lundi 22 décembre 2014

Médecine administrée ?


agriculture, médecine :

tous administrés !

Les médecins se mettent en grève pendant les fêtes de fin d’année. Curieux non ? Leur problème ? Le tiers payant généralisé, signifie que le patient ne leur doit plus rien à la fin de la consultation. Ce serait donc gratuit ? Quel patient dirait non ? Toujours se méfier quand ça parait gratuit : quelqu’un paie forcément !  Qui paie vraiment : nos impôts ? La Sécu ? Pour le patient, on lui promet : c’est gratuit ! Il kiffe !

L’Etat veille à tout !

Il suffit au médecin d’enregistrer la nature de l’acte qu’il vient de pratiquer (ouf il existe des ordinateurs !). De transmettre ces informations à une Agence d’Etat : la Sécu. La Sécu va traiter cette information. Et mois par mois, rémunérer le médecin. Merveille : il est devenu tout d’un coup fonctionnaire ! Le must, le fantasme enfoui dans chaque Français, (donc chaque médecin normalement)  devenir fonctionnaire, le statut ! Merveille supplémentaire : le secteur public se voit conforté de nouvelles missions, qui confirment la nécessité absolue d’un secteur public toujours plus fort. On va embaucher des fonctionnaires je parie, pour payer les médecins-devenus-fonctionnaires ?

La médecine devient administrée !

Les Français adorent l’Etat providence, qui les maintient en bonne santé sans que quiconque paie !

La bureaucratie a  marqué un point !

Je poursuis la réflexion : l’Etat connait le revenu de chacun de ses Agents-médecins (puisque ces derniers ont donc rejoint la fonction publique). Il peut enfin raffiner leur salaire : une partie fixe, pour les obliger à s’installer dans un désert (médical). Un SMIC (médical) en quelque sorte. Une partie variable, en fonction du nombre des visites. Pour la motivation. Ceci pour dire en quoi la proposition de la Ministre présente d’avantages d'améliorer la situation médicale actuelle : Les médecins vont relever d’une Direction Centrale. Ils ne seront plus tout seuls. Ils ont trouvé un Père, un protecteur : l’Etat.

les médecins prétendent qu'ils devraient signaler leurs actes à
500 organismes mutualistes !
Et puis, il faut appeler un chat un chat. L’Etat va donc (du moins j’espère) opérer la retenue à la source (pour prélever leurs impôts sur le revenu). Ca me semble élémentaire.  Cela légitime s’il en était besoin l’Agence d’Etat qui s’appelle « le Trésor », et ses fonctionnaires, les Agents du Trésor (un mot qui n’a pas été choisi par hasard), et qui calcule et recouvre les impôts, pour le bonheur de tous. Je remarque que les médecins, voulant diminuer la paperasse qui va leur être imposée pour se faire rémunérer, vont économiser leur déclaration d’impôts annuelle : toujours ça de gagné. Le Trésor n’a plus besoin de leurs déclarations, s’il demande à la Sécu leurs revenus annuels. In fine, payés par l'Etat qui opère la retenue à la source, c’est comme s’ils étaient défiscalisés ? Pourquoi pas ?

Du coup pourquoi les médecins se mettent-ils en grève

alors que leur bonheur (futur) est ainsi conforté ?


Je poursuis la réflexion : l’Etat tient absolument à ce que la Santé reste gratuite pour les patients. C’est sympa mais pour moi insuffisant : je ressors de ma Supérette en ayant payé mes courses, je ne comprends pas pourquoi on ne m’affecte pas un bol alimentaire (de base mettons) gratuit lui aussi, qui me ferait bénéficier du tiers payant chez mon magasin d’alimentation. J’aurais un bon (tiens pendant la guerre, ça s’appelait un ticket d’alimentation) et je me fournis gratos au Super U. Vous allez me dire que ça se passe déjà comme ça aux Restaus du Cœur. Sauf que c’est bénévole. Là, ça serait mis en œuvre par une troisième Agence d’Etat : l’Agence de l’Alimentation des Français, (AAF) dépendant du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Je vais y revenir quand je vais vous parler d’Agriculture car des Agences semblables y existent depuis des années, depuis 1962 précisément, dans l’ignorance générale.


