dimanche 7 décembre 2014

Era Pastorala de Nadau


C’est un jeu de mots bien sûr : il faut traduire : « la pastorale de Noël » en langue d’oc. Où Nadau se dit « Na-da-ô » en détachant le A et le O. Et Nadau ici, c’est Nadau : le groupe Los de Nadau qui  naît fin 1973 à Tarbes de la rencontre de Michel Maffrand, Jacques Roth et Ninon Paloumet. La nouvelle chanson occitane existe déjà, avec Marti, Patric et Los Caminaires en Languedoc, Delbeau en Gascogne et Verdier en Limousin.

Après l'explosion de 1968, beaucoup de jeunes se retournent vers leurs racines. Les salles sont pleines, le Larzac est en lutte. Un slogan : "Volem viure au país." Le premier disque sort à l'été 1975. Il a pour titre : Monsur lo regent, chansons revendicatives, mais aussi chansons d'amour : dans l’île corse, nous avions les Muvrini.

Maintenant, on a Nadau !

Le groupe accompagne les luttes viticoles et ouvrières, c'est l'époque de la chanson "engagée". Très vite sortent "La venta a las enchèras" en 1976, et "L'immortèla" en 1978, avec une chanson phare qui deviendra un hymne occitan. En 1980 naît à Pau la première Calandreta, école d'enseignement en occitan. Le groupe Nadau sera toujours aux côtés de Calandreta dans le combat qu'elle mène pour la langue. Il s'implique également dans les premières radio libres, dans le journal "Pays".


le choeur de l'église de Montrejau cet après-midi

"T'on vas" paraît en 1982, "Qu'èm çò qui èm" en 1986 réalisé avec 400 choristes. La même année arrive le pianiste Pierre Micouleau dans le groupe composé jusque là de 3 voix, 2 guitares sèches et un accordéon diatonique. Puis c'est le tour de Jacques Baudoin, Serge Cabos, Gilbert Bastelica, Jean-Pierre Médou. Los de Nadau devient "Nadau", rencontre de la cornemuse, de la guitare électrique et du chant. Jacques Roth et Jacques Baudoin quittent le groupe en 1991, année de la parution de "De cuu au vent".



il nous raconte l'arrivée de l'enfant Jésus à Valentine-(Bethléem) dans une étable commingeoise

tout le monde chante "Gloria in exelcis Deo" à la sortie



Le spectacle "Nadau en Companhia" réunira 4500 personnes au Zénith de Pau en 1993, et 7000 en 1996. Deux C.D. encore : "Pengabelòt" en 1994, et "Zénith 96". Philippe et Jean-Michel Espinasse apportent au groupe une forte influence traditionnelle. Le 20 mai 2000, le groupe fait salle comble à l'Olympia à Paris et enflamme la salle : je me fais raconter l’aventure, un train complet est affrété, vous devinez les supporters de Bayonne dedans faisant cuire des haricots dans le wagon-Poste accroché pour la circonstance. Le trajet ferroviaire dure des heures. Les chants dans le train. Les sandwiches au jambon.  Les autocars commandés pour compléter la foule ayant investi le train… !

Le violoniste Cédric Privé rejoint les Nadau en juillet 2002. Les 15, 16 et 17 novembre 2002, le spectacle Nadau en Companhia avec 250 participants invités : choristes, quatuor à cordes, pianiste, accordéoniste réunit 11 000 spectateurs au Zénith de Pau.

répétitions à Pointis de Rivière, photos la Dépêche
En janvier 2003, Fabrice Manconi devient le nouveau batteur du groupe. Le 7 mai 2005 un train de 900 personnes descend à Paris (on est plus haut dans les Pyrénées) et c'est un nouvel  Olympia. Chaque billet donne droit à un disque de 14 titres avec les chansons à apprendre. Dans ce chaudron de l'Olympia, l'ambiance est indescriptible. Un CD et un DVD sont enregistrés en public.


Mickael Tempette, avec ses cornemuses et ses flutes, intègre le groupe en 2005. Nadau fait environ quarante concerts par an et se déplace avec son matériel et son équipe technique composée de Stéphane Laborde, Alain Gregory,Olivier Robert et Christophe Palay.

Pour ce Noël du Comminges, 6 concerts sont organisés à Sent-Guironç  ;  Montrejau ; Lès (en Aragon) ;  Luishon ; Sen Gaudenç et Aspèth. Il va falloir vous faire à la langue gascone ! Le groupe s’est adjoint les chanteurs locaux pour une chorale de cent personnes : il y a notamment les chanteurs du Comminges, et ceux de Montrejau! Je m’y prends trop tard pour ici, pensez,  quinze jours avant le 20 décembre la Collégiale est pleine à craquer, cent personnes seront debout, avec une acoustique pas fameuse si on est placé dans bas-côtés. Miracle, on nous fait cadeau de deux places à Montrejau, (sans E) ce dimanche à 16 heures. Il est conseillé d’arriver une heure avant !  Nous obéissons, pour un concert d'une heure chrono. 



















