lundi 6 février 2017

Spécial Ulysse !

Jésus dessine sur le sol
J'interromps tous mes programmes pour la déclaration de François ce lundi  6 février : j'ai bien écouté, il rage d'une colère froide, avoue avoir été déstabilisé, avoir du passer 5 jours pour rassembler les agendas soigneusement conservés depuis 36 ans (il y a longtemps que j'ai jeté les miens), s'excuse d'avoir troublé les Français, et brise le silence.

Au moins, il donne sa version, très crédible : il parait tel qu'il est, un Mec-Bien, pas grand monde ne moufte des journalistes devant lui, devant des pratiques maintenant surannées des usages de nos Parlementaires, qu'il va falloir définitivement supprimer. Pénélope était bien salariée, déclarée, imposée, bien payée au salaire moyen de 3677,73, vive les époux qui rémunèrent leur épouse à ce niveau correspondant à leur diplôme de sortie d'études supérieures ! Et devant le risque que la moitié des Français ne puisse affirmer leur point de vue dans l'élection présidentielle.

Comme le passé me sert à décortiquer le présent, je pense aussitôt à Saint-Jean (8,1-11), et à la parabole de la femme adultère.

Attention ! il ne s'agit pas de Pénélope, c'est une comparaison d'un autre ordre, toute faute avouée étant à-demi pardonnée dit-on !

Voici l’histoire d’origine telle que la raconte Saint-Jean :

"Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. 

encore les traits au sol de Pieter van Lint
c'est en latin que la scène prend tout son sel :
Jesus Christus, a Judaeis (les Juifs) qui adulteram ipsi obtulerant, tentatus, illos pudore suffusos, repellit
praecipiens ut qui sine peccato est eorum
primus in illam lapidem mittat

Nicolas Poussin, toujours les traits au sol
il a écrit des trucs, on voudrait savoir !

Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. »

Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. 

Va, et désormais ne pèche plus. »

Evidemment ce qu’omet de dire Jésus, grand sage, c’est qu’une femme n’est adultère que dans la mesure où elle trompe son mari certes, mais avec un autre homme. Ce dernier est a priori disculpé dans la mesure où tout le monde considère que pour lui pécho une meuf , inclus la meuf d’un autre est un exploit. Il arrive même qu’il s’agisse de la meuf d’un copain. L’exploit est de ce fait un peu altéré; C'est encore pire s'il s'agit non plus d'un copain, mais d'un ami. Là si l'épouse est coupable, l'ami aussi, il peut mériter la mort donnée par le mari légitime : il bénéficiera de circonstances atténuantes : comme crime d'amour !

La morale est tellement fragile aujourd'hui, qu'elle nécessite de bien réfléchir au sens et au contre-sens, ce qui est bon pour l’un devient mauvais pour l’autre. 

Jésus conclut en proposant que quand il y a erreur, on ne persévère pas, 

c'est déjà pas mal !

Je conserve pour ma part 

toute mon estime pour Ulysse

pas de souci :
 Thomas a été le premier à vérifier
quand c'est bon c'est bon !
il Guercino (1591-1666)
les visages sont étonnamment contemporains !
Harrich Jobst Nürnberg 1580-1617



PS : il faudrait relire : "La femme adultère" d’Albert Camus (Nouvelle n°1 du recueil : L’exil et le royaume, Gallimard, 1957, Folio n° 78, 34 pages)


pour lire la déclaration de salaire et fortune d'Ulysse :

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