vendredi 26 juin 2015

Leclerc of yesterday

Je dirais aussi : past Leclerc


ou : que faire d’un ancien Leclerc (vide) ?

Car la question est bien là : si l’on inaugure un nouveau Leclerc, c’est que l’on a déménagé l’ancien. Il porte toujours la célèbre enseigne. Il est fermé…sauf la station-service, car le carburant est toujours dans les citernes, et un automate 24H/24 permet toujours aux automobilistes d’alimenter leur véhicule avec une simple carte bleue.

C'était il y a 6 ans !

l'expression de la Dépêche ne manque pas d'a propos :


"le magasin installé avenue de l'Isle sera neutralisé" !
Pour rendre le sujet intéressant, google map nous montre le plan de situation : il y a bien l’autoroute, mais on a du se tromper de sortie, il n’y en a pas, donc pas d’accès facile pour les fournisseurs : la nouvelle implantation remédie à ce défaut curieux (et rédhibitoire). En y regardant de près, on voit le parking (plein à l’époque, aujourd’hui il est vide). La grande surface toujours couverte, même si les mauvaises langues affirment que les fuites du toit ne garantissent pas la sécheresse totale à l’intérieur.

Il y avait des caisses (pour y affecter des caissières) : vides. Il y avait des galeries marchandes : vides. Il y avait un restaurant, la Basserie de l'Isle : vide. Qui dit restaurant dit comptoir : il y avait des machines à bière… je n’ose affirmer qu’elles ont été vidées ?

bref, tout à l’intérieur de quoi créer…un Leclerc,

sauf que Leclerc est parti, fini… ?

dommage d'avoir oublié la sortie d'autoroute !

…pas tout à fait… car quand un bâtiment est obsolète, mal alimenté par le train (ce n’est pas le cas) par l’avion (non plus) ni l’autoroute (yes) on le déménage ailleurs : 40 millions, un plan d’amortissement, des emprunts, des partenariats…. Tout cela est aujourd’hui résolu. A qui le vendre ? Personne ne veut plus d’un bâtiment obsolète, mal desservi, mal situé…. sauf ….

…il y a toujours quelque part des innocents qui peuvent prendre…. : les habitants eux-mêmes, il faut que je vous explique.

Quand la Banque de France décide de vendre un superbe bâtiment de prestige, Hausmanien avec salle des coffres et tout et tout, qui peut bien acheter ? Réponse : l’intercommunalité, les élus, donc les habitants (forcément contribuables).

google map floote les plaques pour éviter les indiscrétions, comme les plaques de voitures

Quand Leclerc décide de vendre, et qu’aucun nouveau commerce ne peut concurrencer la nouvelle implantation, qui peut bien acheter ? Réponse, la Commune, les élus, le Maire, donc les habitants (forcément contribuables, rassurez-vous, la taxe foncière est émise par l’intercommunalité d’un côté, et la commune de l’autre, et donc s’ajoutent).

C’est là que cela devient « marrant » (si l’on peut dire). Une administration, quand une Commune achète, fixe le prix. C’est un morceau des Finances, les Domaines, l’administration garante des intérêts des citoyens-contribuables. Des Eliot Ness, au-dessus de tout soupçon. Chez nous en France, ils le sont tellement qu’ils sont un peu…dans les nuages… sans aucune expérience de la vie de tous les jours. On leur demande d’évaluer un Leclerc, ils sont pleins de respect devant l’importance de ce qui leur est rapporté comme un hyper. Ils donnent donc un hyper prix, se moquant totalement de ce que le bâtiment est vide, inoccupé, fuit, est mal desservi par l’autoroute, disons 5 millions 5. Ils se moquent totalement du pouvoir d’achat d’une Ville de 11.500 habitants, considérés comme « pauvres » pour le Centre-Ville, avec 18% de taux de chômage, et se disent : -«ils peuvent payer, ils paieront toujours, on n’est pas en Grèce » !

