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Arthur Marle, Ingrid Barrat et Moïse Mitterrand.
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| Ingrid Barrat est ancienne élève de l'École polytechnique et de l'ENSAE. Conseillère budget et synthèse des finances publiques au sein du Ministère de l'économie (en 2025) |
Le 9 octobre est paru : "Etat partout, justice nulle part" (Chronique Editions).
Il se nomme Moïse Mitterrand. Il n'est pas le neveu mais le petit-neveu de François Mitterrand, et il est né le 27 septembre 1980. Il est le fils d'Olivier Mitterrand, fondateur du groupe immobilier Bassac, et dirige aujourd'hui ce groupe. Bassac a réalisé près de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2025 — ce n'est donc pas rien !
Son livre est sorti il y a trois jours, le 9 aux éditions Chronique.
Il ne compte que 84 pages. Surtout, Moïse Mitterrand n'en est pas l'unique auteur. Je ne connais pas Ingrid Barrat, mais c'est un peu le profil de Sarah Knaffo, qui a fait un succès avec son Casse du siècle, où elle estime les dépenses inutiles de l'Etat à 140 milliards.
Les auteurs annoncent, eux, 236 milliards d'euros d'économies, sept ministères, une division par trois du nombre d'agences nationales et une simplification radicale du « millefeuille » territorial. Mitterrand défend notamment la disparition d'échelons intermédiaires au profit des communes et de l'État, avec maintien des préfectures ; il chiffre à 580 000 les emplois publics correspondant, selon leur analyse, à des missions facultatives ou à des échelons redondants. Leur objectif annoncé est de restituer une partie des économies aux travailleurs : Mitterrand évoque 300 € mensuels issus de la baisse des dépenses, tandis que la présentation commerciale du livre évoque jusqu'à 600 € par mois pour un salarié type dans l'ensemble du dispositif.
Qu'en penser ?
Il y a, à mon sens, trois questions différentes à examiner, sans adopter ni rejeter politiquement le projet.
La première est intéressante : le diagnostic sur l'empilement administratif français n'est pas une invention de Mitterrand. Une commission d'enquête du Sénat s'est justement penchée en 2025 sur plus d'un millier d'agences, opérateurs et organismes consultatifs, relevant problèmes de lisibilité, doublons et perte de maîtrise stratégique. Mais son constat était aussi beaucoup plus prudent quant aux économies immédiatement récupérables : son président avertissait précisément qu'on ne trouverait pas simplement des milliards à couper à la hache.
La deuxième question est donc celle qui me paraît intellectuellement la plus importante : comment passe-t-on de ce diagnostic aux 236 milliards d'euros ? C'est un montant énorme. Supprimer une structure administrative ne supprime pas nécessairement la fonction qu'elle exerce : celle-ci peut devoir être reprise par une commune, une préfecture, un ministère ou un prestataire privé. Il faudra donc regarder, poste par poste, si les auteurs chiffrent des économies nettes après transfert des missions, coûts de transition et éventuelles dépenses nouvelles. C'est là que l'essai pourra réellement être évalué.
Enfin, leur réforme territoriale soulève une question distincte. Supprimer départements, régions et intercommunalités peut effectivement réduire certains chevauchements ; mais il faut alors déterminer qui reprend leurs compétences — collèges, lycées, routes, transports régionaux, action sociale, développement économique, etc. « État + communes » est une architecture remarquablement simple sur le papier ; son intérêt dépend de la façon dont elle traite les immenses différences de taille entre les quelque 35 000 communes françaises et les politiques qui dépassent naturellement leurs frontières.
Autrement dit, je suggérerais de lire ce petit livre non pas d'abord comme un manifeste « pour ou contre moins d'État », mais comme une proposition d'ingénierie institutionnelle à tester : quelle mission disparaît réellement ? laquelle est transférée ? à qui ? combien coûte le transfert ? et d'où provient exactement chacun des 236 milliards annoncés ? C'est beaucoup plus révélateur que l'étiquette « ultralibérale » employée notamment par Le Parisien. Mitterrand revendique lui-même une inspiration libérale et a récemment rencontré Javier Milei, mais cela ne permet évidemment pas, à lui seul, de juger la solidité des calculs.


L'idée à la fois de Mitterand, dont le nom célèbre fait évidemment allusion à un autre Mitterand, et celle de Sarah Knaffo dont le succès de librairie comparé à l'échec de François Hollande est évident : au lieu d'aborder le problème financier de la France par celui toujours actuel des recettes, impliquant une nouvelle hausse des impôts jugés comme les plus importants au monde, les auteurs en viennent à regarder de près les dépenses, d'un Etat jugé obèse, avec des résultats étonnamment dérisoires, comparés par exemple aux Nations frugales du Nord.
