jeudi 25 décembre 2014

Y son où lé-mek ?


C’est très gentil ces histoires de pin-up ! Un peu dérisoire ? Besoin de voir des mecs. De côtoyer des mecs. De partager de vraies valeurs de mecs. De boire par exemple une vraie pression entre mecs. De sentir une odeur de barbecue… de poudre ?  Je ne mets pas longtemps à me décider : je sais où aller.

Il existe ici une espèce de no man’s land au bord de la Garonne, au Sud, une fois franchi le désormais « Portail des Pyrénées » : on se rend au bord du fleuve. Il existe un restaurant (presque étoilé) où se rendent les 4x4. Forcément, le patron l’a dénommé : « l’étable ». Déjà, voir des parkings où se pressent les 4x4 rassure : y doit y avoir pas loin des mecs, possédant des 4x4. Forcément ils mangent quelque part des entrecôtes grillées. Forcément des frites cuites dans leurs deux cuissons, un peu grasses grillées et salées. Qu’on avale avec des bières pression, en ce moment une bière de Noël serait bienvenue. Oui, ce restau spécialisé existe. Je brûle. Pas loin, une usine fait un bruit de ferrailles : des jets d’étincelles. Des mecs qui soudent avec de petites lunettes rondes sur les yeux : de vrais mecs. Un circuit de petites voitures télécommandées : seuls des mecs adorant la radio-commande peuvent avoir installé un chantier pareil ! Désert. Boueux. Il faut un 4x4.

Le meilleur est à côté : le parking est bondé, se touchent les 4x4 Mercédès noir intérieur cuir, il faut un tabouret pour monter à l’intérieur tellement le marchepied est haut. Pas de souci pour franchir un gué inondé. Un coup de crabot, et le véhicule (intérieur cuir connolly) va franchir la zone pleine de boue. On sent le propriétaire prêt à tout, prêt à sortir de l’ornière fatale (pour les mecs normaux), lui a le gros véhicule (impeccable) prêt à le sortir de tout mauvais pas (la Garonne qui sortirait de son lit en crue par exemple). Je respire mieux,  je me sens en (bonne) compagnie, ils sont pas loin. Un autre 4x4, c’est un BMW. Je brûle. C’est plein de bagnoles-de-vrais-mecs.


On rentre. Je me suis fait accompagner. Dans les cas difficiles, j’ai toujours adopté la méthode corse : se faire parrainer. Mon « parrain » me précède. Porte en fer. Claquement de la porte de fer. Petite salle, comptoir, des affiches partout. Les mecs sont là, tous là, rassemblés, ils discutent. Nuques rasées. Comptoir. Tenues de campagne (de combat). Tout le monde bavarde. Des affiches partout. Défibrillateur (pour les séniors sans doute ?). Consignes de précaution. On me présente au Président. Affable (je suis parrainé) il me salue. On lui cite mon palmarès. Respect. Je suis pourtant tout nu. C’est la règle. J’entre ici pour la première fois. On salue chacun d’une poignée de mains entre mecs. Coups d’œil furtifs. C’est la première fois.



Passage dans la petite salle à côté. Inspection des papiers. Mon « parrain » ressort avec un paquet de cartouches. Un pistolet. Pas petit, un gros. Gros calibre. On n’est pas ici pour rigoler, se marrer, ou frimer. Si je suis venu nu, c’est que j’ai laissé le calibre à la maison. C’était la première fois.



On est là pour tirer

entre mecs

on va tirer des coups

c’est bon de tirer des coups

entre mecs

Les installations sont vraiment professionnelles, j’ai fait mon service militaire, j’ai tiré avec des pistolets-mitraillleurs, j’ai tiré avec des mitrailleuses, je sais de quoi je parle. En entrant dans le pas de tir, des ustensiles me rassurent : des grilles à griller. Une lessiveuse pour flamber. Tout le matériel pour des barbecue géants, on sent le rassemblement dominical entre mecs, on ne doit pas manger souvent végétarien ici, ça sent la viande rouge, les abats, tout ce qui  grille sur des feux de bois !

Le premier pas de tir mesure 100 mètres. Aspirateur à fumées. Caméras de surveillance. On est chez des pros, un autre défibrillateur, au cas où. Il y en a partout. Craindrait-on l’infarctus ? Les balles perdues, pas possible ! Consignes strictes. On ne tire qu’après avoir respecté la règle. Comme la cible est éloignée, comment visualiser les impacts ? Mon « Parrain » a emmené son matériel : un Canon géant (c’est un appareil photo), avec zoom géant, réglé, on voit la cible tout près, on peut même faire une photo des impacts. On se bouche les oreilles comme si on décidait de dormir la nuit dans un boucan infernal (chaque coup fait un boucan infernal). Le plaisir c’est de mettre le chargeur dans la cible, et pour le savoir, le mieux c’est l’appareil photo qui zoome, personne n’avait pas pensé à cette astuce : les mecs se passent le tuyau, et se groupent autour du Canon (il porte bien son nom). Joli tir ! Commentaires flatteurs. On se sent compris, soutenu, la chaleur humaine conforte chacun. On n’est enfin plus seul.

























































On a mis le chargeur dans la cible ? Super, on a tiré ses coups, on est content.

Pas difficile de contenter un mec

pas besoin de meufs, elles ne comprennent rien

Pour tirer un coup, mieux, des coups

mieux vaut un bon magnum (357)

9 millimètres

balancer le chargeur dans la cible

estime de soi :


on est un mec !




P.S : on comprendra que pour des raison de discrétion évidentes, mes photos restent le plus anonymes possibles.

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