vendredi 17 mai 2019

J'ai longé la rampe de Capvern

J'ai rencontré à plusieurs reprises Jean-Louis Vuille à son domicile de Genève : nous partions de Lyon, après avoir souscrit la fameuse carte suisse permettant la circulation sur les autoroutes (de ce pays béni des Dieux). Nous arrivions le dimanche en général chez cet ancien ouvrier ayant passé une vie d'horloger chez Rollex. A la retraite, il fabriquait pour arrondir ses fins de mois des modèles réduits de signaux de chemins de fer à l'échelle 1/32°, et j'avais fini par en accumuler une superbe collection réservée aux fidèles (1). Il était fou de vapeur, en vrai comme en modèle réduit, et possédait une collection de photos personnelles énormes, rassemblées pour une partie seulement dans son célèbre livre : "Passion vapeur". Nous les regardions sur la télé depuis ses CD soigneusement rangés.

Il venait malgré la distance passer ses vacances dans les Hautes-Pyrénées, subjugué par la rampe de Capvern : là assis en guetteur au bord de la voie, il photographiait les convois lourds de trains de pélerins se faire pousser dans la montée, ou se faire freiner dans la descente. En effet, les locos vapeur soufflaient un maximum en émettant des panaches de fumée, une loco devant, une autre derrière. 

Cette ligne a été très vite électrifiée, mais dès que les convois dépassent 4 voitures, le poids de la rame nécessite une poussée : des locos attendent en bas de la rampe à Tournay, et s'attelant au train, le poussent jusqu'à Capvern. Et redescendent au retour jusqu'à Tournay, avant de retourner se garer la nuit à Tarbes. La pente, forte pour des trains, est de 33/1000 sur une distance de 10Km. C'est la plus forte de France : il faut aller voir celà !


Ce midi j'ai justement rendez-vous à Capvern, il suffira d'arriver une heure avant pour visiter les lieux. En pratique, une seule route se faufile entre la voie ferrée et l'autoroute, la D187, et il suffit de l'emprunter, la difficulté comme d'habitude étant de garer la voiture, les parkings étant rares.

En gare de Capvern, tout en haut de la rampe, voici l'horaire actuel : 10 minutes pour faire le trajet à 60Km/H, sur l'autoroute on a droit à 110 à la descente, et 130 Km/H en montant sur la file de gauche.



Je prends la D817, la route descend en suivant la rampe :



nous longeons l'autoroute A 64

j'ai omis l'essentiel : en bas de la rampe, le viaduc de  Lanespede


je poursuis vers Tournay-gare





il y a effectivement des voies de garage, où s'arrêtaient les machines de rampe :





deux machines de rampe BB4100 couplées en UM (unité mobile) retournent à Tarbes : 
https://www.youtube.com/watch?v=GRCcGzuGLqM

demi-tour vers Capvern, ça monte :





la cerise sur le gâteau, est que la rampe de Capvern comporte en plein milieu 

le viaduc de Lanespede






photo Sylvain Costes : http://transportrail.canalblog.com/pages/la-transversale-pyreneenne/33546028.html


sur ces photos, la SNCF a attelé 2 locos



saviez-vous que les briques avaient été cuites sur place à Orignac ?





PS (2) les productions JL Vuille : toutes ces pièces sont à l'échelle 1/32 ou gauge one, ou Spur 1



passage à niveau en photodécoupe guérite, cloche, panneaux et signaux assortis
ici un ponte de la SNCF en costume vient saluer les cheminots

Paris n'était pas Paris sans pissotière !

personnages sur mesure. C'est la pause-déjeuner-clope. Des oeufs au plat sur le poële !



des signaux soudés d'une seule passe à l'étain, avec tous les rivets, un boulot d'horloger suisse !











Pas facile de reproduire le viaduc de Lanespede au 1/32è

les 200m de long exigent une maquette de 6,25m

voilà pourquoi les modélistes tarbais ont préféré l'échelle Ho=1/87è soit 2,3m

plus facile à transporter à Lleida !


Salutations amicales aux lecteurs de Loco-Revue

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