Ceci amène une troisième intervention : l'examen détaillé des dépenses d'une Collectivité régionale, par ailleurs contrainte d'appliquer une "régle d'or" : c'est là qu'intervient Christelle Morançais Présidente de la Région Pays de Loire, qui vient d'être mise en avant dans l'actualité par l'incendie du lycée de Nantes, vandalisé non pas parce qu'il était vétuste, mais paradoxalement parce qu'il était neuf, et exagérément (pour les casseurs) dans un état contradictoire avec les griefs portés sur des établissements soit-disant vétustes et incapables de ce fait de permettre aux lycéens des études normales.
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Ce n'est plus cette fois le "comment faire" qu'a entrepris la Présidente de Région, qui a remis à plat toutes les dépenses, évaluant une par une leur légitimité, leur efficacité, leus conséquences, et réussissant à en faire admettre le maintien ou la suppression par un Conseil régional, jugeant en toute objectivité les arguments présentés : les qualités ne sont plus uniquement économiques, sociales ou comtables, mais du Courage, et du Coeur, complétant lucidité et raison
On a le sentiment positif que de nombreuses femmes continuent de nous montrer le chemin : leur capacité de discernement est à l'évidence égale ou supérieure à celles de Messieurs aveuglés par leur soif inextinguible de Pouvoir absolu et de recherche de leur MOI personnel. Leur souci de défendre les valeurs fondamentales que représente la défense de la Nation correspond à leur sensibilité maternelle de défense traditionnelle de la famille. Leur sourire et leurs valeurs leur valent le soutien des honnêtes gens qui espérons le, restent majoritaires dans un peuple éternel comme celui de nos contemporains
Puisse ainsi une femme de cette nature émerger au poste de Présidente,
la France démontrant ainsi dans la période difficile dans laquelle un Mec l'a mise
qu'une femme de la trempe d'une Victoire
peut faire triompher Mariane
mon invariable dobro pour s'évader un peu :
PS : des rats dans le labyrinthe :

Le contribuable dans le labyrinthe : à chaque sortie, un nouveau péage
J’ai l’impression d’être un rat dans un labyrinthe.
Je travaille, j’avance, je cherche une issue. Je respecte les règles, je remplis les formulaires, je paie ce qu’on me réclame. Au bout du couloir, on me promet un peu de tranquillité : une retraite préparée, une épargne constituée, un logement payé, quelques revenus pour vivre sans dépendre de personne.
Mais lorsque j’approche de la sortie, un mur apparaît. Une règle change. Un prélèvement surgit. Une nouvelle condition tombe.
Alors je repars dans un autre couloir.
Et, au-dessus du labyrinthe, ceux qui déplacent les cloisons m’expliquent que je dois encore faire un effort.
La liberté toujours promise, jamais acquise
Le contrat semblait pourtant compréhensible : travailler, cotiser, payer ses impôts, préparer son avenir. Accepter des contraintes aujourd’hui pour disposer de davantage de liberté demain.
Nous avons construit nos vies autour de cette promesse.
Nous n’attendions pas une existence sans difficultés. Nous espérions seulement que les efforts finiraient par produire autre chose que de nouvelles obligations.
Pouvoir souffler. Pouvoir choisir. Ne plus devoir recalculer chaque projet à partir d’une annonce budgétaire.
Mais la tranquillité ressemble à une récompense suspendue devant nous. Elle reste visible, juste assez pour nous faire avancer, et s’éloigne au moment où nous pensons l’atteindre.
Le problème n’est plus seulement ce que l’État prélève. C’est l’incertitude permanente qu’il installe dans nos vies.
Chaque décision devient une cible
Vous épargnez pour ne pas dépendre des autres ? Votre épargne intéresse quelqu’un.
Vous investissez pour compléter votre retraite ? Votre investissement devient un sujet de réforme.
Vous organisez votre départ à la retraite ? Les paramètres fiscaux peuvent encore changer.
Le projet de budget 2027 en donne une illustration : il prévoit de réduire le plafond de l’abattement sur les pensions et de limiter la déduction des amortissements en location meublée. Ces mesures ne sont pas définitivement adoptées. Elles montrent néanmoins que des choix privés faits sur plusieurs années peuvent être affectés par de nouveaux arbitrages publics. (economie.gouv.fr)
Voilà ce qui finit par provoquer la colère : on vous demande d’anticiper, puis on modifie ce sur quoi vous avez fondé votre anticipation.
Et lorsque vous protestez, on vous rappelle que vous avez encore la chance de pouvoir payer.
Le citoyen avance, le pouvoir observe
Dans ce labyrinthe, chacun de nos mouvements laisse une trace.
Le salaire, la pension, le logement, l’épargne, les revenus complémentaires : tout entre dans une case, un calcul, un seuil.
L’administration sait déterminer ce que nous devons. Nous aimerions disposer de la même clarté sur ce qu’elle nous doit en retour.
Quel résultat pour quelle dépense ? Quelle amélioration pour quel prélèvement ? Quelle responsabilité lorsqu’une politique échoue ?
