lundi 19 février 2018

Un camp à Garaison en 14-18

C'est la seconde conférence du mercredi de la Société d'Etude du Comminges. Une fois de plus, un conférencier étonnant, qui nous dévoile un oubli collectif de notre mémoire, concernant nos voisins des Hautes-Pyrénées : oui, il y a eu un "camp de concentration" à Garaison. Pendant la guerre de 14 jusqu'en 1919. Il y est passé cinq mille Allemands et Autrichiens. Internés en famille. Même le Docteur Schweizer et son épouse Hélène y ont séjourné un an, avant de rejoindre l'hôpital où a été soigné Van Gogh à Saint-Rémy de Provence !

Quand on dit "camp de concentration", c'est plutôt un camp d'internement, pas le même sens que les camps nazis de la seconde guerre mondiale. L'objectif : mettre de côté les adultes en âge de prendre les armes, et séjournant en France. Dans un autre genre, il existait des camps pour les Alsaciens-Lorrains, de culture française, mais qui étaient devenus juridiquement Allemands après la guerre de 1870 : étaient-ils francophiles ou phobes ? Par précaution, on les internait ! Même question pour les femmes françaises mariées à un Allemand et devenues du coup Allemandes par le mariage ? Internées !

On devine nos coins perdus autour de Lannemezan, envahis par ces populations immigrées passant pour des "boches", souvent aisées, qui logeaient pour les plus aisées à l'hôtel, et mangeaient au restaurant. Les autres moins fortunés s'employant aux travaux des champs, salariés chez les paysans du coin, privés de bras partis au front.

que dites-vous de ces noms ? Cardeilhac ; Charlas ; Saman ; Saint-Marcet...




Voici la carte aveugle de notre limite avec les Hautes-Pyrénées, je devine que vous ne trouvez aucun point de repère, sachant qu'entre notre Sud de la Haute-Garonne et nos voisins de l'Ouest, il n'y a rien que des forêts, des coins propices à l'élevage des dinothériums au miocène comme le fameux site du barrage jamais construit de Charlas... Ce sont des zones dites "défavorisées" dans le vocabulaire européen distribuant les primes aux éleveurs et remises en cause aujourd'hui. Pourtant, Notre Dame de Garaison est un site superbe, vidé de son école libre en 1914, et réquisitionné pour ce motif.






Le Libéria déclare alors la guerre à l'Allemagne, pour s'approprier les biens des Allemands sur place. Du coup, les Allemands en âge de prendre les armes deviennent indésirables, on les envoie en France...à Garaison. Que faire également d'Albert et Hélène Schweitzer ? Pareil, à Garaison. Super, voilà les libériens internés à Garaison victimes de maladies tropicales, des patients rêvés pour Albert, qui refuse de quitter le camp de peur de délaisser ses sujets d'étude !



Le secrétaire général de la SEC brandit un des livres de José Cubéro




chaleur torride en cet été 1914,  bain des internés dans la Baïse
(les femmes et les enfants sont hébergés à part naturellement)


étonnant de retrouver ici le Docteur Schweitzer non ?



l'Histoire de notre région est émaillée d'histoires étonnantes :




voilà pourquoi nous adhérons à la Société d'Etudes du Comminges

le programme des commémorations de 1918 est maintenant au point :


bientôt le second semestre, terminé par le 11 novembre, et la sonnerie de l'armistice


suivez les conférences mensuelles de la SEC !

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