samedi 7 janvier 2023

L'âme d'Emile Lévy


Une fois encore, les artistes nous montrent l'invisible : voici qu'Emile Lévy (1826-1890) fonce dans le tas : il n'a pas peur de nous montrer sa version de l'âme, pourtant invisible aux mortels ! Le titre : "l'envol de l'âme". La voilà qui flotte dans l'éther avec (ou pas) ses vingt et un grammes, la tête tournée vers l'arrière : une vie entière d'homme ou de femme, accompagnée de son ange gardien représentant l'amour. Mais qui tient (ou est-ce une illusion ?) un compas pour donner sens à la Création du Grand géomètre ? Que de mystères dans cette peinture ! 

Verlaine nous en dit plus : "que ton âme soit blanche ou noire" (1)

et puis je vous ai expliqué le "poids de l'âme"

http://mesamispapillons.blogspot.com/2011/02/me-reincarner-en-papillon.html

L'art d'illustrer ce qui n'existe pas : voici Diane, la chasseresse : elle n'existe pas, 

mais Emile...  nous montre ses...  (déesses)-fesses :

il nous la fait donc voir !



forcément, peindre Diane ou peindre Vénus, c'est peindre le corps d'Eve

voilà donc Emile Lévy peintre classique, peignant l'invisible et la Mythologie antique

comme la mort d'Orphée

ou Abraham lavant les pieds des trois Anges


encore une scène que l'on a jamais vue : la reddition de Vercingétorix, qui nous a rendus 
colonisé-romains





la version d'Emile Lévy est une variante de celle, plus connue, de Lionel Royer


L’iconographie de Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César est certainement l’une des plus répandues de la France de la seconde moitié du XIXe siècle, et l’une des images fondatrices de la IIIe République. La source en est en général la Vie de César de Plutarque (Livre XXX), dans laquelle l’auteur latin décrit le chef gaulois qui, ayant mis pied-à-terre, jette devant l’estrade sur laquelle se tient César vainqueur ses armes, son bouclier et ses ornements. Lévy montre le gaulois debout et fier, ôtant son casque dont le cimier est constitué de la tête d’un coq. Il prend sans doute pour source, plutôt que Plutarque, l’historien français Amédée Thierry, dont le catalogue du Salon de 1863 reprend, dans la notice du tableau, une longue citation décrivant la scène : « Vercingétorix n’attendit point que les centurions romains le traînassent pieds et poings liés aux genoux de César. Montant sur son cheval, enharnaché comme dans un jour de bataille, revêtu lui-même de sa plus riche armure, il sortit d’Alesia, et traversa au galop l’intervalle des deux camps jusqu’au lieu où siégeait le proconsul… Il sauta de cheval, et prenant son épée, son javelot, son casque, il les jeta aux pieds du Romain, sans prononcer une parole. »

 

Le tableau, perdu depuis le XIXe siècle et connu par la photographie, est une des œuvres majeures de l’artiste dans le domaine de la peinture d’histoire. Emile Lévy, formé auprès de François-Edouard Picot (1786-1868) et d’Abel de Pujol (1785-1861), est troisième Grand prix de Rome en 1854, derrière Félix Giacomotti (1828-1909) et Théodore Maillot (1826-1888), ce qui lui permet de passer les deux années suivantes à la Villa Médicis. Exposant régulièrement au Salon, il présente, en 1863, cette scène habilement composée et exécutée avec une matière picturale très fine, dans un camaïeu de verts et de bleus. Comme souvent dans la peinture historique de cette génération, le goût pour la précision archéologique est ici remarquable, mais par sa palette étonnante, le tableau conserve un caractère irréaliste, presque onirique.


mais c'est décidément l'âme qui m'intéresse davantage 

car Emile a peint Psyché, jeune fille



elle contemple un farfalle

"nous naissons avec une chenille d'âme,

 notre travail est de lui donner des ailes et de voler". 

Alexandre Jodorovsky

l'âme représentée dans un papillon


PS (1) :                                QUE TON ÂME SOIT BLANCHE OU NOIRE

Que ton âme soit blanche ou noire – Verlaine

 

 Que ton âme soit blanche ou noire,

Que fait ? Ta peau de jeune ivoire

Est rose et blanche et jaune un peu.

Elle sent bon, ta chair, perverse

Ou non, que fait ? puisqu’elle berce

La mienne de chair, nom de Dieu !

 

Elle la berce, ma chair folle,

Ta folle de chair, ma parole

La plus sacrée ! – et que donc bien !

Et la mienne, grâce à la tienne,

Quelque réserve qui la tienne,

Elle s’en donne, nom d’un chien !

 

Quant à nos âmes, dis, Madame,

Tu sais, mon âme et puis ton âme,

Nous en moquons-nous ? Que non pas !

Seulement nous sommes au monde.

Ici-bas, sur la terre ronde,

Et non au ciel, mais ici-bas.

 

Or, ici-bas, faut qu’on profite

Du plaisir qui passe si vite

Et du bonheur de se pâmer.

Aimons, ma petite méchante,

Telle l’eau va, tel l’oiseau chante,

Et tels, nous ne devons qu’aimer.

