samedi 20 août 2016

Enchanter le jour !

enchanter la vie ! 

.....la vie en trompe l’œil

          ....l’emploi photographié...

..."la vie c'est le cinéma...

...le cinéma...c'est la vie !

C’est  énorme : je découvre écrit, écrit dans le marbre de la publication de notre Communauté, le programme qui nous gouverne, nous habitants d’ici : « enchanter le jour»

enchanter la vie...

...notre vie.

Devant le portail Miégeville, de la Basilique Saint-Sernin, figure l’enchanteur, le magicien : son rôle dans la Société est fondamental : « enchanter la vie ». Il raconte des histoires, il fait rêver. Des princes séduisent les bergères. Des chevaliers défendent les faibles. Les pauvres trouvent un gîte, et mangent à leur faim. La vie peut être difficile pour les faibles et les démunis, il faut l'enchanter ! (les forts eux, s’enchantent la vie tout seuls). Pour que la société permette le « vivre ensemble », gommant ainsi les différences entre ce qui était autrefois les « classes sociales », il faut donc enchanter ceux qui ont moins. On leur raconte des fables. Ca s’appelle « la communication ». Nous sommes une société de consommation. La COM est dans un premier temps orale.

Simon le magicien, les démons, la naissance de la vigne
Il faut à la COM, des images aussi. Les plus belles sont au cinéma. Si le cinéma est merveilleux, c’est qu’immergé une heure quinze dans le noir devant un écran (qui devient relief), vous êtes convié à partager la vie des autres. Elle a été conçue, cette vie des autres au cinéma,  pour faire de chaque homme : Alain Delon. De chaque dame : Sissi impératrice. Au boulot, vous allez vivre le fait que vous n’êtes pas seul à trimer. A aimer. A être rejeté. La vie (réelle)  devient plus supportable, le temps d’un instant. Car la vie, comme au cinéma, peut n’être qu’illusion.

Quand on fabrique des décors de cinéma, par exemple un western, on crée une banque. Factice. La façade suffit. Peu importe, elle est destinée à n’être que temporaire. Le saloon lui aussi est factice, le temps de quelques prises de vue. Les métiers sont les métiers essentiels : le croque mort. Le temple. Le maréchal-ferrand incontournable pour ferrer votre cheval. 

Il peut suffire d’une grande photo, réaliste, pour créer le décor. Seule compte la façade. L'apparence va enchanter la vie prévue dans le synopsis, seules les apparences comptent.

la vie comme un film.

facile à enchanter

Vous vous demandez où je veux en venir ? Vous vous interrogez : tout cela, c’est vrai, mais reste du domaine de la fiction. La vie réelle n’est pas comme ça !

Vous croyez que j’exagère ?

Ils ont osé : je fréquentais ma librairie. En ville. Dans une adorable maison privée, transformée en librairie. Dans la salle à manger d’autrefois, les livres de cuisine. Dans l’ex-chambre, la fiction. Dans une autre, les livres sur les Pyrénées. Ailleurs, romans. Enfin, bandes dessinées. Pour les enfants. On voulait aller aux toilettes ? Elles avaient été conservées…en ordre de marche ! Pratique !

Un jour, on a dit au libraire, et à sa sœur qui tenait la caisse, qu’il ne vendait plus de livres, depuis qu’une énorme librairie avait été créée dans le nouveau centre commercial, construit dans la ville nouvelle, tout à côté, au milieu d’énormes parkings, créés sur les champs d’agriculteurs qui faisaient faillite d’ailleurs, au milieu des lotissements de Robien, créés tout à côté.(1)

rien de mieux que les Miss pour enchanter le jour

Il aurait pu être réduit à la mendicité : on lui a offert de diriger le rayon librairie du grand centre commercial. Il a bien eu raison de fermer son officine. Il vend bien plus de livres depuis qu’il a fermé.

tout est donc bien

Il arrive que l’on traverse en voiture l’ancienne cité. Elle a été construite autour d’une Collégiale romane. Elle dispose, comme toute Ville, de places, de monuments, de commerces, une vie encore. Mais peu à peu, les commerçants meurent. Non remplacés : les jeunes partent... au centre commercial. Les grilles rouillées des commerçants partis se côtoient depuis l’extérieur vers le Centre. Les survivants s’inquiétent, la désertification les entoure. Vont-ils tous déménager au "Pôle de vie" proche, conçu de toutes pièces au détriment de la ville ancienne ? La désertification va-t-elle gagner les survivants ?

comment rester "enchantés" dans cette ambiance ?




Je n’y croyais pas, en lisant le projet : « enchanter la vie ». Ils ont osé

La librairie vient de rouvrir, j’en ai vu la photo hier : les livres sont revenus !

Certes la porte est fermée. Mais le rêve est là : comme les livres (factices)

la vie (enchantée) n'est qu'illusion !

A côté, il existait un bijoutier. Réel. Il vient de rouvrir ! Du moins la photo de sa vitrine est saisissante, mieux qu'avant ! Dans le journal, ils appellent ça :"un « trompe l’œil ".


Je me sens un peu mal…

un mal-être indéfinissable...

Il y a quelque chose qui cloche…difficile à cerner… ?

déjà, le mot "trompe l'oeil" ? ...on trompe qui au juste ?

...j'ai compris ! on ne voit plus de libraire, dans la librairie
ni de clients, dans la bijouterie : ils sont partis, et avec eux la vie...!


Simon, l'enchanteur, est tombé à côté : 

je ne suis pas, mais pas du tout

enchanté !



vu à Fos, l'ex poste frontière, ces jours derniers !

Soi d'aqui !
il suffit de se rendre sur Google Map pour voir les vitrines fermées...

la vie est partie...
...sans les photos, la rue parait abandonnée
on espère bien que toute vitrine fermée
va être décorée d'un 
" cache-misère" ?

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