mardi 23 mai 2017

Oral à Dax

Je vous l’assure : il est aussi (si ce n’est plus) difficile de devenir infirmière qu’énarque : je vous ai raconté l’épisode numéro un de l’écrit (1), première épreuve d’un concours hyper sélectif. Il faut donc passer l’écrit qui consiste, (comme pour l’’ENA), à rédiger une note de synthèse. 

Ensuite, si l’on a bien synthétisé, on est convoqué à l’oral. Nous en sommes à ce second stade, et les candidats(tes) retenu(e)s doivent donc se rendre partout où ils ont été reçus la première fois. Pour nous ça se passait aujourd’hui à Dax, il y a deux heures de route, convocation à 13H30, impeccable puisqu’il suffit de déjeuner d’un sandwich, sur une chaise qui traîne dans la cour, et d’attendre (les personnels soignants qui passent me disent -"bon appétit" avec bienveillance, (se demandant par précaution si je ne suis pas un malade échappé).

Dans la cour du Centre Hospitalier de Dax, véhicules du personnel, ordures hospitalières, ordures ménagères, la routine

le monument aux morts dominé par la Victoire, tout un symbole
accès aux péloïdes fermé, je comprendrai plus
tard que j'ai assisté à une séance de zoothérapie
mais trop tard
















Juste un petit tour en ville : la cathédrale est fermée, principe de précaution, car des malfrats pourraient voler les objets sacrés dedans, d’ailleurs je prie aussi bien dehors (pour la candidate à l’oral) puisque ouf ! la Sainte-Vierge est partout. Je rends visite au Romain de bronze dont le chien s’est trouvé guéri  en trempant son arthrose dans l’eau boueuse salvatrice de l’Adour (pleine de péloïdes(2), mais je ne risque pas de les baigner, mes pieds, dans la fontaine, car elle a été couverte par précaution au cas où un étourdi s’y tordrait les pieds en substituant à l’arthrose guérie une fracture ouverte bien plus grave.


reconstitution d'un jardin médicinal autour de la cathédrale

Si j’ai bien compris, l’oral commence par une note écrite. On adore l’écrit en France, indispensable plus tard pour qu’une infirmière puisse tracer ses actes médicaux, et s’inscrire ainsi dans le principe de l’assurance qualité (qui participe au principe de précaution). Cet écrit précède le grand oral devant trois examinateurs (j’ai failli dire trois magistrats mais vous voyez que c’est tout comme). La première question étant : -« votre réaction face à la médecine consistant pour certaines affections à faire appel à la zoothérapie » ? Heureusement que notre candidate possède un cheval, et s’y frotte assez pour pouvoir témoigner des effets rassurants sur son stress, elle a ainsi pu improviser avant que l’Ecole à laquelle elle postule puisse lui donner les éléments d’une réponse plus circonstanciée.

La vraie et bonne question était : -« mais pourquoi postulez-vous à Dax puisqu'une école d’infirmière existe à Saint-Gaudens » ?

Attention c’est là que la réponse doit-être appropriée. La candidate a passé six mois de préparation (comme à l’ENA) pour se préparer à ces réflexions malicieuses, bien Françaises. La préparation n’était pas gratuite, de même que chaque concours coûte cent Euros, vous voyez ce que cela donne quand on en postule huit. Mais la prépa vous prépare à répondre aux questions tordues. Enfin presque ! Dans une logique bien cartésienne en effet, les milliers de candidats ne s’attendant pas à être reçus dans leur région d’origine candidatent partout en France, pour multiplier leurs chances. Mais quelle est la rationalité d’une Lilloise nommée à Toulouse, quand une Toulousaine est nommée à Lille, Dunkerque ou  Dax ?

En même temps si la réponse à la question était : -« je préfèrerais être reçue à Saint-Gaudens car j’habite à cinq minutes », la réaction du jury d’oral serait : -« eh bien voilà un entretien conclu, on la refuse à Dax puisqu’elle postule pour Saint-Gaudens ». Avec le risque que Toulouse dont dépend Saint-Gaudens dise non lui aussi, (vu le nombre de candidats toulousains à éliminer), au prétexte qu’elle se rattrapera à Tarbes, voire Dax, voyez que tout ce bazar frise l’absurde, bonne manière de commencer la vocation d’infirmier sans illusion sur ce monde cruel dans lequel il faut vivre.

La candidate infirmière a donc dit la vérité : -« je préfère Dax à Saint-Gaudens car la réputation en est meilleure, d’ailleurs j’ai un parent Dacquois prêt à m’héberger ».

Les dés sont jetés « alea jacta est » (comme disait notre soldat romain)

Va-t-elle être reçue quelque part ?

ce serait déjà pas mal d’intégrer Lille plutôt que rien

pour ma part

je préfèrerais être soigné par une vraie infirmière formée à Dax…

…plutôt qu’un raté à l’ENA refusé à Strasbourg, pourtant rompu

aux notes de synthèse 

et ignorant tout de la zoothérapie !





Il y a déjà six ans ! le péloïde (2) : http://babone5go.blogspot.fr/2011/12/peloide-dacqs.html
...  et les madeleines... !    http://babone5go.blogspot.fr/2011/01/madeleines-de-dax.html

au retour salut à Orthez, la ville de Fébus...

sans oublier Notre Dame des grâces sur la route de Montrejeau

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