...


...quand-même...!


c'est mon troisième prénom...celui de notre grand-père !

délicat d'imaginer l'assomption de Joseph : il y a déjà un Père là-haut !
la main droite est vide, ou l'objet (un compas ?) est parti ?

l'équerre à la main gauche !


Nous sommes tellement estomaqués par la visite qu’il nous faut nous remettre :

monter au fort qui domine la cathédrale

et déjeuner (malgré le prix) au

Parador


de là-haut, on voit la Ville, l'Ebre, et le toit plat de la Cathédrale !
à suivre !


ça ne peut vous faire du mal !

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