Les citoyens doivent fournir des justificatifs précis. Le pouvoir devrait présenter des résultats tout aussi précis.
Une déclaration fiscale ne peut pas se satisfaire de bonnes intentions. Un bilan politique ne devrait pas davantage s’en contenter.
Nous ne pouvons pas être comptables de chaque euro gagné pendant que ceux qui dépensent se contentent de commenter leurs ambitions.
L’effort comme moyen de gouvernement
« Encore un effort. »
La formule paraît raisonnable. Elle devient insupportable lorsqu’elle ne s’accompagne jamais d’un horizon crédible.
Combien ? Jusqu’à quand ? Pour obtenir quoi ? Et que se passera-t-il si le résultat promis n’arrive pas ?
Demander un sacrifice suppose de répondre à ces questions. Sans cela, l’effort devient une ressource politique inépuisable : il suffit d’invoquer l’urgence pour ouvrir une nouvelle collecte.
Les ménages, eux, connaissent leurs limites. Ils savent ce qui reste après les dépenses contraintes. Ils savent quel projet devra attendre et quelle réserve ils devront entamer.
Une ligne budgétaire supplémentaire représente parfois des mois de travail, un voyage abandonné, des travaux reportés ou une inquiétude nouvelle.
La facture est publique. Le renoncement est personnel.
Macron ne peut pas rester au-dessus du bilan
Emmanuel Macron préside la France depuis 2017. Il doit donc répondre d’un bilan, pas seulement proposer une lecture des difficultés.
Le pouvoir ne peut pas revendiquer la compétence lorsque les décisions sont annoncées, puis disperser la responsabilité lorsque leurs résultats déçoivent.
Présider implique d’assumer les choix, les priorités et leurs conséquences.
La question est directe : après toutes les promesses de transformation, pourquoi le contribuable a-t-il encore le sentiment d’être appelé à combler ce que les gouvernants n’ont pas réussi à maîtriser ?
On peut expliquer les crises. On peut décrire les contraintes. Mais une explication ne constitue pas automatiquement une excuse, et une contrainte ne rend pas tous les arbitrages judicieux.
À force de demander aux citoyens de s’adapter, le pouvoir finit par oublier qu’il doit lui aussi démontrer sa capacité à changer.
Le contribuable raisonnable devient le payeur idéal
Celui qui respecte les règles est facile à solliciter.
Il déclare ses revenus. Il possède une adresse. Il répond aux demandes. Il paie dans les délais. Il constitue donc une cible administrative commode.
Et sa prudence peut se retourner contre lui.
Il a mis de côté ? Il dispose d’une marge.
Il a préparé sa retraite ? Il peut supporter une modification.
Il s’est construit un revenu complémentaire ? On peut revoir son régime.
Ce raisonnement transforme progressivement la prévoyance en disponibilité fiscale.
Il nourrit une question corrosive : à quoi bon organiser son avenir si chaque réserve devient la justification d’une nouvelle demande ?
Un pays devrait encourager ses citoyens à construire leur autonomie. Il doit veiller à ne pas leur donner le sentiment que cette autonomie sera systématiquement mise à contribution.
Le labyrinthe épuise avant de ruiner
Il y a l’argent. Et il y a tout ce que l’incertitude consomme autour de l’argent.
Le temps passé à comprendre. Les calculs à refaire. Les démarches. Les rendez-vous. Les changements à intégrer. La peur de se tromper.
Le citoyen devient le gestionnaire permanent de règles qu’il n’a pas choisies.
Même celui qui peut encore payer peut finir par se sentir prisonnier. Parce qu’il ne maîtrise plus suffisamment les conditions de ses décisions.
Il veut préparer sa vie. Il doit surveiller la prochaine réforme.
Il veut profiter de ce qu’il a construit. Il doit vérifier ce qui restera.
Cette fatigue mérite d’être entendue. Elle exprime une demande élémentaire : pouvoir se projeter sans vivre dans une révision permanente de ses plans.
Une sortie doit exister
Nous avons besoin de services publics et d’une solidarité financée. Cela rend l’exigence de bonne gestion plus forte encore.
Chaque euro prélevé doit être défendu par son utilité. Chaque politique doit pouvoir être évaluée. Chaque dispositif inefficace doit pouvoir être corrigé.
Avant de déplacer encore les murs, qu’ils expliquent le plan.
Avant de réclamer davantage, qu’ils montrent ce que les contributions précédentes ont permis d’obtenir.
Avant de nous parler de responsabilité, qu’ils rendent la leur visible.
Nous avons travaillé pour construire une vie. Nous avons épargné pour disposer d’une sécurité. Nous avons préparé l’avenir pour gagner une liberté.
Nous refusons que cette liberté reste éternellement au bout d’un couloir que le pouvoir peut fermer à sa convenance.
Le contribuable n’est pas un rat de laboratoire. Il n’a pas à passer sa vie à chercher une sortie pendant que ses gouvernants inventent le prochain péage.