Chers amis fonctionnaires, prenez en acte, on fait tout pour vous défendre !

Je reviens au médecin : quand je m’y rends, des tas de gens aussi bien portants que je le suis, puisque j’arrive, nous arrivons, à me (nous) déplacer, attendent des heures. Que veulent-ils ? Un papier pour faire du sport. Une attestation comme quoi ils sont assez bien portants pour contracter un emprunt et l'assurance décès qui l'accompagne. Une feuille pour être exemptés de sport pour les gamins qui pourtant feraient mieux de pratiquer la culture physique. Moi je demande le renouvellement de mon traitement trimestriel . C’est moi qui sollicite le médecin pour demander le a ; le b ; et le c, puisque je sais très bien les traitements qui me sont imposés à vie. On pourrait alléger ces formalités, qui sont un premier motif de paperasse pour le médecin.  Bref !

Là où la science du médecin est incontournable, c’est pour pratiquer le diagnostic d’une maladie qui vous tombe dessus. Diagnostiquer le sida ; un cancer ; une gastro ; une appendicite ; ou vous renvoyer chez le spécialiste qui va approfondir. Le médecin doit être rendu libre des tâches administratives pour rester l’expert qui identifie le mal ; le soigne ou le fait soigner par son confrère spécialiste, et légitime ainsi la science acquise à la suite d’études longues et difficiles. Le service rendu n’a rien de comparable à celui de mon super-marché : je vais voir un expert pour qu’il rende un diagnostic, une expertise, pas pour qu’il me vende de la salade. Je devrais payer la salade ; l’expertise, elle, est gratuite.

Cherchez l’erreur ?

Cette médecine classique a l’avantage de rester libérale. J’estime quant à moi qu’elle doit rester payante (un peu), pour obliger le patient à réfléchir avant d’aller en visite, puisque le but est de consulter un expert, comme il le fait pour sa voiture après le diagnostic technique obligatoire (pourquoi il ne serait pas gratuit ?) ou quand il requiert un plombier rompu à l’électronique d’une chaudière moderne (pourquoi c’est pas gratos ?)

Je ne vois pas pourquoi nous ne paierions pas 25 Euros, remboursés 22 au tarif actuel. Rester en bonne santé vaut bien 3 Euros par visite ? On en paie déjà 1, on peut bien en payer 3. Je croyais que c’était ce paiement par le patient qui désignait le « tiers payant ». Je n’y comprends décidément rien ! Cela dégorgerait les salles d’attente. Le médecin vaut bien 25 Euros les 20 minutes, ce qui lui fait du 75 Euros de l’heure. Le prix chez Citroën dont je reviens est précisément de 76,8 € de l'heure, cherchez l'erreur !

Les nécessiteux  je ne l’oublie pas, bénéficient de la sécurité universelle, il n’est pas question de remettre ces avantages en cause ! La médecine doit s'imposer à tous pour éviter la propagation des maladies, personne ne le conteste.

J’en reviens à mon bol alimentaire. Aux calories qu’une nutrition optimisée devrait me fournir. Aux cinq légumes par jour. Aux fibres indispensables à mon bon transit. Aux fruits aussi, pour les vitamines. Au bon cholestérol, aux bons lipides, aux bons acides polyinsaturés et tutti quanti.

Paradoxe absolu, cette alimentation nécessaire à notre survie-tout-court, il faut en diminuer la part dans notre budget, puisqu’il faut bien financer l’accessoire : voitures ; autoroutes ; carburant ; portable qui nous permet de communiquer. Conséquence, il faut donc absolument  tirer les prix alimentaires vers le bas.

J’exagère vraiment ?

on avait un Leclerc trop petit : on va en avoir un très grand !