 

Paul Verlaine – Chansons pour elle



vendredi 6 janvier 2023

Le crâne effrayant de Phyllodes




toutes les langues du monde décrivent cette rare chenille comme une horreur : 

elle ressemble à toute chenille, caterpillar, mais dispose d'un instrument de défense inédit :

si elle rentre la tête dans son cou si l'on peut dire

apparait alors une plage cachée précédemment dans le pli du cou

plage ornée d'un masque dépliable effrayant ! 

étonnant : ce masque présente deux yeux symétriques

entourant un simulacre de machoire montrant deux paires de dents ! 

Je respecte bien entendu tous les athées qui ne croient en rien, sauf à la puissance humaine

je me suis interrogé sur les dessins décorant les ailes des papillons


seul un Architecte en papillons me parait constituer l'explication, qui ne vaut rien dans les procés en athéisme, me conduisant à me taire et à garder mes illusions pour moi tout seul

mais là, le Hasard disent les bons esprits, a bon dos

après un oeuf tout à fait normal


voici ce qui en sort, quelques mues plus tard


la chenille se camoufle dans les feuilles de sa plante hôte



et quand on l'embête, elle présente ce masque



le masque est donc situé avant la tête repliée



mais la chenille dépliée, le masque disparait



la video de livejournal montre le déploiement du masque

sinon, l'adulte est lui "normal"

ailes devant repliées sur les postérieures



mais, comme nos Catocales, ses ailes postérieures sont peintes en rouge vif




ce papillon nocturne (moth) vit en Australie, et il est conservé en boite au musée de Sidney 


mais il vit aussi en Nouvelle Calédonie

c'est donc un papillon 

de chez nous !


PS : ce billet me fait renouer avec "les papillons improbables" 


voici le n°21


le 24


le bombyx du palmier lui ressemble un peu

qui leur a peint leurs yeux ?

jeudi 5 janvier 2023

Robert Auer et ses nus... érotiques



si le titre est "Léda et le cygne", c'est que l'on peut montrer Léda nue, c'est de la mythologie !

pareil si Robert Auer nous montre Circé


encore mieux s'il s'agit de Cléopatre :


Robert Auer, né le 27 novembre 1873 à Zagreb, alors dans l’Empire austro-hongrois, et mort dans cette ville le 8 mars 1952, est un peintre et illustrateur croate.

Excellent violoniste, Robert Auer décide de s'orienter à 25 ans vers une carrière de peintre et étudie à l'Académie de Vienne puis de Munich sous la direction de Carl von Marr. En 1896, il participe à la Sécession de Munich. Il acquiert une certaine notoriété comme portraitiste, réalisant plus de 150 tableaux. Prolifique, son style est alors proche du courant Art nouveau. En 1900, il est l'un des peintres représentant la Croatie à l'Exposition universelle de Paris.







il est vrai que quand la dame garde bas et chapeau, tout le reste ôté, on se pose des questions ?

pire, si arrive un Monsieur, on a la réponse

en réalité, il s'agit de la "Tentation de St Antoine"

pauvre Antoine, comment résister à la tentation ?

là, plus aucun doute



On apprend dans l'article écrit sur Wikipedia, que "...par la suite, il fut professeur à l'Académie des Beaux arts de Zagreb, puis ouvrit dans cette même ville une école privée d'enseignement artistique qu'il dirigea avec son épouse, Léopoldine Auer-Schmidt".

Dans les années 1940, son art fut qualifié de « bourgeois » et en partie oublié. C’est alors qu’il produisit sous le pseudonyme de Boja un certain nombre ... d'illustrations érotiques".

je suspends un instant ce billet : 

je vous dois un avertissement :

les scènes que vous allez voir maintenant peuvent vous paraitre choquantes ! 

j'ai longuement réfléchi, mais m'appuie sur le Président lui-même distribuant gratuitement les préservatifs de l'an nouveau ...

... qu'il souhaite faire porter par nos jeunes

encore faut-il que nos jeunes ...

... sachent comment s'y prendre ?

... quand je lis les propos qui précèdent, sur les dessins érotiques de Robert Auer, je me demande si je peux les trouver, ces illustrations ? Je cherche son pseudo Boja... et j’en trouve quelques unes. Puis-je vous les montrer ? En pratique, les protagonistes, sont des hétéro-blancs, hommes et femmes, et restent étonnament habillés, ne dévoilant que le nécessaire à leur ... rapprochement physique !

un rapprochement très précisément documenté :

(il faut à chaque illustration rajouter (fictivement) les préservatifs présidentiels)









remarquez bien : Monsieur a gardé sa cravate, Madame sa robe, on ne voit rien du tout ! 

C’est dans ce cas rarissime, dans ce blog, où je m'efforce d'en montrer le moins possible

vous en conviendrez,  

que l’on fait la différence entre :

pornographie contemporaine, 

et érotisme d’alors !


depuis 5 jours, ils sont donc gratuits :


ne dites plus que le Président n'aide pas les étudiants

et ne "préserverait" pas les jeunes !