Mathieu Barès



















Eth hilh de Dieu s'a hèt mainatge





















Pour traduire la ferveur de l’assistance, voici la lettre d’une aspétoise :

« C’est une carte de fidélité que je devrais vous demander …..(…..pour avoir des réductions !!…..), mais elle serait déjà pleine ! Sûrement une vingtaine de fois, j’ai dû assister à vos spectacles, un peu partout dans le Sud-ouest. Et hier, à la sortie du dernier, je me suis posée cette question, qu’est-ce qui fait que j’y retourne encore et encore ?? Je devrais en avoir ras le bol, je connais les textes à la virgule près, et les chansons sur le bout des doigts ! Non, je ne suis pas amoureuse ni de Joan, ni des guitaristes, ni des autres…. Je ne me définis pas non plus, comme une « fan », ou une « groupie »……alors ?

….Alors, j’ai cherché …. C’est beaucoup plus profond que tout ça….. C’est ce petit fil invisible que vous extirpez à chaque fois, du fond de nous, en douceur mais avec ténacité. Ce petit fil qui nous rappelle d’où nous venons, où nous allons…..dans ce monde si tourmenté… Vous réveillez en nous cette partie de l’inconscient qui est faite de nos racines, de notre enfance, qui nous a amené jusqu’à aujourd’hui…. Avec des mots simples, des mots justes, des textes remplis de poésie, avec de l’humour, certes oui, tellement d’humour, vous trouvez de petites phrases pour nous envoyer de grands messages. L’autre soir, comme les autres soirs, le public attendait que le film de la vie commence, en réveillant nos souvenirs. Et la magie a opéré. Dans le noir, tout près de nous, spectateurs aussi, comme des bougies invisibles qu’on aurait allumées, un père, une mère disparue, nos grand-parents, un voisin, un ami…un à un, sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, ils sont tous venus, ceux de l’Ostal, ils étaient là …parmi nous, le temps du concert. ….Et même qu’après chaque chanson, on les entendait rire, parce qu’ils étaient heureux, heureux d’entendre chanter la langue de la terre, leur langue, leur histoire, heureux de nous voir émus aux larmes, au fil des chansons…

 Merci de les faire revivre, merci de rendre leur dignité à ces petites gens, si souvent bafoués, parfois méprisés... Merci pour toutes ces soirées à la rencontre de nous-même où l’on repart le cœur plein de bonheur.

Le Tribunal administratif de Nantes vient de faire retirer la crèche installée par le Conseil Général de Vendée. Il y a la laïcité tolérante, et celle jusqu'au-boutiste qui interdit toute allusion à nos racines chrétiennes. Sans doute pour les gommer totalement un jour prochain ? A une époque où Madame la Maire de Paris fête l'ouverture du Ramadan, il existe ici et ailleurs des ilôts de résistance où des Astérix-gaulois, coiffés de bérets gascons, tentent de maintenir nos traditions....

...par exemple que toute une église chante le Gloria à tue-tête. 


Nous revenons de Montrejau ...

... enthousiastes ...!

gaujos Nadau !



P.S : pour apprécier la langue gasconne, un extrait de texte : "Qu’ei en aqueth contèxte qu’un projèct de pastorala de Nadau neishec i a un an devath era impulsion de Joan de Nadau. Dambe aqueth projècte, Joan de Nadau qu’a volut crear, en Comenge, ua manifestacion entà partatjar era magia de Nadau sus eth modèu de çò que’s hè en Biarn. Eths tèxtes que son totis en gascon comengés e era istòria dera Nativitat, Nazarèt e Betleèm que’s situan en quauque lòc entram Martras d’Arribèra e Valentina !

Composat unicament de benevòles, aqueth projècte que va préner vita en deceme dambe 6 representacions enas glèisas de Sent Guironç, Montrejau, Les, Luishon, Sent Gaudenç e Aspèth (prètz, datas e informacions taras reservacions mès baish).

80 cantaires e 20 musicians que vos demòran tà partatjar aqueth moment que serà un shinhau hòra deth temps e dera corsa aths presents. Mès bilhèu qu’aqueth moment de convivialitat pòt èster ETH present de Nadau en Comeng


c'était super, Merci, à bientôt à Sent Gaudenç


Ath cap d'un moment totun, qu'estéren toti fatigats e que s'il hec un gran silenci. Que lhevèren eth cap. Eth Bon Dieu qu'avia alugat eth lugran. Tot qu'éra patz.

Au bout d'un moment, quand-même, ils furent tous fatigués, et il se fit un grand silence. Ils levèrent la tête. Le bon Dieu avait allumé les étoiles. Tout était en paix.

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