jeudi 9 février 2017

Léda se fait pécho (3)




Le peintre est Edward John Poynter 1883, j'adore ses reconstitutions antiques, quand il nous montre sa Diadumène (normalement, il s'agit de la statue d'un monsieur, pourquoi ce nom pour cette Vénus ?) : l’alibi du classicisme lui permet de risquer cette nudité, très crue pour l’époque en Angleterre,  et qui le fera taxer d’immoralité  : la Vénus de l’Esquilin aux Thermes, reconstituée avec bras intacts, et la beauté qui va avec :

le fameux doigt sur le chignon
Pour sa restitution des bras, Poynter imagine que la jeune fille attache ses cheveux avec un ruban, avant le bain. Dans une longue lettre au Times, il explique que c’est le petit doigt de la main gauche encore visible sur l’arrière de la tête, et la direction du ruban, qui lui ont inspiré cette reconstitution : bras gauche levé pour tenir les cheveux tandis que le droit enroule le ruban.

Je trouve pour ma part cette restitution très crédible !



L’oiseau (qui n'est plus un cygne) peut se comprendre comme un témoin innocent – la projection autorisée du spectateur dans le tableau – bien que sa posture le classe dans la tradition des "volatiles érectiles"...le cygne est bien loin, un simple déviant de coq ! 


aucune chance devant Vénus !

...cette fois c'est Hans Zatska ...

...qui nous montre une cigogne : Léda (si c'est elle, mais on en est un peu loin)  joue avec la beauté des papillons : je vois un citron dans le vol des piérides. Elle tient (je vous le dis car on ne la distingue pas bien) une grenouille verte dans la main droite : l’ironie étant que l’objet de l'intérêt de la cigogne (elle ou il car c'est un monsieur, n'a plus rien d'un Dieu)  n’est pas la Belle, mais la minuscule grenouille qu'elle lui fait espérer : le désir est  réduit à la gourmandise : Zeus s'il s'agissait de lui, en est réduit à ...  la concupiscence d'un estomac...!


on est bien loin de Léda, et du désir (charnel) qu'elle inspire

au Roi des Dieux !

1859-1945, Vienne

cette fois c'est fini ?

...quoique ... ?

(à suivre...)


merci à http://artifexinopere.com/?p=5084

du même Zatska : dans la nuit étoilée

Vénus entourée de ses prétendants,
plein de Cupidons ailés
si vous voulez voir des cygnes de Hans Zatska, 
en voilà :


franchement là, Léda pêche vraiment les cygnes, non ?

Trois femmes, trois cygnes ?
non, le quatrième se pointe derrière !

des flamands roses, presque pareil !

tiens ? un papillon à gauche !
ces dames s'éclatent entre elles !

Léda et ses gardes du corps


Hans peint même des papillons !

je kiffe !


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