samedi 15 octobre 2016

Frédric Bazille

dernier jour au Musée Fabre

 à Montpellier


C'est une histoire touchante, celle d'un jeune peintre qui fut l'ami des plus grands impressionnistes parisiens. Une vocation contrariée comme souvent par un père autoritaire qui préférait le métier (solide) de médecin, plutôt que les hasards d'une vie d'artiste. Tué, les soldats le sont toujours bêtement, à la guerre, la guerre de 1870. Il reste de lui des peintures superbes, et un tombeau non moins impressionnant au cimetière protestant de Montpellier. Jean Richard en a fait une biographie détaillée, qu'il nomme : "Itinéraire d’un peintre soldat jusqu’au 28 novembre 1870"

Une enfance paisible issue d’une famille illustre  Frédéric Bazille, de son véritable prénom Jean-Frédéric, nait à Montpellier le 5 décembre 1841. Les Bazille étaient installés à Montpellier depuis le XIIIe siècle au moins.

 Le père de Frédéric, Gaston Bazille (1819-1894), était agronome et viticulteur. Voilà pourquoi je me sens concerné. Très jeune celui-ci devint l’un des notables de la vieille cité languedocienne. Elu sénateur de l’Hérault en 1879, il prend une grande part à la  reconstitution des vignobles après leur destruction par le phyloxera. Malgré leur vie active et leur austérité, ils témoignent d’un goût très vif pour les choses de l’art. Gaston Bazille avait épousé en 1840 Camille Vialars (1821-1908), de vieille souche terrienne. Quoique de santé fragile, elle était d’une infatigable charité à secourir les petites gens et les pauvres. 

Très tôt Frédéric Bazille voit naître en lui une vocation de peintre. Aussi après avoir passé son baccalauréat en avril 1859, le jeune homme exprime le désir de se vouer à la peinture. 

Ses parents s’y opposant et voulant qu’il ait auparavant une situation « dite sérieuse », Bazille entreprend à contrecœur, des études de médecine, mais tous ses loisirs, l’étudiant les passe à peindre. 

 En octobre 1862, Frédéric arrache enfin à ses parents la permission de poursuivre ses études à Paris. Il abandonnera rapidement la médecine pour se donner tout entier à la peinture. Il s'installe successivement rue de Furstenberg, rue de Visconti et rue de La Condamine, dans des ateliers dont il reste les peintures :











rue de Condamine




rue de Frustenberg






rue de la Condamine, on voit au centre Bazille, très grand,  palette à la main.
. Manet, coiffé d'un chapeau, regarde la toile sur le chevalet
Edmond Maitre à droite est au piano. Au-dessus, une nature morte de Monet que Bazille aidait en lui achetant des toiles. Les trois personnages de gauche sont plus difficiles à identifier, mais il y aurait Monet, Renoir (qui partageait l'atelier), et  Zacharie Astruc
Les spécialistes reconnaissent les tableaux, refusés au  Salon, de Bazille et Renoir
C’est à Paris que Bazille rencontrera  Claude Monet, Auguste Renoir ou bien Jean-Baptiste Corot, Paul Cézanne, Camille Pissaro et Gustave Courbet, Alfred Sisley, Otto Scholderer, Henri Fantin-Latour, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, les photographes Nadar (de son vrai nom Félix Tournachon) et Etienne Carjat (qui réalisa le portrait de Frédéric offert par la famille Bazille à la municipalité de Beaune et exposé actuellement dans le bureau du maire), mais également Léon Gambetta et se lia de sympathie avec Edouard Manet.

Evidemment, je suis séduit par les toiles d'Aigues-Mortes, 

dont la porte de la Reine !







...mais aussi par ce paysage du Lèz :

on n'oublie pas que nous avons vécu à Montpellier !


.
 Un tableau célèbre est celui-ci : Dans la propriété de Méric, Gaston Bazille réunissait les siens pour son anniversaire, le 27 août. Ce tableau est assez surprenant. Toujours dans ses recherches de personnages en plein air, Bazille semble avoir fixé une image de ce qui était et ne serait plus. Tous les regards de cette famille assemblée convergent vers  le peintre, c’est à dire vers nous, les voyeurs, comme si nous venions de surprendre ou de  déranger leur réunion intime ou comme si cette famille allait être frappée d’un malheur inconsolable...



En août 1870, il s'engage dans un régiment de zouaves. Il est tué, à 29 ans, au combat de Beaune-la-Rolande. En franchissant le ruisseau des Mazures il aperçoit des femmes et des enfants passant en courant pour chercher un abri dans les fermes près du cimetière.

 Ses camarades d'infortune rapporteront plus tard qu'à ce moment Frédéric se mit à crier en se levant :

 ‘’Surtout ne tirez pas sur les femmes et les enfants ‘’. 

Au mépris du danger Bazille s'élançe à l'attaque et reçoit une balle dans le bras et une autre dans le ventre avant de s'écrouler mortellement blessé. Il va vivre quelques moments encore, tandis que la bataille se poursuivra jusqu'à la tombée de la nuit. Il a toute sa conscience et se sait néanmoins perdu. Profitant d'un moment de calme, ses amis zouaves le couchent près du ruisseau. A l'un d'eux, il confie sa bague en lui demandant de la faire parvenir à ses parents. Vers 4 heures 30 de l'après midi il expire. Il avait à peine 29 ans.

Le 15 décembre, le corps de Frédéric Bazille, que son père fou de douleur alla chercher sur le champ de bataille, est inhumé au cimetière protestant de Montpellier où depuis, sa famille a élevé un monument à sa gloire. La stèle représentant le buste de Frédéric Bazille est sculptée par son ami d'époque : Auguste Baussan. La jeune fille qui tend à bout de bras un rameau d'olivier est l’œuvre du sculpteur Chapus qui l'a baptisée : La Jeunesse. La stèle porte l'inscription :  ‘’ C'est un honneur de mourir pour sa patrie ‘’.









Il faut vous dépêcher !







dernier jour demain !

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