jeudi 9 novembre 2017

Mosaïque à Jérusalem

J’adore les mosaïques, mais en général elles représentent un tableau, ou des motifs symétriques, parfois des titres, rarement des phrases entières.


En voici une trouvée cet été. C’est du grec. Impossible au début de trouver la traduction complète : tout au plus sait-on qu’elle date de 550 ou 551,  à l'époque de «notre très pieux empereur Flavius Justinien». et qu’elle commémore la fondation par l'abbé orthodoxe Constantin (ne pas confondre avec l’empereur), « le père et abbé le plus fervent », d'un bâtiment qui semble avoir été un hôtel pour pèlerins, près de la porte de Damas, à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée et annexée par Israël. Constantin était abbé de l'église Sainte-Marie-la-Neuve dédiée à la Vierge Marie, qui était la plus grande église de Jérusalem au moment de sa construction en 543.



La mosaïque a été découverte intacte à un mètre environ sous terre alors que l'archéologue et son équipe effectuaient une fouille de routine avant l'arrivée d'ouvriers qui devaient poser des câbles téléphoniques.

«Nous étions très près de recouvrir l'excavation, quand j'ai repéré que certaines pièces de la mosaïque, blanche par ailleurs, présentaient un angle différent et semblaient un peu plus foncées», a rapporté l'archéologue. «J'ai nettoyé un petit coin et il est apparu qu'il s'agissait du coin inférieur gauche de l'inscription. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'il s'agissait d'une découverte unique», a-t-il raconté.

David Gellman devant l'inscription byzantine 

Après un échange de courriels avec Léah di Segni, je vous livre sa traduction :

"A l'ère de notre empereur le très pieux Flavius Justinien, cet ouvrage est également celui de Constantin, prêtre et père abbé qui aime le plus notre Dieu , établi et élevé à la 14e indiction."

(L'indiction est une ancienne méthode pour compter les années).

Comme dans les romans de Dan Brown, la savante est une femme, la dottore Leah Di Segni, de l'université Hébraïque de Jérusalem. Je la cite :  "On trouve dans la Néa une inscription similaire à celle retrouvée ce matin".  La Néa, appelée aussi Sainte-Marie-Mère-de-Dieu ou Sainte Marie-la-Neuve, étant à l’époque la plus grande église de Jérusalem. Quant à Constantin il en était le père abbé ». Et de poursuivre : "Cette nouvelle inscription nous aide à comprendre les projets de construction de Justinien à Jérusalem, spécialement ceux de la Néa. La rare combinaison des trouvailles archéologiques et des sources historiques, tissées ensemble, est un témoignage incroyable. Ces informations jettent sur le passé de Jérusalem une lumière nouvelle."


On trouve dans le texte la citation suivante : Un grand réservoir souterrain y a aussi été découvert, sur un mur duquel se trouvait la dédicace en Grec : C'est là l'ouvrage que notre très pieux empereur Flavius Justinien a fait réaliser avec munificence, sous les auspices du très saint Constantin, prêtre et Hegumen, en [l'an] 13 de l'indiction.




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