lundi 2 novembre 2015

Les papillons dans la peinture (11 )

el techo del tocador de senoras

c’est à Murcie, au Casino

(suite des papillons dans la peinture (1)

Le hasard fait toujours bien les choses : recherchant les bâtiments modernistes de toute l’Espagne, je tombe sur Murcie, le Casino, un bâtiment étonnant en pleine Ville. L’influence musulmane est patente, et présente de superbes vitraux, des salons, en même temps qu’un péristyle pompéien…et le salon des dames, orné de multiples glaces…

…et quel plafond !







L’auteur est le peintre José Marín-Baldo i Burgueros. D’origine de la Ville, il est né à Almeria le 16 Juin 1864, où son père était architecte de la province. Famille riche et cosmopolite. Fils de Jose-Marin Baldo et Cachia (1828-1891), architecte renommé à la cour de Madrid petit-fils du célèbre Salvador Marín Baldo et Fullea (1804-1872) maire de Murcie. Il est mort à Gérone le 14 Juin 1925,  marié avec Emilie Kaufmann Baumert, d’Alsace. Fille de Joseph et Caroline Kaufmann.
 


Il passe son enfance entouré de l’élite culturelle de son temps. Depuis son enfance, son père entrevoit de grands talents artistiques, et le présente dans différentes expositions notamment en 1884 ; 1887 et 1916 à Madrid. Il reçoit une bourse pour étudier  la peinture à Paris, où il peint les jardins du Luxembourg. Lors de son séjour, il peint pour  la famille Bonaparte, ce qui le rend célèbre en France.
En 1918, li obtient la chaire de professeur titulaire à l'École Normale de Gérone. Au cours de cette dernière phase d'enseignement, il  expose pour l'aristocratie de Gérone, jusqu'à la fin de sa vie, le 14 Juin 1925.




Le mystère commence en 1922 : le conseil d'administration du Casino de Murcie lui commande la décoration du plafond des dames et après plusieurs projets, il exécute une allégorie de la nuit, où trône naturellement au centre la Lune, Selene chez les Grecs.  


Que veut-il dire ? La lune, la nuit, règne sur la création, sur la Nature, représentée par des personnages en papillons ? Dans la mythologie grecque primitive le soleil passe après la lune – qui inspire une grande peur superstitieuse, car son intensité ne diminue pas à mesure que l’année décroît et on lui attribue le pouvoir de fournir de l’eau aux cultures ou de les en priver. Les trois phases de la lune – nouvelle, pleine et vieille – rappellent les trois âges du matriarcat. La déesse s’identifie aux transformations, selon les saisons, de la vie végétale et animale ; et donc à la Terre-Mère qui, au début de l’année dans le monde végétal, ne donne que des feuilles et des bourgeons, puis des fleurs et des fruits, puis cesse de produire.  La lune « descend »  donc en fonction du temps, rythmant suivant sa position dans le ciel la vie sur Gaia la Terre. Dans cette « descente », son corps est censé être d’une blancheur lunaire, (elle ne voit jamais le soleil Hélios), et elle traine dans ses cheveux les flammes recueillies tout là-haut ?
  

IO (le paon du jour) rend hommage à la lune, devant Actias Luna, symbole de la nuit
à droite l'Aurore a toute sa place

et voici Mars, Dieu de la guerre, représenté en dame !
le second Machaon à gauche

un magnifique Apollo, à côté d'un papillon vert... indéterminé
observent la descente en piqué de Séléné

Que représentent les papillons fort précisément représentés ? Papillons de nuit dont Luna, on devine qu’ils sont à leur place ? Papillons de jour, pourquoi ? Pourquoi Io si en évidence devant l'aurore ? Pourquoi Machaon deux fois ? Pourquoi Machaon associé à Graellsia Isabellae qui a été découvert en Espagne par Graells en 1849 !

Il faut être sur place, car il parait que de tout endroit d’où l’on regarde le plafond, les yeux des personnages vous suivent, provoquant un effet troublant.

Pas commode pour les dames qui se mirent dans les miroirs, avant (et après) s’être rendues

aux toilettes !


il faut admirer sur place !


Senora Machaon recoiffe sa copine Isabellae dans le salon des Dames
elles sont au-dessus de tout ça !

Super-Selene descend sur Terre cheveux en feu
le personnage central : Luna !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire