samedi 9 mars 2019

Saint-Quentin Gare à l'Art-déco !



Il existe trois gares à Saint-Quentin : il ne faut pas se tromper, seule nous intéresse celle créée en 1926, style Art-déco ! La première gare est mise en service en 1850, dans la zone des marais de la Somme, par la Compagnie des chemins de fer du Nord lorsqu'elle ouvre la section de Creil à Saint-Quentin. Elle sera le terminus de la ligne jusqu'à la mise en service, le 21 octobre 1855, de la section suivante, de Saint-Quentin à Hautmont. Un second bâtiment, dû à Sidney Dunnett, architecte de la compagnie, est inauguré en 1887, mais est détruit par un incendie en 1921.










la partie la plus célèbre : le Buffet de la Gare


C’est la troisième gare qui nous intéresse : La Compagnie du Nord fait construire la troisième gare en 1926, par les architectes Gustave Umbdenstock et Urbain Cassan, avec une décoration intérieure style Art déco due au maître verrier Auguste Labouret. L'ensemble des façades, de la toiture ainsi que le buffet de la gare font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques, depuis le 23 septembre 2003. Le parvis attenant, très dégradé, a été rénové, puis inauguré le 17 décembre 2016 après environ deux ans de travaux. Le buffet de la gare a également été rénové, pour le louer et le visiter. C'est ce buffet qui est célèbre, typique de l'Art Déco et fait de Saint-Quentin la première ville de France, (donc du monde), à avoir adopté et généralisé ce style.

En 1964, le dessinateur Franquin représente la façade de la gare dans une bande dessinée, Les Robinsons du Rail, avec Gaston Lagaffe. L'éditeur Dupuis avait alors ses imprimeries implantées à Saint-Quentin, à mi-chemin de Paris et de Bruxelles.


Toujours admiratif des Maîtres verriers, voici qu'intervient Auguste Labouret, né le 20 mars 1871 à Laon. Ancien élève de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts. Sociétaire du Salon d'Automne depuis sa fondation et de la Société des Artistes Décorateurs depuis 1912, il participe à toutes leurs manifestations et aux Expositions de Milan, Anvers, Liège, Bruxelles, Rome, Philadelphie, New-York, Buenos-Aires, etc ... Hors concours à l'Exposition Internationale de 1925, président de la classe 40 (vitraux) à celle de 37, lauréat de la Société Centrale d'Architecture (prix Sédille), premier prix du concours des Fontaines lumineuses à Barcelone, Labouret est président du Syndicat général des Cristalleries et verreries d'art de France, ancien président de la Chambre Syndicale des Maîtres Verriers ; vice-président du jury à l'Ecole des Métiers ; membre du jury à l'Exposition Nationale du Travail et de l'Ecole des Arts Appliqués à l'Industrie.





les appliques et plafonniers sont disparus... quel dommage !

Auguste Labouret est restaurateur de vitraux anciens, créateur du vitrail en dalles de verre cloisonné ciment, et a exécuté à ce titre un grand saint Christophe à l'Exposition de 1937, ainsi que les vitraux, pour des chapelles à Poitiers et au Canada où il a réalisé des ensembles de verrières pour la Cathédrale Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec. Il exécute de nombreux revêtements de mosaïque, en particulier le sol de l'Office du Tourisme à Paris, toute la décoration murale et lumineuse, en dalles de verre taillé au burin de la salle à manger du Normandie et selon ce même procédé de hauts luminaires pour l'église Saint-Odile. Auguste Labouret est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1937.







Auguste Labouret maître verrier et mosaïste est, en ces deux domaines, d'ailleurs assez proches (le vitrail n'est-il point une mosaïque translucide ?) un chercheur passionné qui ne se contente pas d'exécuter les importantes commandes qui lui sont confiées mais s'efforce, par de constantes expériences et inventions techniques, de multiplier les modes d'expression de ses matériaux de choix.. le verre et le marbre. C'est ainsi qu'après avoir restauré pendant des années des verrières anciennes, il imagine l'emploi d'épaisses dalles de verres de couleurs juxtaposées et maintenues dans une gangue de ciment coulé sur une armature métallique. Il obtient ainsi, en taillant ses verres avec la « marteline» (le vieux marteau adopté par les grecs et les romains pour la mosaïque), une transparence colorée qui s'oppose à l'opacité constructive du ciment. Vitraux d'un grand pouvoir expressif et d'une solidité à l'épreuve des siècles.




Partant, de même pour la mosaïque, d'une connaissance approfondie de techniques anciennes, il a remis en usage certains procédés négligés, tels, pour les revêtements de sol, l'emploi du granito-marbre avec joints de dilatation en cuivre, voire en aluminium.










... je me disais bien que ce décor ...

... me rappelait des souvenirs !




il faut faire un tour à Saint-Quentin (par le train)



PS : la fiche Mérimée habituelle :


je vous présenterai au cours des jours prochains quelques verrières célèbres

illustrant le diction :

on mange mieux dans une ambiance de lumière !