Tirant les prix vers le bas, surtout en imposant notre système de mise en marché qui privilégie les Très Grandes Surfaces (on construit dans notre petite Ville un Leclerc plus géant que le précédent, et on prétendrait qu’au même moment les petits commerçants de l’ancien centre-ville devraient continuer de prospérer, j’ai peur qu’on soit parfois schizophrènes), on a créé des Centrales d’Achat géantes, qui pressent inlassablement les fournisseurs, je veux dire les producteurs, donc les Agriculteurs. Pour vendre avec des marges avant et des marges arrière, toujours plus bas que bas. Le client, pas cher. Le fournisseur : pas cher. La marge, c’est Leclerc. Ca rime !

On s’est quand-même rendu compte, depuis des dizaines d’années, que les producteurs de base ne pouvaient plus vivre de leur production, puisqu’elle est commercialisée en dessous du prix de revient. Donc on a créé une autre espèce de « tiers payant ». Et on a décidé de rémunérer les Paysans par des Agences. Le vocabulaire exact est : "Offices". 

Ca s'appelle l'Agriculture administrée.

sur le géoportail de l'IGN, on accède à tous les ilots agricoles financés par la PAC

Vous connaissez le mécanisme ? La Politique Agricole Commune, la PAC, distribue des crédits européens aux agriculteurs français : presque 10 milliards par an. Les spécialistes céréaliers des grands bassins productifs recevaient, reçoivent encore, une prime à l’hectare fixe. Les éleveurs reçoivent encore des primes à la vache. A l’unité Gros bovin (pour transformer tout animal en équivalent-vache). Et l’agriculteur (devenu fonctionnaire à temps partiel) reçoit tous les ans une prime d’état. Puis retire, s’il le peut quand il peut, du marché libéral, un prix de vente qui, s’ajoutant à la prime, constitue son revenu.




Les médecins devraient s’inspirer de ce système, c’est génial !

Chaque agriculteur est ainsi repéré par l’Agence (qui se nomme mettons « France-Agri-Mer »). Elle dispose de la photo-satellite annuelle de son exploitation et de la déclaration graphique de l'agriculteur. Elle reconstitue son revenu perso. Et elle le finance en proportion. Elle l’impose ? Non, le Trésor dont nous avons parlé, connaissant les revenus, puisque tout se sait forcément,  l’impose lui-même, il ne faut pas exagérer, le Trésor domine le tout dans cette affaire, les médecins, et les agriculteurs. Sans oublier la prochaine retenue à la Source de tous les salariés (chômeurs et retraités etc…). On rentre progressivement dans un Big Brother géant. Le fantasme : administrer la Société tout entière !

France Agrimer à Montreuil traite les aides des agriculteurs français

Parce que vous avez compris, le système merveilleux qui fonctionne pour les agriculteurs, est très facile à étendre aux médecins : pas besoin de photo-satellite. Pas de céréales. Payés à l’acte, il suffit d’avoir le nombre de visites, (chaque fois que le médecin enregistre une carte-vitale, l'ordi décompte un crédit-salaire-de-son-prochain-mois) et de multiplier par 23 voire 25€. Pas si compliqué. Vous allez me dire que certains médecins seront tentés de déclarer davantage de visites qu’en réalité ? Attendez, difficile, il faudrait qu'ils introduisent des cartes-vitale factices ? : on va faire des contrôles-surprise. On va surveiller. Ne croyez pas que l’Administration ne dispose pas de parades pour vérifier tout ce qui se passe chez tout un chacun !

Vous commencez à vous souvenir des pratiques de certains Pays de l’Est ?

... je n’ai jamais pensé ça !

Amusant d’observer les réactions des agriculteurs…
…surprenantes les réactions des médecins ?

Dans les deux cas, le bonheur des citoyens, (dont l’Etat est le garant), impose que l’on mette de l’ordre dans les pratiques actuelles : payer son médecin ? ringard ! On ne paie pas le rendez-vous chez son Inspecteur du Trésor quand on lui demande conseil ?

il est fonctionnaire !

Le premier Ministre aime l’Entreprise
il souhaiterait l'administrer ...

La Ministre de la Santé aime la médecine
elle souhaiterait l'administrer !

en attendant, aujourd'hui jusqu'au 29, mon médecin est fermé !

(mon pharmacien m'a dépanné)

il avait fait grève un peu avant !

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