mercredi 15 octobre 2014

Paul Ducuing à Saint-Gaudens


L’explication est à Sienne !


Germain Monfort a fait fort hier soir, à la fin de sa conférence sur le Monument aux morts de Saint-Gaudens. Déjà dans la revue du Comminges il avait expliqué ce monument, difficile à interpréter faute de documents sur le parti pris de l’artiste. La tentation de chacun étant de voir (de croire voir) sous le poilu victorieux juché sur le monument, un autre combattant… fusillé.

Jamais le Maréchal Foch présent le 28 octobre 1923, jour de l’inauguration, et connu comme un croyant convaincu, n’aurait pu tolérer une telle représentation ! Le poilu que soutient dans ses bras la France voilée, en deuil, après l’avoir  détaché de l’arbre où il a été ligoté, est habillé de son manteau. Les brisques (les chevrons) qui définissent les années passées sous l’uniforme de ce « briscard » sont présentes (un fusillé aurait été dégradé). Il est coiffé de son casque. Sa gourde est au sol. Non, ce n’est pas la tenue d’un fusillé : ce n’est pas l’explication !

mon Lumix, sans flash, a repris sur l'écran cette projection de Germain Monfort
je n'ai pas publié la rare photo de Paul Ducuing dénichée (enfin) par le conférencier
pour lui conserver la primeur de sa découverte !

Paul Ducuing est un artiste. Il a fait ses classes à Rome comme il se doit pour un artiste classique. Il connait la Villa Médicis, mais il connait aussi Sienne. Il connaissait Duccio di Buoninsegna. Il a compris qu’un des millions de poilus morts pour la France, morts pour la liberté, avait incarné ce don de soi inouï : mourir pour donner la liberté à son pays.

Comme le Christ en croix cherchait à expier les péchés des hommes, le poilu emporté par la folie de la guerre, privé par elle de sa propre liberté, ligoté symboliquement, a donné sa vie.

Comme Marie l’a fait pour le Christ, la France (voilée de la même manière) descend le corps du poilu de la croix (symbolique) sur laquelle il était attaché. La partie basse du monument, c’est « une descente de croix » !

Duccio, Sienne, les mêmes liens aux pieds !

Paolo di Rimini (Louvre)

A elles seules, les visions rapprochées des œuvres, peinture  pour Duccio di Buoninsegna, sculpture pour Ducuing, convainquent de l’explication. Quand on a vu, puis compris, c’est lumineux !

Bravo Germain Monfort, comme quoi la connaissance des arts

supplée bien souvent la culture historique pure

Le mieux étant de faire appel aux deux…


…naturellement !


PS : les billets précédents sur ce sujet s'avèrent...dépassés...!
on peut les consulter quand-même...!

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