jeudi 13 novembre 2014

Bertrix


Leçon d’Histoire au Collège Leclerc

au fond, le monument Abbal
















Le Collège Leclerc a désigné 24 représentants des 24 classes pour représenter le Collège lors de l’inauguration de l’Esplanade de la Légion d’Honneur. Mieux, il a désigné trois binômes fille-garçon pour porter les trois gerbes. Encore mieux, il a recommencé le 11 novembre, en proposant qu’une élève de troisième lise la lettre de Paul Mathou à ses parents écrite avant de mourir. Une lettre d’un Français parfait, émotion garantie, on frissonne en se demandant comment on pourrait vivre médiocrement aujourd’hui après tant de noblesse de cœur d’anciens comme Paul, qui nous ont sauvés !


Mieux encore, il accueille ce 4 novembre trois membres (éminents) de la Légion d’Honneur pour parler de cette distinction (qui récompense les mérites de ses membres, mérites forcément « éminents », comme une « éminence » dans un paysage. Enfin, c’est formidable comme la Hiérarchie s’est mobilisée -Merci-, le Collège accueille deux leçons d’Histoire ce 10 novembre : l’objectif : expliquer Bertrix.

Comme j’ai une grande admiration pour lui, il me permettra de citer son nom : c’est un nouveau Maire, c’est lui qui donne la leçon : Philippe Pradère, Maire d’Arguenos ; érudit, il ne badine pas avec le droit de mémoire, terme qu’il préfère au devoir de mémoire. Il connait le sujet comme sa poche, il faut dire qu’il est un des rares à avoir représenté le Midi lors des commémorations en Belgique le 22 aout 2014, cent ans pile après. Il vient accompagné d’annexes photographiques, de plans, de textes, de chiffres : la leçon est celle d’un conférencier niveau maîtrise, j’espère qu’il prépare une thèse !




En deux mots…comment résumer si succinctement ? Nous avions ici un Régiment, le 83ème d’Infanterie. Il faut les cartes postales Delcampe pour s’en souvenir, presque rien des bâtiments n’a survécu, sur ce qui est devenu la Place Pegot, sauf une ligne servant de pépinières d’entreprises, et sauf la cloche … destinée à réveiller les fantassins le matin ! Aucune plaque n’a survécu, je songe à en faire apposer une pour 2015, je suis devenu le spécialiste des plaques (de marbre) commémoratives, et je suis désormais certain d’avoir l’accord (unanime sinon c’est fichu) des Associations patriotiques. Bref !





















Le premier juin 1914, toutes les cloches de France sonnent le tocsin : Mobilisation générale. Le 6 août, les trains emmènent 4 millions d’engagés sur le front. Souvenez vous de la fresque Gare de Montparnasse ! Vous vous rendez compte le nombre, aujourd’hui, les Nations Unies tout entières disposent de 100.000 hommes en uniforme sur les différents fronts du Monde, 7,85 milliards de dollars, la France atteignant 1,2 milliards (ce qui apparemment constitue une surprise pour le Gouvernement qui n’avait provisionné que 450 millions). Bref !


Pour nous, les trains s'arrêtent à Valmy. Nous sommes le 22 août. Seize jours plus tard. Nos soldats ont revêtu l’uniforme cocorico, couleurs du drapeau révolutionnaire, bleu et rouge. Ils sortent pour la plupart de la France agricole, ils se préparaient à faire leurs moissons ! La hiérarchie n’est pas davantage préparée qu’ils le sont. Les dernières guerres, étaient de type napoléonien, avec des charges de cavalerie ! Embusqués dans la forêt, la tactique consiste à « foncer dans le tas ». Ce n’est que plus tard que les armées s’enterreront dans les tranchées pour trois ans de guerre « de position ».

Pendant ce temps, les Allemands en face ont entamé un vaste mouvement de contournement. Ils sont dotés de canons d’artillerie qui déversent des tonnes d’obus sur les lignes adverses. Ils disposent de mitrailleuses lourdes. Quand nos soldats se lèvent pour l’attaque, ils constituent des cibles en masse, et se font tuer bêtement, en masse.



quand le 83è est renforcé par la Réserve, il prend le numéro 283è

Le 22 août à Anloy, près de Bertrix, en Belgique (l’Allemagne a envahi ce pays qui résiste farouchement, c’est le « choc des frontières ») la 17e région militaire : ce sont les régiments du sud-ouest autour de Toulouse, réunissant 40.000 hommes, 8000 chevaux. Ils sont écrasés, décimés au sens propre de ce mot. Le 83ème perd à lui seul 300 hommes. Pire, c’est l’opprobre, on parle de la « couardise » des régiments du Sud-Ouest, c’est la « légende noire ».

C’est à la fin de la guerre que le Président Raymond Poincaré rencontre sur le front, à l’ouest de Doullens,  le 15 avril 1918, le 83°, et relève son honneur, par une plaque mémorable que j’ai retrouvée dans un bureau de la Mairie, pour la faire exposer comme pièce principale de l’exposition « Comme en 14 ».


Nous avons-nous ici des pages d’Histoire mémorable

Grâce à Philippe Pradère, la transmission se fait :

Le Collège Leclerc est digne de son nom :

La prochaine visite est prévue à Paris, devinez qui le reçoit :


Le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur !




PS : les photographies prises, pendant la conférence, des tableaux projetés appartiennent à P Pradère. J'espère qu'il acceptera de présenter sa conférence plus tard, par exemple en 2015 : n'oublions pas que les commémorations vont durer jusqu'en 2018 ! Je ne suis pas inquiet : nous avons plein de sujets à approfondir !

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