jeudi 26 novembre 2015

Isabelle Boulay chante Reggiani...

...et la beauté !

Joli concert hier soir au théâtre Marmignon : c’était sans doute le top du programme de la saison : une vedette affirmée, avec son charmant zeste d’accent Québécois !

Et…elle parle ! elle explique joliment chaque chanson, la replaçant dans son contexte à elle : sa rencontre avec Reggiani, elle était débutante, il l’invite chez lui, vous devinez l’émoi ! Elle tombe sur sa femme à lui (le stress !) plus le Régisseur. Le pianiste, bref tout le staff ! Sans aucune transition, Réggiani la fait répéter, la corrige, une exigence de pro….et lui propose tout de go : ce soir Concert au Palais des Congrès : vous m’accompagnez ! (peut-être l’a-t-il tutoyée de suite ?). Elle y va ! Et déjà admirative, elle s’habitue à  côtoyer le grand chanteur et son entourage…. Aujourd’hui, elle prolonge son souvenir, une voix superbe, accompagnement superbe, les paroles de Jean-Loup Dabadie sonnent, magnifiques !

Impossible de tout rapporter, j’ai bien pris des notes dans le noir, le concert dure deux bonnes heures ! Isabelle chante « ma Solitude » de Georges Moustaki :

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m'en suis fait presqu'une amie
Une douce habitude
Ell' ne me quitte pas d'un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m'a suivi ça et là
Aux quatre coins du monde

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Quand elle est au creux de mon lit
Elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
Tous les deux face à face
Je ne sais vraiment pas jusqu'où
Ira cette complice
Faudra-t-il que j'y prenne goût
Ou que je réagisse?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Par elle, j'ai autant appris
Que j'ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
Jamais elle ne désarme
Et si je préfère l'amour
D'une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
Ma dernière compagne


Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude


Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude


Un comportement de Reggiani l’intrigue : après chaque chanson, il regarde vers les coulisses : c’est comme un tic ! Qu’y a-t-il donc caché, Qui ? Vers qui se tourne-t-il constamment, cherchant un assentiment ? un regard vissé au sien ? une approbation muette ? un encouragement ?


Isabelle finit par comprendre : Serge cherche le regard de sa femme Noëlle ! Alors, elle avoue cette anecdote : devenant à son tour tête d’affiche, elle dispose une chaise, cachée dans les coulisses. A la fin de chaque chanson, imitant Serge, elle cherche du regard l’assentiment … ? Mais à ce jour, personne ne s’est (encore) assis sur la chaise …  qui reste vide.

Y a-t-il un candidat dans la salle ?

Elle nous présente son guitariste. Son violoniste, il joue de tous les instruments y compris l’ukulélé. Il s’agit de Marc Papillon-Ferland. Je kiffe sur un pareil nom : « Papillon », vous vous rendez-compte ?


Le véritable ami, qui l’a accompagnée dès sa première tournée alors qu’il était déjà célèbre pianiste, c’est Benoit Sarrazin. Piano grandiose d’abord, il sonne comme une fanfare à lui seul. Accompagnement de Maître, l’instrument souligne les temps forts, accompagne les moments d’émotion, Isabelle se penche sur Benoit, le caline, allume le feu (de Benoit), il répond avec la fougue de l’instrument, union de l’instrument et de la chanteuse, c’est du grand art, très beau moment de superbe musique.
Benoit Sarrazin


Isabelle a cette définition de l’ami : 

-« un ami, c’est quelqu’un qui te connait…
et qui t’aime quand-même ! »

Pour nous de « Saint-Gaudens-Pyrénées-France », nous apprenons que Venise n’est pas en Italie, Venise est partout,  ici aussi, ça fait plaisir !

T'as pas de quoi prendre l'avion ni même un train
Tu n'pourrais pas lui offrir un aller Melun
Mais tu l'emmènes
Puisque tu l'aimes
Sur des océans dont les marins
N'ont jamais vu la fin
Tu as le ciel que tes carreaux t'ont dessiné
Et le soleil sur une toile de ciné
Mais tu t'en fiches
Mais tu es riche
Tu l'es puisque vous vous aimez

Venise n'est pas en Italie
Venise c'est chez n'importe qui
Fais-lui l'amour dans un grenier
Et foutez-vous des gondoliers
Venise n'est pas là où tu crois
Venise aujourd'hui c'est chez toi
C'est où tu vas, c'est où tu veux
C'est l'endroit où tu es heureux

Vous n'êtes plus dans cette chambre un peu banale

Ce soir vous avez rendez-vous sur le canal
Feux d'artifice

La barque glisse
Vous allez tout voir, tout découvrir
Y compris le Pont des Soupirs
Ça durera un an ou une éternité
Le temps qu'un dieu vienne vous dire "assez chanté"
Quelle importance
C'est les vacances
Tout ça parce que vous vous aimez

Venise n'est pas en Italie
Venise c'est chez n'importe qui
Fais-lui l'amour dans un grenier
Et foutez-vous des gondoliers
Venise n'est pas là où tu crois
Venise aujourd'hui c'est chez-toi
C'est où tu vas, c'est où tu veux
C'est l'endroit où tu es heureux

Venise n'est pas en Italie
Venise c'est chez n'importe qui
C'est n'importe où, c'est important
Mais ce n'est pas n'importe quand
Venise c'est quand tu vois du ciel
Couler sous des ponts mirabelles
C'est l'envers des matins pluvieux
C'est l'endroit où tu es heureux


l’envers des matins pluvieux

l’endroit où tu es heureux !

quel poète pour écrire ces vers !

Je pourrais poursuivre deux heures, le pont Mirabeau, Verlaine, on a droit aux prolongations. Dès le début Isabelle nous a dit son bonheur d’être avec nous, « pour faire reculer la peur ».

Sensible, fine, elle déclare : je ne chanterai pas : « les loups sont entrés dans Paris » !

toute la salle y pensait

Marc Papillon-Ferland

Elle préfère conclure par la chanson de Diane Dufresne :

Ne tuons pas la beauté du monde



Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
Chaque fleur chaque arbre que l'on tue
Revient nous tuer a son tour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas le chant des oiseaux
Ne tuons pas le bleu du jour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C'est maintenant qu'elle se joue

Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous


Ouf, je me sens moins seul :

Liberté, égalité, fraternité



Beauté




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