Se passe alors un premier évènement extraordinaire : l’ancienne municipalité décide d’acheter. On n'a un an plus tard toujours pas compris pourquoi, sans doute pour donner un coup de main au promoteur ? Mais fait un deal avec le dit-vendeur, qui recevra 6% de son investissement, 6% ce n’est pas rien, c’est une aide que refuserait l’Europe si on lui demandait l’autorisation, pour distorsion de concurrence, bref…) c’est 2,4 millions. Extraordinaire, les habitants crient au miracle, on a économisé la moitié de l’évaluation des Domaines, preuve qu’ « ils » ont surestimé le prix. Le Maire (l’ancien) signe quelques jours avant le second tour, sans aucune idée d’une part de la manière de payer puisqu’il est le premier à savoir les caisses communales vides. On n'a un an plus tard toujours pas compris pourquoi, sans doute pour....?... (voir ci-dessus). Et sans aucune idée de savoir que faire d’un Leclerc vide car ce n’est pas évident de reprendre ainsi un commerce mal desservi, qui fuit, avec aucun Chef pour faire la cuisine du restaurant (puisqu’elle (c’était une dame) a créé son propre restau sachant que celui de l’Isle serait fermé) (tant qu'à faire, je vous recommande son adresse. Elle n'a pu s'installer au nouveau Leclerc. Dommage ! La table d'Emilie (elle s'appelle Emilie). 153 avenue François Mitterand 05 61 79 39 13. Pas de chance, elle n'a pas encore de site internet)


 la Brasserie de l'Isle avait une excellente réputation !

Les élections ont lieu, premier tour, second tour, troisième tour, et une nouvelle municipalité est élue avec une forte majorité, les électeurs (qui sont les habitants-qui-sont-les-contribuables qui ont une peur bleue de voir leurs impôts locaux augmenter se pressent de soutenir un nouveau Maire qui promet d’arrêter l’hémorragie financière. Un  an après, exploit quasi réussi.

Se passe alors un second évènement extraordinaire : il faut bien faire avec les prêts toxiques (6 millions, héritage d’une précédente municipalité d’encore avant). Quelques garanties d’emprunt de 5 millions (quand-même, là c’est la municipalité précédente). Et le Leclerc à payer ! On augmente les impôts de 9% en 2015, le gain espéré va annuler le désengagement de l’Etat, 600.000 Euros. Il ne reste rien pour payer…le Leclerc !

Le vendeur est au courant. Les Domaines sont certainement au courant. Tout le monde est au courant. Le Maire (le nouveau) négocie en secret. Le vendeur préfère récupérer quelque chose plutôt que rien. La nouvelle Municipalité est prête à payer quelque chose plutôt qu’une somme insensée. Ca s’appelle un compromis. Le compromis sort en public. Présentation en Conseil Municipal lundi 8 juin 2015. Le public est présent. La presse est présente. Tout le monde a été prévenu par écrit 15 jours auparavant, délai légal. L'ancien Maire est absent, rendez-vous pressant ?

Se passe alors un troisième évènement extraordinaire : le prix (souvenez-vous, à l’origine 5,5 millions, réduit de moitié à 2,4) descend à 800.000 Euros Hors taxes (il se balade 20% de TVA dans cette histoire). Il sera payé sur dix ans, le vendeur consentant le prêt sans intérêts correspondant. Il a préféré quelque chose plutôt que rien ! Le contribuable (c’est une formule, ils sont plusieurs) s’en tire avec 80.000 Euros par an pendant 10 ans. On a eu chaud, on revient de loin !

Dans toute histoire, (ici on a évité le drame), il faut une chute !

... et un épilogue.

J’attends avec impatience (des histoires d’assurances certainement) de pouvoir entrer dans le Leclerc vide, pour prendre place derrière le comptoir. Tous les contribuables ont le même droit, on va faire une inauguration ?

A ce propos, nous avons pris une décision. Dans le fameux Conseil Municipal du 8 juin : on a décidé d’acheter une licence IV. Pour les néophytes, c’est le droit de distribuer de la bière, plus généralement de l’alcool. Car si l’on passe derrière le comptoir sans licence, c’est comme si on avait une voiture sans permis, impossible de conduire !

Pendant cinq ans, dans une vie antérieure, j’ai tenu un bar. Il était privé, j’y invitais les voisins agriculteurs, les nombreux anglais voisins eux aussi, et même la gendarmerie. J’avais une installation complète, je pouvais accueillir 25 couverts, mes tapas étaient renommés dans tout le Gers (enfin la partie du sud). Nous avons vendu, ruinés par la consommation répétée des convives, enchantés de mes cocktails fameux…et gratuits. Le riche anglais qui a acheté a fermé le bar (peut-être avait-il un côté écossais) ?

J’aimerais tenir le bar 


du Leclerc  municipal !





PS1 : tout cela ne date pas d'hier, voir notamment :






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