dimanche 21 septembre 2014

Valmirande


Le conte de fées du Comminges

On prête au Baron de Lassus, l’actuel propriétaire, les propos suivants : « je vois sur internet une photo de la chapelle (de l’intérieur) je stoppe net les visites » ! Nous avons beau être le dimanche des journées du patrimoine, le château reste impérativement fermé, on ne visite que l’extérieur, le parc ; les écuries, et l’intérieur de la chapelle, mais pas de photos. On comprend, vu la richesse du décor, que tout soit fait pour dissuader les voleurs.

Nous sommes il y a longtemps : Bertrand de Lassus est un personnage éminemment romantique : il adore être photographié, dans des mises en scène élaborées, costumé de toutes les façons possibles, en montagnard, en explorateur, en Espagnol, en contrebandier, dans des poses martiales. 
























Il se fait construire à Montréjeau, à partir de 1892, le château de Valmirande, une extravagante et somptueuse construction néo-renaissance, avec sa chapelle, de grands parterres, un parc d'une quarantaine d'hectares, aménagé par les frères Bülher (auteurs du Parc de la Tête d'Or à Lyon et du parc Borély à Marseille), avec un ruisseau enjambé par des ponts, un lac que domine une grotte belvédère… Palais quasi-royal, dit le Comte Russell son ami. Le château a été dessiné par l'architecte bordelais Louis Garros. Connu pour ses châteaux dans le bordelais et le bitterois, les châteaux d’un vignoble qui exporte dans le monde entier. 

l'Hôtel de Lassus, en ville, appartient aujourd'hui à la Communauté de communes



Bertrand est réputé pour préférer les messieurs aux dames : à l’époque, cela intrigue ! Il explore les Pyrénées, entouré d’une cohorte de montagnards, campe dans la neige, et convoque des pique- niques géants. Pour son château, tout est grandiose, les plans, les matériaux, les statues. Invité à bénir le château le 3 novembre 1899, l’archevêque de Toulouse Monseigneur Mathieu observera : « il manque deux choses, Monsieur le Baron, à votre château : une Dame pour nous accueillir, et une chapelle, pour prier Dieu ». Le Baron s’empressera de construire la chapelle qui sera bénite par Monseigneur Germain, archevêque de Toulouse (le successeur), toujours prompt à se déplacer, le 25 mars 1905. De première dame, il n’en est pas mention, sujet à n’aborder sous aucun prétexte. On dit que la chapelle a coûté autant d’argent que le château, c’est dire si les matériaux sont extraordinaires : vitraux ; émaux de Limoges, sculpture de Barias, vous savez, l’auteur de « la Nature » ? Désolé, je ne puis rien vous montrer !



















On visite les écuries comme s’il s’agissait des plus belles pièces, en effet : marbre rouge réservé à Versailles. Sellerie superbe. Calèches. Les chevaux ont les noms des pics les plus célèbres.  J’ai bien cherché une Bugatti Royale, las, l’argent avait été dépensé, il n’existe pas de voiture automobile extraordinaire !







































Pas difficile de revenir, le château est ouvert toute l’année.

Pour entrer, par contre, je vous conseille d’écrire à Monsieur le Baron…


…qui sait… ?

























l'intérieur est aussi extraordinaire que l'extérieur...pris à travers une fenêtre !
des marbres...

des mosaïques...!
...et les racines des cyprès (chauves) de Louisiane !

P.S : une ballade en ULM ?

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